Amsterdam (chanson)

chanson de Jacques Brel, sortie en 1964

Amsterdam est une chanson de Jacques Brel. L'auteur-compositeur-interprète la crée en 1964 sur la scène de l'Olympia de Paris. Elle est éditée aux disques la même année, sur un super 45 tours proposant trois titres inédits créés pour l'occasion et extraits de l'album enregistré en public Olympia 1964 .

Amsterdam
Single de Jacques Brel
extrait de l'album Olympia 1964
Sortie 1964
Enregistré 16 et
Olympia, Paris
Durée 3:16
Genre Chanson française
Format 33 tours
CD (réédition)
Auteur-compositeur Jacques Brel
Producteur Jacques Brel
Label Disques Barclay

Pistes de Olympia 1964

Longtemps, Amsterdam n'a été disponible que dans sa version Olympia 1964, jusqu'à ce que, en 2016, paraisse l'album live inédit enregistré à l'Olympia en 1966 (double CD Olympia 1964 - 1966), précédent la parution, en 2019, sur un maxi 45 tours, d'une troisième version inédite enregistrée en public à la Maison de la Radio en 1965, dans un accompagnement musicale réduit à un piano et une contrebasse.

Amsterdam, qui s'inscrit parmi les chansons emblématiques de Jacques Brel, n'est jamais sorti dans une version enregistrée en studio.

Histoire

modifier

L'idée des paroles de cette chanson est née alors que Jacques Brel se promène dans le port de Zeebruges où il aime passer du temps dans les bars. Il souhaite célébrer la vie de ces marins, qui mangent, boivent et se divertissent. Qui plus est, il apprécie beaucoup cette ville. Plus tard, dans sa chanson Mon père disait[1], il explique que son père disait « C'est le vent du nord qu'a fait craquer la terre entre Zeebruges et l'Angleterre ». Mais au moment d'écrire la chanson, trouvant trop peu de rimes s'accordant avec « Zeebruges », il le remplace par « Amsterdam », qu'il estime aussi plus agréable à l'oreille[2],[3].

Jacques Brel a l'habitude de chanter ses chansons  qu'il compose souvent en tournée avec ses musiciens  pour la première fois en public, aussitôt qu'il les pense achevées, pour les tester, avant de les enregistrer plus tard en studio[4]. Dans le cas d'Amsterdam, il n'est pas convaincu par la chanson, qu'il considère sans la moindre importance. À tel point que, comptant la chanter pour la première fois lors d'une série de récitals à l'Olympia à Paris, il décide de l'utiliser comme la chanson « sacrifiée » de son récital et la place tout au début, au moment où peuvent encore se faire quelques ultimes réglages pour le récital et où les gens du métier savent que le public fait de toute façon bien plus attention aux artistes qu'aux chansons ; « comme ça, on n'en parlera plus, de celle-là », dit-il[4].

La première est prévue pour le . Mais, comme à l'habitude pour l'Olympia, une représentation servant de répétition générale est donnée la veille, dans un théâtre de Versailles également dirigé par Bruno Coquatrix (directeur de l'Olympia). Constatant alors que la chanson séduit le public, Jacques Brel décide finalement de la déplacer en troisième position de son prochain récital. Lors de la première à l'Olympia, le , la chanson obtient un immense succès auprès des 2 000 spectateurs qui l'ovationnent interminablement ; à tel point que les musiciens, ayant après quelques instants entamé l'introduction de la chanson suivante, sont contraints de la rejouer en boucle un certain nombre de fois devant les applaudissements qui n'en finissent pas. À ces spectateurs s'ajoutent des millions d'auditeurs d'Europe 1 qui retransmet en direct la soirée, auprès desquels la chanson fait également sensation[4].

Amsterdam devient alors l'un des grands succès de Brel, une chanson quasi incontournable lors des récitals suivants, caractérisée par le « crescendo brelien » (progression dramatique dans l'écriture et l'interprétation). Alors que Jacques Brel a pour principe de ne jamais faire de rappel ni bisser de chanson en public, celle-ci fait, selon Jean Corti, exception à cette règle ; en effet, Jacques Brel décide de la rejouer à la demande du public moscovite, lors d'une tournée en Union soviétique en 1965[4]. Il faut cependant noter une autre chanson bissée par Jacques Brel, Les Flamandes, en 1960 lors d'un récital donné à l'université de Louvain[5].

