Aminadabu Birara

résistant rwandais contre le génocide des Tutsis

Aminadabu Birara, né en 1926 dans la région de Bisesero et mort le dans les collines de Bisesero, est un éleveur rwandais connu pour son rôle dans la résistance civile Tutsi pendant le génocide des Tutsi au Rwanda.

Aminadabu Birara
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Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
Activité
Plaque Place Aminadabu Birara - Paris XVIII

Biographie

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Origines

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Aminadabu Birara naît en 1926 dans la région de Bisesero, une chaîne de collines située dans l'ouest du Rwanda[1]. Il est éleveur, comme une partie importante des hommes de cette région rurale[1].

Selon plusieurs témoignages repris par la presse et les associations mémorielles, il survit aux violences dirigées contre les Tutsi en 1959, 1962, 1963 et 1973, avant de devenir une figure reconnue localement pour son expérience de la défense des populations Tutsi de Bisesero[1],[2].

Des reconstitutions mémorielles consacrées aux massacres de Bisesero évoquent aussi sa famille et plusieurs de ses descendants[3].

Résistance à Bisesero

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Les collines de Bisesero occupent une place particulière dans l'histoire du génocide des Tutsi au Rwanda. Depuis les violences antérieures au génocide de 1994, elles sont décrites comme un lieu de refuge et de résistance pour des populations Tutsi de l'ouest du pays[4].

Au début du génocide des Tutsi, en avril 1994, des milliers de personnes Tutsi convergent vers les collines de Bisesero pour tenter d'échapper aux tueurs[4]. Aminadabu Birara est alors âgé de 68 ans. Il est présenté par les rescapés comme l'un des chefs de la résistance organisée dans les collines[1],[5].

D'après les témoignages cités par la USC Shoah Foundation, Birara demande aux habitants, y compris aux femmes et aux enfants, de gagner les hauteurs pour profiter de l'avantage du relief et lancer des pierres contre les miliciens qui montent à l'assaut[5]. Il organise aussi des groupes de combattants armés de moyens rudimentaires, comme des lances, des pierres et des bâtons[5].

Selon Le Monde, la résistance est organisée en plusieurs groupes placés en différents points des collines, Aminadabu Birara coordonnant l'ensemble[1]. Les assaillants sont surveillés depuis les hauteurs, puis attaqués avec des pierres lorsqu'ils empruntent les sentiers menant aux réfugiés[1].

L'historien François Robinet souligne que les rescapés de Bisesero ont choisi la voie du combat pour tenter de sauver leur vie, dans un contexte de disproportion extrême entre les moyens des civils Tutsi et ceux des assaillants[6]. Cette résistance est aussi analysée par des travaux comparatifs sur les stratégies d'autoprotection de groupes visés par des génocides, qui citent Bisesero comme un cas de résistance favorisé par l'avantage topographique des collines[7].

Aminadabu Birara est tué le dans les montagnes de Bisesero. Selon Le Monde, il meurt après avoir été touché par un éclat de grenade[1]. Ibuka France indique qu'il est tué par une grenade à l'âge de 68 ans[2].

Les massacres de Bisesero font plusieurs dizaines de milliers de morts. Ibuka France estime que plus de 50 000 personnes y sont tuées et que moins de 1 000 réfugiés survivent aux massacres[2]. Le site mémoriel de Bisesero est ensuite consacré à la mémoire des victimes et à la résistance des Tutsi dans ces collines[8].

Mémoire et hommages

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Le , le Conseil de Paris vote à l'unanimité la dénomination d'une place du 18e arrondissement de Paris au nom d'Aminadabu Birara[2]. Cette décision est saluée par Ibuka France, qui présente Birara comme une figure de la résistance de Bisesero[2].

La place Aminadabu-Birara est inaugurée à Paris le [9]. RFI indique qu'il s'agit alors du onzième lieu de mémoire du génocide des Tutsi en France et du troisième à Paris[9]. Lors de l'inauguration, son fils Marcel Harerimana déclare que cette place rend hommage à son père, mais aussi aux résistants de Bisesero et aux Rwandais[9].

Plusieurs médias rwandais et internationaux relaient l'hommage rendu à Aminadabu Birara à Paris[10],[11].

La figure de Birara est également mobilisée dans les débats mémoriels sur Bisesero, en particulier sur la résistance des civils Tutsi et sur la place de Bisesero dans la mémoire du génocide[6],[12],[13]. Des reportages de RFI consacrés aux rescapés de Bisesero rappellent aussi les accusations visant l'inaction de l'armée française dans les derniers jours de juin 1994[14].

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 Pierre Lepidi, « Rwanda : qui était Aminadabu Birara, héros de la résistance tutsi honoré à Paris ? », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
  2. 1 2 3 4 5 « Communiqué de presse », sur Ibuka France, (consulté le )
  3. [vidéo] « Reconstitution du massacre génocidaire du 13 mai 1994 sur Muyira (Bisesero, Rwanda) », sur YouTube (consulté le )
  4. 1 2 « Invitation à l'inauguration de la Place Aminadabu Birara », sur Centre d'histoire culturelle des sociétés contemporaines, (consulté le )
  5. 1 2 3 (en) « In The Mountains of Western Rwanda, a Resistance Led By Elders », sur USC Shoah Foundation, (consulté le )
  6. 1 2 François Robinet, « Les rescapés de Bisesero : résister, échapper, survivre au génocide des Tutsi », AOC, (lire en ligne, consulté le )
  7. (en) Deborah Mayersen, « Is Help Coming? Communal Self-Protection during Genocide », Stability: International Journal of Security and Development, vol. 9, no 1, (DOI 10.5334/sta.740, lire en ligne, consulté le )
  8. (en) « Bisesero Genocide Memorial », sur Kwibuka (consulté le )
  9. 1 2 3 « Rwanda : inauguration d'une place Aminadabu Birara, résistant à Bisesero, à Paris », sur RFI, (consulté le )
  10. (en) « Paris Names A Popular Neighborhood After A Genocide Victim From Bisesero », sur KT Press, (consulté le )
  11. « Le 18e arrondissement de Paris porte le nom du héros rwandais Aminadabu Birara », sur Bwiza (consulté le )
  12. « Bisesero, les collines de la mort », sur JusticeInfo.net, (consulté le )
  13. « 13 mai 1994 : massacres de Tutsis de Bisesero », sur Igihe (consulté le )
  14. « Rwanda : Bisesero, l'armée française toujours pointée du doigt par les rescapés », sur RFI, (consulté le )

Voir aussi

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Articles connexes

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Bibliographie

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  • François Robinet, « Les rescapés de Bisesero : résister, échapper, survivre au génocide des Tutsi », AOC, (lire en ligne)
  • (en) Deborah Mayersen, « Is Help Coming? Communal Self-Protection during Genocide », Stability: International Journal of Security and Development, vol. 9, no 1, (DOI 10.5334/sta.740, lire en ligne)
  • Tharcisse Sinzi et Thomas Zribi, Combattre : récit d'un résistant face au génocide des Tutsi, Tallandier, (ISBN 979-10-210-6781-2[à vérifier : ISBN invalide])

Liens externes

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