Amour piqué
Amour piqué est une sculpture en ronde-bosse en marbre blanc réalisée en 1900 par le sculpteur français Jean-Jules Frère (Cambrai, 1851 - Paris, 1906). L'œuvre est conservée au musée de Cambrai, dans les Hauts-de-France, depuis son acquisition par la ville en 1910[1].
Historique
modifierJean-Jules Frère est un artiste formé à l'école de dessin de Cambrai. Il y obtient plusieurs prix. Il est élève de Cavelier et de Cordier. La ville de Cambrai possède d'autres sculptures de cet artiste, dont un chanteur oriental, médaille de bronze lors de l'exposition Universelle de 1889[2]. Jean-Jules Frère présente un modèle en plâtre d'Amour piqué au Salon des artistes français de 1898[3], puis la version en marbre à l'Exposition universelle de 1900[4].
L'œuvre fait l'objet d'une édition en bronze par la fonderie Barbedienne. La composition pourrait avoir été inspirée par L'Amour piqué du sculpteur Antoine Idrac, présenté quelques années auparavant[réf. nécessaire]. Une proximité dans l'étude anatomique est repéré avec le chanteur oriental[5]. Au XIXe siècle, la représentation d'un dieu antique est une manière de travailler le "beau idéal"[5]. Cet Amour piqué est représentatif d'un académisme qui se maintient malgré la révolution artistique de Rodin[6].
Iconographie
modifierJean-Jules Frère puise son inspiration dans les Odes d'Anacréon, poète grec du VIe siècle av. J.-C. La sculpture représente Cupidon, dieu de l'amour dans la mythologie romaine, sous les traits d'un jeune homme nu. Assis sur un linge drapé qui dissimule partiellement sa nudité, les ailes déployées, il réagit à la piqûre d'une abeille visible sur son bras gauche[4]. Son bras droit est levé ; deux doigts de cette main sont aujourd'hui manquants. La scène illustre un épisode rapporté par Anacréon dans lequel Vénus répond aux plaintes de son fils : « Si la faible piqûre que fait l'abeille est un si grand malheur, juge, mon fils, des supplices qu'endure l'infortuné que ton trait frappe au cœur[7]. »[8]
Cupidon apparaît dépourvu de ses attributs habituels — l'arc, les flèches et le carquois —, ce qui accentue sa vulnérabilité. Le sujet permet à l'artiste de mettre en valeur l'idéalisation du corps juvénile et la souplesse du modelé dans une attitude saisie sur le vif. Le jeune dieu est assis sur un petit muret le long duquel grimpe un rosier ; sous ce support, un lézard cherche refuge. Dans sa main gauche, il tient quelques fleurs fraîchement cueillies.
L'œuvre
modifierL'œuvre, en marbre blanc, mesure 151 cm de hauteur, 86,5 cm de largeur et 67 cm de profondeur[9]. La signature de l'artiste, « J. FRÈRE », est gravée sur le côté droit du muret sur lequel est assis Cupidon[5]. L'œuvre est achetée par la ville de Cambrai en 1910 à la demande de la veuve de l'artiste[5]. Elle porte le numéro d'inventaire "SC.53"[10].
Liens
modifierNotes et références
modifier- ↑ Notice Web museo
- ↑ Abel Berger, « Notice biographique du sculpteur cambrésien Jean Frère », Mémoires de la Société d'émulation de Cambrai, vol. LXI, , p. 201-209
- ↑ « Base salons : Entrée catalogue : L'Amour piqué (Anacréon) ; statue, plâtre [355813] », sur salons.musee-orsay.fr (consulté le )
- 1 2 Bruno Demeulenaere, « Un Musée gratuit, des oeuvres à (re)découvrir », Voix du Nord, , p. 19
- 1 2 3 4 M.H.L, « Amour piqué », dans De Carpeaux à Matisse, Lille, , p. 209
- ↑ Franck de Frias, « La sculpture du XXe siècle », dans Franck de Frias, Corps et matières, Cambrai, Musée de Cambrai, , 68 p., p. 15
- ↑ Cartouche du musée.
- ↑ Bruno Demeulenaere, « Un Musée gratuit, des oeuvres à (re)découvrir », Voix du Nord, , p. 19
- ↑ Musenor via WebMuseo by A&A Partners, « Œuvre : Précisions - statue, Amour piqué | Musenor », sur webmuseo.com (consulté le )
- ↑ Sarah Smah, « La naissance du Musée et son essor au XIXe siècle », dans Maël Bellec, Heurs et malheurs du Musée de Cambrai, Cambrai, Musée de Cambrai, , 48 p., p. 16