Anaïs Barbeau-Lavalette
Anaïs Barbeau-Lavalette, née le à Montréal, est une réalisatrice, scénariste, en documentaire et en fiction, et romancière québécoise.
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Biographie
modifierOrigine et formation
modifierSa mère, Manon Barbeau, est documentariste et son père, Philippe Lavalette, est directeur photo[1].
Années 2000
modifierÀ la suite d'un périple d'un an au Honduras, Anaïs Barbeau-Lavalette réalise le documentaire Les Petits Princes des bidonvilles (2000) (Prix du public au Festival Muestra Cultural de Montréal). Ce documentaire lui confirme qu'elle « désire rendre la caméra utile, comme un outil[2] ». Elle étudie par la suite en études internationales à l’Université de Montréal, en réalisation à l'Institut national de l'image et du son (INIS)[3] et à l’Université Birzeit, à Ramallah (Palestine).
En 2001, elle coréalise Buenos Aires, no llores, documentaire tourné en Argentine et sélectionné dans de nombreux festivals internationaux (meilleur court-métrage documentaire au Festival de Cherbourg en compétition au FIPA de Biarritz). Puis elle participe en 2002 à l'Odyssée du volontariat[4], périple de plusieurs mois qui la conduit aux quatre coins du monde et où elle réalise une quinzaine de courts-métrages documentaires sur le thème du bénévolat, lesquels sont ensuite diffusés en sept langues dans plus de cent pays. À son retour, elle réalise plusieurs longs-métrages documentaires, notamment Si j'avais un chapeau (2005, Mention spéciale du jury aux Journées du cinéma africain et créole des Vues d'Afrique, nominations dans les catégories Meilleur documentaire société et Meilleure recherche aux prix Gémeaux 2006), qui donne la parole à des enfants au Québec, en Inde, en Tanzanie et en Palestine, ainsi que Les mains du monde (2004), abordant le thème de l’engagement.
Elle participe de 2004 à 2010 au Wapikoni Mobile, et à la même époque, réalise des vidéoclips (notamment ceux de Catherine Major, de Thomas Hellman et des rappeurs Samian et Dramatik).
En 2007, elle tourne les documentaires Tap-Tap, portrait poétique de la communauté haïtienne de Montréal ainsi que Le Ring, un premier long-métrage de fiction très bien reçu par la critique, qui est notamment sélectionné aux festivals de Busan, de Berlin et au Camerimage en 2008, et primé aux festivals de Madrid, d'Aubagne, de Vladivostok, de Taipei et de Kiev.
En 2009, elle réalise le documentaire Les Petits Géants (coréalisé avec Émile Proulx-Cloutier), qui remporte le prix Gémeaux du meilleur documentaire et est présenté en clôture de l'édition 2009 des Rendez-vous du cinéma québécois, ainsi que Se souvenir des cendres, documentaire suivant l'aventure créative du film Incendies de Denis Villeneuve, qui remporte à son tour le prix Gémeaux du meilleur documentaire en 2012.
Années 2010
modifierElle publie en 2010 son premier roman, Je voudrais qu’on m’efface (chez Hurtubise, puis chez Bibliothèque québécoise), qui se retrouve finaliste à l'édition 2011 du Prix des libraires du Québec. Viennent ensuite ses chroniques de voyage en Palestine, Embrasser Yasser Arafat (2011, éditions Marchand de feuilles).
À la télévision, elle signe pour ARTV la réalisation de la série documentaire Les Voix humaines (2009-2010) et tourne Marie pleine de grâce (2011), un documentaire sur la chorégraphe Marie Chouinard. À la même époque, André Turpin et elle coréalisent les courts-métrages de fiction Ina Litovski (2012), Sept Heures trois fois par année (2012) et Prends-moi (2014), qui leur ont valu de nombreux prix dans divers festivals de courts-métrages.
En 2012, son nouveau long-métrage, Inch'Allah (produit par Micro scope) est vendu dans une vingtaine de pays et sélectionné au Festival international du film de Toronto et à la Berlinale, où le film remporte le Prix FIPRESCI (prestigieux prix de la critique internationale), ainsi qu’une mention spéciale du jury œcuménique.
Anaïs Barbeau-Lavalette est aussi nommée Artiste pour la Paix 2012[5].
