Aminetou Mint El-Moctar

féministe mauritanienne

Aminetou Mint El-Moctar, née Aminetou Ely à Nouakchott le , est une féministe et une militante mauritanienne des droits humains. Elle est engagée notamment contre le mariage forcé d’enfants, pour les droits des femmes et contre l’esclavage. Elle préside l'Association des femmes chefs de famille (AFCF).

Aminetou Mint El-Moctar
Biographie
Naissance
Nom dans la langue maternelle
أمينيتو بنت المختار ou أمينيتو بنت المختاVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Aminetou Ely El-MoctarVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Autres informations
Membre de

Biographie

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Origine et carrière professionnelle

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Elle naît en 1956 et grandit dans une famille de la noblesse maure, à Nouakchott, dans une fratrie de 8 enfants. À l'âge de 13 ans, elle fréquente des militants marxistes. Encore adolescente, elle est plusieurs fois arrêtée par la police. Elle prend aussi fait et cause pour les esclaves de sa famille, et les incite à fuir[1]. La société mauritanienne est hiérarchisée en castes et l’esclavage a toujours cours, même si celui-ci est théoriquement banni[2],[3].

À 15 ans, elle épouse un journaliste pour échapper à sa famille. Leur mariage dure neuf ans mais ne résiste pas à ses engagements politiques. Elle est mère d’une petite fille. Elle aura ensuite trois autres enfants de deux autres mariages de courte durée. Exclue de l’école, elle doit se cacher et est hébergée chez des Haratins. Elle vit de petits boulots, vendeuse de cigarettes, standardiste, assistante sociale, etc., puis participe à un programme d’aide financé par les Qataris. Mais elle est licenciée pour ses engagements contre la traite sexuelle de jeunes filles envoyées sur la péninsule arabique[1],[4].

Engagement politique et militant

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Premières activités militantes

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À partir des années 1970, Aminetou Mint El-Moctar participe à des mouvements revendiquant davantage de justice sociale et de démocratie. Elle s’engage également au sein d’organisations œuvrant pour la défense des droits humains et des minorités. Entre 1989 et 1991, elle prend part au Mouvement démocratique international pour la défense des opprimés[5]. En 1991, lors de massacres contre les minorités noires, elle est de nouveau arrêtée et torturée[4].

Fondation de l'Association des femmes chefs de famille

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Le 17 avril 1999, Aminetou Mint El-Moctar fonde l’Association des femmes chefs de famille qui dispose, depuis, de milliers de membres et de plusieurs centres d’accueil, certains destinés aux enfants, ou aux femmes, d’autres aux victimes de l’esclavage[6],[7]. Cette organisation œuvre pour la promotion des droits des femmes, l’assistance juridique aux victimes de violences, la lutte contre les discriminations et l’amélioration des conditions de vie des femmes chefs de ménage. Dès sa création, l’association rassemble des femmes issues de diverses communautés de la Mauritanie, notamment arabes, berbères, haratines, peules, soninkés et wolofes. Sous sa direction, l’association développe un réseau de centres d’accueil, de travailleurs sociaux et de conseillers juridiques répartis sur l’ensemble du territoire de la Mauritanie[5].

Défense des droits des femmes
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Aminetou Mint El-Moctar mène des campagnes contre les violences faites aux femmes, les mariages précoces, la traite des jeunes filles et certaines pratiques traditionnelles considérées comme préjudiciables à la santé des femmes. Elle plaide également en faveur d’un renforcement de la représentation des femmes au sein des institutions politiques et administratives[5].

À partir des années 2000, elle participe à plusieurs initiatives visant à lutter contre le trafic de jeunes filles vers certains pays de la péninsule Arabique. Elle s’engage également contre la pratique du gavage des jeunes filles, une tradition consistant à les faire prendre du poids en vue du mariage[8],[9].

Lutte contre l'esclavage et les discriminations
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Tout au long de son parcours, Aminetou Mint El-Moctar dénonce l’esclavage, les discriminations fondées sur l’origine sociale ou ethnique ainsi que les atteintes aux libertés fondamentales. Elle plaide pour l’application effective des lois relatives à la protection des droits humains et pour l’égalité de tous les citoyens devant la justice[6].

Menaces et fatwa de 2014

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En 2014, une fatwa est lancée contre elle par l’imam d’un courant islamiste radical mauritanien, dénommé Ahbab Errassoul (les amis du prophète), pour avoir pris publiquement la défense d’un blogueur issu de la basse caste des forgerons et accusé par ces islamistes d’apostasie, Mohamed Ould Cheikh M'Kheitir[1],[10],[11],[12]. Elle se bat dans la deuxième partie des années 2010 pour obtenir une législation plus protectrice, contre les violences faites aux femmes[13],[14]. Elle est un moment incarcérée en 2020 pour son combat pour la laïcité, avec d'autres personnes dont Mekfoula Mint Brahim[15],[16].

Distinctions

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Après avoir obtenu le Prix des Droits de l'homme de la République française en 2006, elle se voit décerner le , des mains de la secrétaire d’État américaine Hilary Clinton, une distinction pour son combat contre l’esclavage[17]. Elle s'est vue également décernée la Légion d'Honneur par la France[15].

Notes et références

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  1. 1 2 3 Christophe Châtelot, « En Mauritanie, une femme en lutte contre toutes les injustices », Le Monde, (lire en ligne)
  2. Venance Konan, « Traite négrière occidentale et arabe : l’indignation sélective de l’Afrique », Le Monde, (lire en ligne)
  3. Benedetta Rossi et Coumba Kane, « Au Sahel, l’idéologie qui justifie l’esclavage n’est pas complètement morte », Le Monde, (lire en ligne)
  4. 1 2 Marie Verdier, « Aminetou Ely, une vie de femme rebelle », La Croix, (lire en ligne)
  5. 1 2 3 « Aminetou Mint Moctar : La "rebelle" aux normes qui restreignent les femmes », sur Amnesty International, (consulté le )
  6. 1 2 « Aminetou Mint El Moctar | UNICEF », sur www.unicef.org (consulté le )
  7. « Aminetou mint Moctar, présidente de l’Association des femmes chefs de famille (AFCF), candidate au prix Nobel de la Paix : », sur www.cridem.org (consulté le )
  8. chezvlane, « Esclavage sexuel : Le trafic des jeunes filles mauritaniennes vers l’Arabie Saoudite », sur chezvlane (consulté le )
  9. « En Mauritanie, une femme en lutte contre toutes les injustices », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
  10. « Mauritanie. Une défenseure des droits humains menacée de mort », sur Amnesty International, (consulté le )
  11. « Menaces de mort à l'encontre de Mme Aminetou Mint El Moctar », sur OMCT (consulté le )
  12. « Mauritanie : Menaces de mort à l'encontre de Mme Aminetou Mint El Moctar », sur Fédération internationale pour les droits humains (consulté le )
  13. Justine Spiegel, « Mauritanie : la place et le statut de la femme », Jeune Afrique, (lire en ligne)
  14. « Droits des femmes : en Mauritanie, cette loi dont l’Assemblée ne veut pas », Le Monde, (lire en ligne)
  15. 1 2 Marie Boëton, « Aminetou Mint Al Moctar, militante féministe (Mauritanie) », sur France Inter,
  16. « Mauritanie : deux militantes pro-laïcité arrêtées », sur La Presse,
  17. Laura Martel, « Aminetou Mint el Moctar, militante pour la défense des droits de l’homme en Mauritanie », Radio France internationale, (lire en ligne)

Voir aussi

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Articles connexes

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Liens externes

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