André (cubiculaire)

André ou Andréas est un cubiculaire de l'Empire byzantin, l'un des plus hauts postes administratifs sous le règne de Constant II (641-668). Il est notamment actif à la fin du règne de celui-ci et sous celui de son fils, Constantin IV.

Biographie

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La mort de Constant II représentée dans le Hutchinson's story of the nations, ouvrage d'histoire britannique paru en 1915. L'assassin du nom d'André, a pu être associé au cubiculaire André, sans certitude.

André fait partie des principaux courtisans de Constantinople et paraît lié à Théodore de Colonée. Tous les deux, ils se distinguent en protestant contre Constant II quand celui-ci décide de partir en 661-662 pour l'Italie puis s'installe à Syracuse. Ils l'empêchent notamment de faire venir auprès de lui ses fils, en particulier le futur Constantin IV et peut-être même l'impératrice Fausta. En agissant ainsi, André et Théodore s'assurent de la présence de membres de la famille impériale à Constantinople, qui doit demeurer la capitale de l'Empire. Peu de temps après, Constant est tué à Syracuse.

Malgré tout, il reste attaché à la légitimité impériale et il est reconnu pour ses qualités martiales[1]. En 667, il est envoyé auprès du calife Muawiya Ier, peut-être par Constantin, alors que l'Empire fait face à la rébellion de Saborios, le général des Arméniaques. Il doit prévenir toute alliance entre le rebelle et le calife mais il échoue[2]. Il se serait d'ailleurs embrouillé avec l'émissaire de Saborios, du nom de Serge, qui l'insulte et lui rappelle sa situation d'eunuque. Sur le retour de Damas, il s'arrête à Arabissos. Il anticipe que Serge va suivre le même chemin que lui et donne l'ordre au kleisourarque (gouverneur) de l'arrêter quand il se présentera[1]. Il se rend ensuite à Mélitène où il informe Constantinople de l'échec de sa mission[1]. Toujours à Mélitène, il attend que Serge soit arrêté pour le faire venir, le castrer et l'exécuter. Selon Michel le Syrien et Bar Hebraeus, qui rajoutent qu'André refuse de se soumettre aux demandes du calife, expliquant l'échec de sa mission, il fait empaler Serge[3].

Peu après, alors que Saborios s'avance vers Constantinople avec l'aide des Arabes, il meurt d'une chute de cheval. Malgré cela, les Arabes s'emparent d'Amorium. Constantin ordonne alors à André de la reprendre en plein hiver. Selon Théophane le Confesseur, en pleine nuit et alors que la neige est en abondance, il parvient à franchir les remparts et à pénétrer dans la cité, tuant la garnison arabe, qui aurait été forte de 5 000 hommes[4].

Dans un essai d'interprétation des sources sur la mort de Constant II, Vivien Prigent émet l'hypothèse que l'assassin de l'empereur, nommé André, serait en fait le même personnage que le cubiculaire. Il aurait alors agi pour mettre fin aux projets de recentrage politique de Constant en Occident, alors même que l'Empire est confronté à la menace du califat en Anatolie. Par ailleurs, selon Vivien Prigent, cela expliquerait que rien n'est dit du devenir de l'assassin (ou du commanditaire de l'assassinat) de Constant II, dès lors que Constantin IV lui-même pourrait être impliqué. Il considère également que le lieu présumé de la mort de Constant II, dans les thermes de Daphné, implique que l'assassin a un accès privilégié aux espaces privés de l'empereur, ce qui est le cas du cubiculaire. Dans cette hypothèse, André serait également le fils d'un certain Troïlos[5].

Notes et références

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  1. 1 2 3 Stratos 1975, p. 238.
  2. Stratos 1975, p. 237-238.
  3. Kaegi 1981, p. 228.
  4. Stratos 1975, p. 239.
  5. Prigent 2010, p. 176-177.

Bibliographie

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  • (en) Walter Emil Kaegi, Byzantium Military Unrest, 471-843 : An Interpretation, Amsterdam, Adolf M. Hakkert,
  • (grk) Maria Leontsini, Κωνσταντίνος Δ'(668-686): Ο τελευταίος πρωτοβυζαντινός αυτοκράτορας [Constantin IV : le dernier empereur protobyzantin], ΕΚΠΑ, (lire en ligne)
  • Vivien Prigent, « La Sicile de Constant II: l'apport des sources sigillographiques », dans La Sicile, de Byzance à l'Islam, De Boccard, (ISBN 978-2701802756), p. 157-187
  • (en) Andreas Stratos, Byzantium in the Seventh Century, vol. III : 642-668, Adolf M. Hakkert, (ISBN 90-256-0748-9)
  • « Andreas A », Prosopography of the Byzantine Empire (consulté le )