Au printemps 2013, la Place des Arts lui offre une carte blanche (en duo avec son conjoint Émile Proulx-Cloutier). Elle monte donc le Cabaret multi Vous êtes libres. En 2014, Émile Proulx-Cloutier et elle conçoivent le documentaire scénique Vrais Mondes, toujours à la Place des Arts. Ils coréalisent ensuite le long-métrage documentaire Le Plancher des vaches (2015, production Esperamos Films, diffusion ICI Radio-Canada Télé) et récidivent avec le documentaire scénique Pôle Sud, présenté au théâtre Espace Libre en 2016, puis au Festival TransAmériques en 2017.
Elle publie en 2015 un roman inspiré de la vie de sa grand-mère, Suzanne Meloche, La femme qui fuit[6] (publié aux éditions Marchand de feuilles)[7]. Livre le plus vendu au Québec pour l'année 2016[8], ce roman remporte le Prix des libraires du Québec 2016, le Grand Prix du livre de Montréal 2015[9], le Prix littéraire France-Québec[6] 2016 et le Prix du Club des irrésistibles 2017 des Bibliothèques de Montréal, et figure sur la liste des finalistes pour le Prix littéraire du Gouverneur général 2016.
Anaïs Barbeau-Lavalette endosse en 2016 les titres de porte-parole de la Journée des librairies indépendantes[10] et porte-parole de la 11e édition du World Press Photo, où elle signe une exposition parallèle sur les réfugiés syriens arrivés à Montréal[11],[12].
En 2017, elle réalise le long métrage documentaire Ma fille n’est pas à vendre (productions Bazzo Bazzo, diffusion Télé-Québec). Elle est également présidente d'honneur du 38e Salon du livre de l'Outaouais en 2017[13].
En 2019, elle réalise La Déesse des mouches à feu[14], un long-métrage de fiction adapté du roman de Geneviève Pettersen du même nom[15].
Années 2020
modifierEn 2021, elle tourne le long-métrage Chien blanc[14].
Cinq ans après la sortie de La femme qui fuit, Anaïs Barbeau-Lavalette sort un livre intitulé Femme forêt, au Québec et en France, puis Femme Fleuve en 2022.
En 2024, elle est membre du jury "Visages de la francophonie" du Festival de films francophones Cinemania[16].
En 2025, elle co-écrit avec Steve Gagnon les correspondances Architectures de la joie, publiées aux Éditions Marchand de feuilles, puis réalise le film Pauline Julien : femme pays en 2026.
Œuvres
modifierLittérature
modifier- 2010: Je voudrais qu’on m’efface (roman) — Éditions Hurtubise[17]
- anglais: Neighbourhood Watch, traduit par Rhonda Mullins (Toronto : Coach House Books, 2020)
- 2011: Embrasser Yasser Arafat (chroniques de voyage) — Éditions Marchand de feuilles
- 2015: La Femme qui fuit (roman) — Marchand de feuilles[18]
- anglais: Suzanne, traduit par Rhonda Mullins (Toronto : Coach House Books, 2017)
- allemand: Suzanne (édition originale) ou So nah den glücklichen Stunden (poche), traduit par Anabelle Assaf (Francfort : Eichborn, 2018; poche, 2020)
- néerlandais: De vrouw die vluchtte, traduit par Katelijne De Vuyst (Amsterdam : Querido, 2018)
- italien: Suzanne, una donna in fuga, traduit par Annalisa Comes (Rome : Elliot Edizioni, 2020)
- 2018: Nos héroïnes: 40 portraits de femmes québécoises (livre pour enfants), illustré par Mathilde Cinq-Mars — Marchand de feuilles
- 2021: Femme Forêt (roman) — Marchand de feuilles
- anglais: To the Forest, traduit par Rhonda Mullins (Toronto : Coach House Books, 2023)
- allemand: Sie und der Wald, traduit par Anabelle Assaf (Zurich : Diogenes, 2024)
- 2022: Femme Fleuve (roman) — Marchand de feuilles
- anglais: When Water Became Blue, traduit par Rhonda Mullins (Toronto : Coach House Books, 2025)
- 2023: Nos fleurs (album jeunesse) — Marchand de feuilles
