Anas Alaili
Anas Alaili (أنس العيلة), né à Qalqilya en Palestine en 1975, est un poète et traducteur palestinien.
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Le prix des journées Brautigan, 2012 |
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Biographie
modifierAnas Alaili a commencé sa carrière littéraire en 1998 où il a travaillé à Ramallah comme coordinateur d’activités littéraires dans le centre culturel palestinien la Maison de la Poésie (المركز الثقافي الفلسطيني بيت الشعر)[1]. Son travail à la Maison de la Poésie lui a permis de fréquenter de nombreux poètes palestiniens rentrés à Ramallah à la suite des accords d'Oslo[2], comme Mahmoud Darwich[3], Mourid al-Barghouthi et Ghassan zaqttan[4]. Ses premiers poèmes paraissent en traduction anglaise dans Rattapllax magazine[5], à New York en 2002. Ils paraitront ensuite en français aux éditions Points dans l'Anthologie de la poésie palestinienne d'aujourd'hui[6], traduction et présentation par Abdellatif Laâbi.
Son premier recueil traduit en français par Mohamed El Amraoui sous le titre Avec une petite différence[7] est publié par les éditions Gros Textes en 2009 et préfacé par Bernard Noël, qui écrit : « Le poème est un lieu de métamorphose et de révélation, du moins tout poème se promet de l’être. Cette affirmation discutable s’impose dans ce livre tandis que grandit l’étonnement d’en constater la justesse poème après poème. A force de naturel et de simplicité, la réalité - toujours là comme base de la situation - se transforme en un clin d’œil fabuleux empreint de tendresse et d’humour[8]».
Le poète français Michel Ménaché écrit également sur ce recueil : "De la fausse naïveté des histoires de Nasréddine à l’humour désabusé de Boris Vian ou de Woody Allen, Anas Alaili s’inscrit dans la lignée des artistes et poètes qui abordent l’angoisse existentielle, les drames de l’histoire intime ou les événements tragiques de l’histoire collective avec une apparente légèreté qui nous touche d’autant mieux que celle-ci ne procède pas des artifices trompeurs de la rhétorique. Dans chacun de ses poèmes, un amour de la vie se dessine avec les nuances sensibles de l’émotion souriante, la tendresse fraternelle. De l’humour noir aux lueurs singulières de l’humour clair et limpide capté à la source[9]".
Il publie ensuite en 2016 Étreintes tardives[10], un recueil de poèmes bilingue en arabe et français chez L’Harmattan[11]. Francis Combes écrit dans la préface : "Jamais auparavant je n’avais rencontré une évocation de la guerre semblable à celle des poèmes d’Anas Alaili. Discrète mais forte. Le centre de gravité de sa poésie se situe du côté le plus intime [….] Alaili, poursuit donc à sa façon toute une lignée. Il le fait avec les mots d’aujourd’hui, dans les formes directes et libres, dénuées d’emphase de la jeune poésie arabe, en tout cas d’un de ses courants les plus vifs[12]".
Son recueil de poèmes مهرولا على ساق واحدة[13] est publié en 2023 par la maison d’édition دار النهضة العربية[14] à Beyrouth. À la suite de cette publication, la journaliste Lyana Saleh a présenté le livre, en présence de l'auteur, sur France 24[15]. Il a été présenté également par la journaliste Micha Khalil à la radio Monte Carlo[16]. Ce recueil a été ensuite traduit en français par Touria Ikbal sous le titre Danser d’une seule jambe[17], illustré par Chantal Legendre et publié en coédition par les éditions du Merle Moqueur et de la Maison de la poésie Rhône-Alpes en 2025.
En 2026 paraît en italien son recueil Non commettere altri crimini[18], traduit de l’arabe par Angelo Vannini et Obeid Naeim et publié par les éditions Affinità elettive . La quatrième édition de son recueil Avec une petite différence[19] sort la même année chez Apic éditions.