Malgré cela, Jacques Brel ne sera jamais vraiment convaincu par cette chanson, et elle ne sera, finalement, jamais enregistrée en studio ; avec Les Timides et Les Jardins du casino, enregistrées au même moment à l'Olympia, il s'agit des trois uniques chansons de Brel à n'exister au disque qu'en version live[6],[7]..

Pour autant, si on se base sur le livre Jacques Brel auteur : l'intégrale de ses textes commentés par France Brel écrit par sa fille France, cette chanson aurait été enregistrée en studio par Brel, en , en Pologne, pour une émission, accompagné par les musiciens du studio de télévision[8].

Versions inédites

modifier

Resté longtemps inédite au disque, une autre version d'Amsterdam enregistrée en public à l'Olympia en 1966 paraît en 2016 (double CD Olympia 1964 - 1966[9]).

En 2019, l'Institut national de l'audiovisuel révèle une troisième version de la chanson (publiée en maxi 45 tours en 2021[10]) ; restée inédite durant 54 ans, Amsterdam est enregistrée en public lors de l'émission Jam Sessions à la Maison de la Radio, en . Contrairement à la célèbre version enregistrée à l'Olympia avec accordéon, Jacques Brel, sur un arrangement différent, est ici (seulement) accompagné au piano par Gérard Jouannest et à la contrebasse par Pierre Sim[11],[12],[13].

Musique d'Amsterdam

modifier

Pour la composition de la mélodie d'Amsterdam, Jacques Brel s'est fortement inspiré de Greensleeves, un air traditionnel anglais remontant au XVIe siècle[14],[15].

Adaptations et reprises

modifier

Adaptations

modifier

Reprises

modifier

Notes et références

modifier
  1. « Mon père disait, sur Encyclopédisque », sur encyclopedisque.fr.
  2. PAULINE LEDEZ (CLP), « Une soirée avec la fille de Jacques Brel » Accès payant, sur La Voix du Nord, (consulté le ).
  3. Nicolas Albert, Gilles Rolland et Damien Duarte (photogr. Alejandro Ags), Cultes ! Musique - 100 lieux mythiques de la musique (lire en ligne)
  4. 1 2 3 4 BERTRAND DICALE, « Amsterdam, la chanson que Brel n'aimait pas », sur LeFigaro.fr, (consulté le ).
  5. Angela Clouzet, Gérard Jouannest : de Brel à Gréco, éditions Albin Michel
  6. https://www.encyclopedisque.fr/disque/3108.html / consulté le 30 mai 2026.
  7. https://www.encyclopedisque.fr/disque/59126.html / consulté le 30 mai 2026.
  8. http://www.dhnet.be/medias/musique/jacques-brel-une-version-studio-inedite-d-amsterdam-retrouvee-en-pologne-video-5bbb91d8cd70a16d814afeab Jacques Brel: une version studio inédite d’"Amsterdam" retrouvée en Pologne ! (VIDEO)] - La Dernière Heure -
  9. https://www.discogs.com/fr/release/14892527-Jacques-Brel-Olympia-Octobre-1964-Novembre-1966 / consulté le 30 mai 2026.
  10. https://www.discogs.com/fr/release/19026349-Jacques-Brel-Amsterdam / consulté le 30 mai 2026.
  11. « "Amsterdam" : une version inédite du tube de Jacques Brel éditée en vinyle En savoir plus sur http://www.chartsinfrance.net/Jacques-Brel/news-109928.html#tL4LxXiFZMARb4Qb.99 », sur chartsinfrance.net (consulté le ).
  12. « Musique : une version inédite d'"Amsterdam" de Jacques Brel », sur francetvinfo.fr, (consulté le ).
  13. Germain Arrigoni, « Écoutez une version inédite de la chanson "Amsterdam" interprétée par Jacques Brel en 1965 », sur francebleu.fr, ici.fr, (consulté le ).
  14. (en) « Jacques Brel's Amsterdam sample of Traditional Folk's Greensleeves », sur WhoSampled, (consulté le ).
  15. J.M.Ogier, « Amsterdam : histoire d'un tube que Jacques Brel n'a jamais enregistré en studio », sur culturebox.francetvinfo.fr, .
  16. Chris Bailey - What We Did On Our Holidays (lire en ligne)
  17. « Francesca Solleville – Récital N°3 », sur Discogs
  18. « Chansons de légende : le spectacle des Bouffes du Nord 1997 / Catherine Ribeiro », sur Médiateca

Voir aussi

modifier