- 2025: Zones sacrifiées (essai collectif) — Éditions du Quartz
- 2025: Architectures de la joie (correspondance) — Marchand de feuilles
- 2026: Avant d'en arriver là (essai collectif) — Éditions Écosociété
Cinéma et télévision
modifier- 2000 : Sorcières comme les autres (court-métrage documentaire) – INIS
- 2001 : Les Petits Princes des bidonvilles (long métrage documentaire) – Virage et ONF
- 2001 : Les Mots bleus (court-métrage de fiction) – INIS
- 2001 : Buenos Aires no Ilores (court-métrage documentaire) – INIS
- 2004 : Les Mains du monde (long métrage documentaire) – InformAction, Télé-Québec
- 2005 : Si j’avais un chapeau (long métrage documentaire) – Virage, RDI, TV5
- 2009 : Les Petits Géants (long métrage documentaire) – Amérimage-Spectra, Télé-Québec, ICI ARTV
- 2007 : Le Ring (long métrage de fiction) – INIS
- 2010 : Se souvenir des cendres : Regards sur Incendies (moyen métrage documentaire) – micro scope
- 2010 : Les Voix humaines (série documentaire) – Espace Franco Image, ICI ARTV
- 2012 : Inch'Allah (long métrage de fiction) – micro scope
- 2012 : Ina Litovski (court-métrage) – Flow
- 2012 : Sept Heures trois fois par année (court-métrage de fiction) – FNC
- 2014 : Prends-moi (court-métrage de fiction) – By Pass Films
- 2015 : Le Plancher des vaches (long métrage documentaire) – Esperamos Films, RDI, Radio-Canada
- 2017 : Ma fille n’est pas à vendre (long métrage documentaire) – Bazzo Bazzo, Télé-Québec
- 2020 : La Déesse des mouches à feu (long métrage fiction) - Coop Vidéo de Montréal
- 2022 : Chien blanc (long métrage fiction) - Go Films
- 2026 : Pauline Julien : femme pays (long métrage biographique) - Bravo Charlie
Théâtre documentaire scénique
modifier- 2014 : Vrais Mondes, documentaires scéniques – Place des spectacles
- 2016 : Pôle Sud, documentaires scéniques – Espace libre (puis 2017 au FTA)
- 2022 : Pas perdus, documentaires scéniques en cocréation avec Émile Proulx-Cloutier - Théâtre d'Aujourd'hui
Distinctions
modifierGala Québec Cinéma 2021 : Iris de la meilleure réalisation pour La Déesse des mouches à feu[19]
- 2026 : Finaliste Prix Jean d’Ormesson: Architectures de la joie
- 2025 : Prix Duceppe du spectacle coup de cœur: Pas perdus: documentaires scéniques
- 2024 : Nommée parmi les 100 personnes les plus influentes du Québec selon L’Actualité
- 2024 : Finaliste parmi les 25 livres québécois les plus importants du 21e siècle selon La Presse: La Femme qui fuit
- 2024 : Chevalière de l’Ordre de la Pléiade, une distinction internationale soulignant l’apport à la francophonie remise par l'Assemblée parlementaire de la Francophonie
- 2023 : Doctorat honorifique remise par l'Université du Québec en Outaouais pour sa contribution pour les droits de la personne et la protection de l’environnement
- 2023 : Prix du scénario au Festival International du film de Mons: Chien blanc
- 2023 : Prix du regard citoyen au Festival International du film de Mons: Chien blanc
- 2022 : Prix Meilleur spectacle remis par l'Association des critiques pour la saison 2021-2022: Pas perdus: documentaires scéniques
- 2020 : Iris Meilleure réalisation: La Déesse des mouches à feu
- 2020 : Iris Meilleur film: La Déesse des mouches à feu
- 2016 : Médaille de l’Assemblée nationale remise par Françoise David à Anaïs Barbeau-Lavalette et Émile Proulx-Cloutier pour leur engagement social et leur contribution à la culture québécoise
- 2016 : Prix du Gouverneur Général / Finaliste: La Femme qui fuit
- 2016 : Prix des libraires du Québec: La Femme qui fuit
- 2016 : Prix France-Québec: La Femme qui fuit