Alaili a également mené un entretien, sur le monde et la littérature arabe, avec Annie Ernaux à son domicile à Cergy le 22 avril 2023[20]. Cet entretien a été publié ensuite par دار مرفأ[21] à Beyrouth, dans le livre آني إرنو سرد الذات بين الكتابة والحياة[22].
Il a également traduit plusieurs poètes français vers l'arabe dans la revue arab48, comme René Char[23], Francis Ponge[24], Philippe Jaccottet[25], Jacques Prévert[26] et des poètes contemporains comme Francis Combes[27] ou Jennifer Grousselas[28].
Il a travaillé comme directeur artistique[29] du festival Interludes poétiques de Palestine entre 2013-2018, en collaboration entre l'Institut culturel franco-palestinien[30] et l’Institut du Monde Arabe[31] à Paris.
Collaboration musicale
modifierAnas Alaili a par ailleurs collaboré avec la compositrice et interprète libanaise, Yasmine Hamdan, notamment avec la chanson « Hon » parue dans son dernier album I forget, I remember (Crammed Discs). Plusieurs articles ont été écrits sur cette chanson et sur cet album dans Le Monde[32], France Culture[33], Courrier international[34] et L'Humanité[35].
Prix littéraire
modifierAlaili a obtenu en 2012 le prix des journées Brautigan[36] pour son recueil Avec une petite différence, traduit de l'arabe par Mohamed El Amraoui et publié par Gros Textes en 2009[7].
Travail académique
modifierAnas Alaili est aussi l'auteur d'une thèse intitulée Le phénomène de retour dans la littérature arabe : le cas palestinien[37], soutenue à L'université Lumière-Lyon-II en 2015. Il a publié à ce titre un article intitulé « Rentrer en Palestine, témoignages littéraires d’un déchirement » dans la revue La vie des idées[38] éditée par le Collège de France, en 2025. Il a publié également dans la revue LiCArC (Littérature et culture arabes contemporaines) son article "La thématique du retour dans la littérature arabe : le cas palestinien[39]".
Œuvres : poésie
modifier- Non commettere altri crimini, bilingue arabe-italien, traduction de l'arabe Angelo Vannini et Obeid Naeim, Affinità elettive, Ancona, 2026[18].
- Danser d'une seule jambe, traduction de l'arabe Touria ikbal, Maison de la poésie Rhône-Alpes et le Merle Moqueur, 2026[17].
- Avec une petite différence, préface de Bernard Noël, traduction de l'arabe par Mohamed El Amraoui, Gros Textes, Châteauroux les Alpes, 2009[7].
- Étreintes tardives (عناقات متأخرة), bilingue arabe-français, préface de Francis Combes, traduction de l'arabe par Mohammed El Amraoui, l'Harmattan, Paris, 2016[10].
Traductions
modifier- Jacques Prévert, بلاغة التلقائي ورتابة المألوف ("L'éloquence de la spontanéité et la monotonie du familier"), traduction par Anas Alaili, revue arab48, 28/08/2020[26].
- René Char الأشجار حرّة ألا تحمل أكثر ("Les arbres sont libres de ne pas porter davantage de fruits"), traduction par Anas Alaili, revue arab48, 24/07/2021[40].
- Françis Ponge, تجربة العيش كلها تحدث في الجسد ("L'expérience de vivre se déroule dans le corps"), traduction par Anas Alaili, revue arab48, 05/09/2021[24].
- Philippe Jaccottet,فيليب جاكوتيه: في جسدي تتقاطع دروب النّورِ ("Dans mon corps, des chemins de lumière se croisent"), traduction par Anas Alaili, le journal Al-akhbar, 02/07/2022[25].
- Jennifer Grousselas, وجهك المليء بالعوالم الصغيرة ("Ton visage est plein de petits mondes"), traduction par Anas Alaili, revue arab48, 09/06/2022[41].
