Amenokal
Chez les Touaregs, l'amenokal (pluriel Imenokalen) ou tamenokalt lorsque c'est une femme (pluriel timenokalin[1]), est issu de la tribu noble des Kel Rela et son pouvoir est symbolisé par l'ettebel ou tambour de commandement. Après son décès, le nouvel amenokal est choisi parmi les quelques parents de l'amenokal défunt[2]. L'amenokal touareg le plus connu est sans conteste Moussa ag Amastan qui permit à Charles de Foucauld de venir s'installer à Tamanrasset en 1905 (décédé en 1920). Le terme amenokal signifie « chef suprême, roi, empereur »[3],[4]. Les observateurs européens ont proposé plusieurs mots pour décrire la portée du commandement (ettebel) d'un amenokal : confédération, groupement politique ou « drum groups »[3].
Iwellemeden
modifierAu tout début du XXᵉ siècle, avant l’instauration du régime colonial, la confédération des Iwellemmeden Kel Ataram exerçait encore son autorité sur un territoire extrêmement vaste. Celui-ci couvrait l’ensemble de la partie occidentale de l’espace touareg, depuis l’axe Kidal-Ménaka jusqu’aux abords du lac Faguibine. Cette entité politique majeure – souvent qualifiée d’empire – était tantôt nommée d’après son groupe dirigeant, les Iwellemmeden, tantôt appelée Tademmekat par les Touaregs orientaux qui étendaient ce terme à l’ensemble de la formation politique. Organisé selon une logique confédérale, cet ensemble rassemblait plusieurs unités disposant chacune d’une marge d’autonomie, permettant la coexistence de systèmes variés de gestion sociale, économique et foncière. Aux différences d’ordre politique venaient s’ajouter des spécialisations économiques distinctes, ainsi que des variations linguistiques, sociales et culturelles, révélant la grande diversité interne de cette confédération[5].
Hoggar
modifierÀ la mort de Moussa ag Amastan en 1920, c'est Akhamouk qui devient amenokal des Kel Ahaggar. Son pouvoir se réduit alors à un rôle de « relais de l'administration coloniale »[6].
Adrar des Ifoghas
modifierAzawagh
modifierNotes
modifier- ↑ Maurice Benhazera, Six mois chez les Touareg du Ahaggar, Typ. A. Jourdan, (lire en ligne)
- ↑ P. Rognon, « La confédération des nomades Kel Ahaggar (Sahara Central) », Annales de géographie, vol. 71, no 388, , p. 605 (lire en ligne, consulté le ).
- 1 2 Charles Grémont, Les Touaregs Iwellemmedan, 1647-1896: un ensemble politique de la boucle du Niger, KARTHALA Editions, (ISBN 978-2-8111-0397-2, lire en ligne)
- ↑ M. Gast et S. Chaker, « Amenūkal, Amenoūkal », Encyclopédie berbère, no 4, , p. 581–589 (ISSN 1015-7344, DOI 10.4000/encyclopedieberbere.2471, lire en ligne, consulté le )
- ↑ H. Claudot-Hawad, « Iwellemmeden Kel Ataram », Encyclopédie berbère, no 25, , p. 3822–3828 (ISSN 1015-7344, DOI 10.4000/encyclopedieberbere.1458, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Notes 3 et 4 de Dominique Casajus, « Charles de Foucauld face aux Touaregs », Terrain, no 28 - Miroirs du colonialisme (mars 1997), [En ligne], mis en ligne le 25 mai 2007. URL : https://terrain.revues.org/index3167.html. Consulté le 26 décembre 2010.