- 2016 : Grand prix de la Ville de Montréal: La Femme qui fuit
- 2016 : Prix des bibliothèques de Montréal: La Femme qui fuit
- 2016 : Canada Reads / Finaliste: La Femme qui fuit
- 2015 : Prix du Jury public adultes / Mention Jury public aînés au Longue vue sur le court: Prends-moi
- 2015 : Special Mention Edward Snowden Award au Festival Signes de Nuit: Prends-moi
- 2015 : Audience Award au Tempere International Film Festival: Prends-moi
- 2015 : Prix du jury ARRQ au Prix Prends ça court!: Prends-moi
- 2014 : Best short award au Gijon International Film Festival: Prends-moi
- 2014 : Grand prix du public au Festival Images en vue: Prends-moi
- 2013 : Best sound, Post modern prize, Best actress, Air Canada prize, Spirafilm prize au Prix Prends ça court!: Ina Litovski
- 2012 : Best Canadian short film au Festival international de cinéma francophone en Acadie: Ina Litovski
- 2012 : Nommée Artiste pour la Paix
- 2012 : Prix Fipresci de la critique internationale à la Berlinale: Inch’allah
- 2012 : Prix du jury oecuménique à la Berlinale: Inch’allah
- 2010 : Gémeaux / Meilleur documentaire culturel: Les Petits géants
- 2010 : Lauréate FCTMN (Femmes du cinéma de la télévision et des médias numériques)
- 2010 : Gémeaux / Meilleur documentaire: Se souvenir des cendres
- 2009 : Jutra / Meilleure musique: Le ring
- 2006 : Nomination Gémeaux / Meilleure recherche: Si j’avais un chapeau
- 2001 : Prix du Public au Festival Muestra Cultural de Montréal: Les Petits Princes des bidonvilles
- 2001 : Prix du Meilleur court-métrage documentaire du Festival de Cherbourg: Les Petits Princes des bidonvilles
Notes et références
modifier- ↑ Alexandre Vigneault, « Anaïs Barbeau-Lavalette en 10 temps », La Presse, (lire en ligne)
- ↑
- ↑ « Barbeau-Lavalette, Anaïs », sur L'inis (consulté le )
- ↑ Danielle Laurin, « L'inspirante Anaïs Barbeau-Lavalette », sur Magazine ELLE Québec | Tendances mode, beauté, lifestyle et célébrités (consulté le )
- ↑ « La cinéaste Anaïs Barbeau-Lavalette reçoit le prix Artiste pour la paix », sur Le Devoir (consulté le )
- 1 2 « RÉALS Québec », sur reals.quebec (consulté le )
- ↑ Anaïs Barbeau-Lavalette, « La femme qui fuit », sur www.leslibraires.ca (consulté le )
- ↑ « Les 50 meilleurs vendeurs 2016 au Québec », sur revue.leslibraires.ca (consulté le )
- ↑ « Anaïs Barbeau-Lavalette remporte le Grand Prix du livre de Montréal », Culture, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ (fr-CA) Zone Arts- ICI.Radio-Canada.ca, « Une première Journée des librairies indépendantes », sur Radio-Canada.ca (consulté le )
- ↑ « L’espoir après l’exil comme fil conducteur », sur Le Devoir (consulté le )
- ↑ « Trop d’images ou pas assez? », sur Le Devoir (consulté le )
- ↑ « Organisation et corporation », sur slo.qc.ca (consulté le )
- 1 2 « Anaïs Barbeau-Lavalette », sur tnm.qc.ca (consulté le )
- ↑ (fr-CA) « Le vertige adolescent vu par Anaïs Barbeau-Lavalette | Visite sur le plateau de «La déesse des mouches à feu» », sur La Fabrique culturelle (consulté le )
- ↑ Francois Grondin, « Cinemania 2024 | Palmarès », sur Le petit septième, (consulté le )
- ↑ « Je voudrais qu'on m'efface », sur Éditions Hurtubise (consulté le )
- ↑ Le livre chez Canada Reads, version anglophone du Combat des livres. Il sera défendu par l'acteur montréalais Yanic Truesdale, 2019.
- ↑ « Finalistes et lauréats | Gala Québec Cinéma », sur Le site officiel du Gala du cinéma québécois (consulté le )
Liens externes
modifier- Ressources relatives à l'audiovisuel :
- Ressource relative au spectacle :