- Katia-Sophia Hakim, عودة الكلمات إلى البيت ("Le retour des mots à la maison"), traduction par Anas Alaili, revue arab48, 20/11/2020[42].
- Pierre Landete, Inténéraires (مسارات), traduction vers l'arabe par Anas Alaili, éditions Phaéton, Bordeaux, 2023[43].
Notes et références
modifier- ↑ (ar + et + fr) « مجلة الشعراء : المركز الثقافي الفلسطيني بيت الشعر », sur Institut du monde arabe (consulté le )
- ↑ Sbeih Sbeih, « Une nouvelle condition littéraire : le retour des écrivains palestiniens à Ramallah », Les Presses de l’Institut français du Proche-Orient, (lire en ligne)
- ↑ « Hommage à Mahmoud Darwich (EHESS et ENS) », sur Calenda - The calendar for the humanities and social sciences (consulté le )
- ↑ (ar) Najwan Darwich, « أنس العيلة في «تجهيزاته» الشعرية: جيل ما بعد أوسلو مسترجعاً خليل حاوي (Anas Alaili dans son laboratoire poétique : la génération post-Oslo se souvient de Khalil Hawi ) », Al-Akhbar, (lire en ligne)
- ↑ (en) Anas ALAILI, translation Khaled Mattawa, « Poems », Rattapallax, no 7, , p. 42
- ↑ Abdellatif Laâbi (traduction et présentation), Textes réunis par Yassin Adnan, Anthologie de la poésie palestinienne d’aujourd’hui, Paris, Éditions Points, , 212 p. (ISBN 978-2-7578-9500-9)
- 1 2 3 Anas ALAILI, Avec une petite différence, Châteauroux les Alpes, Gros Textes, , 56 p. (ISBN 978-2-35082-112-2)
- ↑ Bernard Noël (préface), Avec une petite différence, Gros Textes, (ISBN 978-2-35082-112-2), pages (7-8)
- ↑ Michel Ménaché, « Une petite différence », sur La revue Décharge,
- 1 2 (fr + et + ar) Anas ALAILI, Étreintes tardives عناقات متأخرة, Paris, l'Harmattan, , 96 p. (ISBN 978-2-343-09832-6)
- ↑ (ar) Tarik Hamdan, « أنس العيلة: «عناقات متأخرة» وخانقة (Anas Alaili : des étreintes « tardives » et étouffantes) », Al-Akhbar, (lire en ligne)
- ↑ (fr + et + ar) Francis Combes, Préface (Étreintes tardives), Paris, L'Harmattan, , 89 p. (ISBN 9782343098326), p. 10-11
- ↑ (ar) أنس العيلة, مهرولا على ساق واحدة, بيروت, دار النهضة العربية, , 80 p. (ISBN 978-9953-95-955-9)
- ↑ (ar) عماد الدين موسى, « مهرولا على ساق واحدة : محاورة الطبيعة », ضفة ثالثة, (lire en ligne
) - ↑ (ar) Lyana Saleh, « مجموعة شعرية : مهرولا على ساق واحدة » (consulté le )
- ↑ (ar) Misha Khalil, « الشاعر أنس العيلة... يهرول على ساق واحدة » (consulté le )
- 1 2 Anas ALAILI, Danser d'une seule jambe, Saint-Martin-D’hères, Maison de la poésie Rhône-Alpes et Le Merle Moqeur, , 81 p. (ISBN 978-2-36761-048-1)
- 1 2 (it + et + ar) Anas Alaili, Non commettere altri crimini,, Ancona, Affinità elettive, , 107 p. (ISBN 978-8-87326-857-4, lire en ligne)
- ↑ (fr + et + ar) Anas ALAILI, Avec une petite différence, Alger, Apic éditions, , 103 p.
- ↑ (ar) Annie Ernaux, entretien par Anas Alaili, « آني إرنو عن فلسطين والثقافة العربية، والأدب الذاتي والنسوي (Avec Annie Ernaux sur la Palestine, la culture arabe, et la littérature autobiographique et féministe) », sur Romman,
- ↑ (ar) « آني إرنو : سرد الذات بين الكتابة والحياة », sur abjjad, (consulté le )
- ↑ (ar) أنس العيلة وعلاء رشيدي, آني أرنو سرد الذات بين الكتابة والحياة, بيروت, دار مرفأ, (ISBN 9786259821986), p. 181
- ↑ (ar + et + fr) René Char, traduction vers l'arabe Anas ALAILI, « رينييه شار... الأشجار حرّة ألّا تحمل أكثر », revue 48, (lire en ligne)
- 1 2 (ar) Francis Ponges, traduction Anas Alaili, « تجربة العيش كلها تحدث في الجسد (L'expérience de vivre se déroule dans le corps) », arab48, (lire en ligne)
- 1 2 (ar) Philippe Jacottet, traduction Anas Alaili, « فيليب جاكوتيه: في جسدي تتقاطع دروب النّورِ (Dans mon corps, des chemins de lumière se croisent) », arab48, (lire en ligne)
- 1 2 (ar) Jacques Prévert, « بلاغة التلقائي ورتابة المألوف (L'éloquence de la spontanéité et la monotonie du familier) », Revue arab48, (lire en ligne)
- ↑ (ar) Francis Combes, traduction Anas Alaili, « الشاعر الذي يجوب العالم », arab48, 01 mars, 2021 (lire en ligne)
- ↑ (ar) Jennifer Grousselas, traduction Anas Alaili, « وجهك المليء بالعوالم الصغيرة », arab84, (lire en ligne)
- ↑ (ar) « معهد العالم العربي وبيت الشعر الفرنسي يحتضنان أمسيات شعرية فلسطينية », Euronews, (lire en ligne)
- ↑ « Festival PALEST’IN & OUT », sur Maison des cultures du monde (consulté le )
- ↑ « Interludes poétiques de Palestine », sur Institut du monde arabe (consulté le )
- ↑ Bruno Lesprit, « La musique, un chantier beyrouthin pour Yasmine Hamdan », Le Monde, (lire en ligne [19 juin 2026])
- ↑ « Carte blanche à Yasmine Hamdan », France Culture, (lire en ligne)
- ↑ « “I Remember I Forget” : le retour de Yasmine Hamdan, pionnière de l’électropop arabe », Courrier international, (lire en ligne)
- ↑ « « I remember I forget » de Yasmine Hamdan : la mémoire recousue de la star de la scène alternative libanaise »,
- ↑ M. L. Richerot, « La culture s’invite au château », Le Dauphiné Libéré, (lire en ligne
) - ↑ Anas ALAILI, « Le phénomène de retour dans la littérature arabe : le cas palestinien »,
- ↑ Anas Alaili, « Rentrer en Palestine, témoignages littéraires d’un déchirement », La vie des idées - Collège de France, (lire en ligne)
- ↑ (fr + et + ar) Anas ALAILI, « La thématique du retour dans la littérature arabe contemporaine », LiCArC (Littérature et culture arabes contemporaines), Classiques Garnier, no 2, , p. 251 à 265 (lire en ligne
) - ↑ (ar) René Chars, traduction Anas Alaili, « الأشجار حرّة ألا تحمل أكثر (Les arbres sont libres de ne pas porter davantage de fruits) », arabe48, (lire en ligne)
- ↑ (ar) Jennifer Grousselas, traduction Anas Alaili, « وجهك المليء بالعوالم الصغيرة », arabe84, (lire en ligne)
- ↑ (ar) Katia-Sophia Hakim, traduction par Anas Alaili, « عودة الكلمات الى البيت (Le retour des mots à la maison) », arab48, (lire en ligne)
- ↑ (fr + et + ar) Pierre Landette, Itinéraires (مسارات ), Boreaux, éditions Phaéton, , 116 p. (ISBN 978-2-9569928-3-7)