André Level
André Level, né le à Paris 9e et mort le à Paris 17e[1], est un homme d'affaires et collectionneur français qui s'est illustré en constituant la première collection d'art moderne français en fonds collectifs. Il compte également parmi les premiers promoteurs des arts d'Afrique et d'Océanie à Paris dans la première moitié du XXe siècle.
| Naissance | |
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| Décès |
(à 83 ans) 17e arrondissement de Paris |
| Nom de naissance |
André Léon Philippe Level |
| Nationalité | |
| Activités | |
| Fratrie |
Jacques Level (d) |
| Parentèle |
Émile Level (oncle) Philippe Livry-Level (neveu) Brigitte Level (nièce) |
| Propriétaire de |
Galerie Percier (d) |
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Biographie
modifierIssu d'une famille d’industriels d'origine juive[Quoi ?], il est le neveu d'Émile Level et l'oncle de Philippe Livry-Level.
Après l'obtention de sa licence en droit, il rentre dans les affaires. Il devient ainsi secrétaire du conseil d'administration de la compagnie des Docks et Entrepôts de Marseille[2] et administrateur de la Société française de Transports et Entrepôts frigorifiques.
En 1902, il épouse Thérèse Franil Doué, à la mairie du XVIIe arrondissement de Paris[3].
Amateur d’art et collectionneur d'art moderne, il fréquente les galeries d'art moderne après sa rencontre avec les Bernheim en 1895[4].
Collectionneur et marchand d'art
modifierLa Peau de l'Ours
modifierLe , il crée, avec plusieurs proches et amis, un fonds commun d'investissement, « La Peau de l'Ours», dont il prend la tête. L'association compte André Level et ses frères, Émile, Jacques et Maurice, ainsi que Georges Ancey, Robert Ellissen, Maurice Ellissen, Jules Hunebelle, Félix Marchand, Frédéric Combemale, Jacques, Jean et Edmond Raynal, le baron de Curnieu[5]. Chaque associé s'engage à cotiser 250 francs par an, pendant dix ans. En misant sur des artistes encore peu connus, Level parvient à acheter des œuvres à des prix dérisoires : Paul Guillaume lui vendit pour 60 francs un portrait de Beatrice Hastings par Amedeo Modigliani[6]. À la tête de l'association « La peau de l'ours », il réunit une collection de 145 œuvres de jeunes artistes, Pablo Picasso, Henri Matisse, André Derain, Kees van Dongen, Raoul Dufy, Othon Friesz, Albert Marquet, Jean Metzinger, Georges Rouault, etc., et contribue à les faire connaître[4].
À l'issue des dix ans, la collection est vendue aux enchères, à l'hôtel Drouot le [7]. Parmi les 145 lots vendus, figure le tableau Famille de saltimbanques de Picasso (National Gallery of Art, Washington), acheté par le marchand Heinrich Thannhauser de Munich[8]. La vente, restée célèbre, est considérée comme l'un des premiers succès commerciaux de l'avant-garde artistique française.
Les arts d'Afrique et d'Océanie
modifierA partir des années 1910, André Level réunit une collection d'objets d'Afrique et d'Océanie, alors désignés sous le terme d' "art nègre"[4]. Parallèlement, il se consacre à leur étude avec le conservateur Henri Clouzot. Leurs principales publications communes, L'Art nègre et l'Art océanien (1919)[9], et Sculptures africaines et océaniennes (1923)[10], constituent l'une des premières histoires de ces arts en France[11].
Dans ce contexte, André Level promulgue largement l' exposition au public des pièces de sa collection. Il compte ainsi parmi les prêteurs les plus importants, après Paul Guillaume, à la "Première exposition d'art nègre et d'art océanien", qui se tient à la galerie Devambez du 10 au 31 mai 1919[12]. Il participe ensuite en 1922 en tant que prêteur et membre du comité d'organisation de l' "Exposition d'art indigène des colonies françaises et du Congo belge" qui se tient au musée des Arts décoratifs, à Paris.
A partir de 1922, il fonde la Galerie Percier à Paris, dont il est l'administrateur[13]. Tout en exposant la jeune peinture moderne, la galerie consacre plusieurs expositions aux arts d'Afrique et d'Océanie.
Sa collection personnelle est dispersée à l'hôtel Drouot le 1er février 1943[14].
Sources
modifierBibliographie
modifier- André Warnod, « La vente de la 'Peau de l'Ours' », Comœdia,
- Guy Habasque, « Quand on vendait la Peau de l'Ours », L'Œil, , p. 16-21
- (en) Malcom Gee, Dealers, critics and collectors of Modern Paintings : aspects of the Parisian art market betwwen 1910 and 1930, New York/Londres, Garland, (ISBN 0-8240-3931-9)
- Jean-Louis Paudrat, « Afrique », dans William Rubin, Primitivisme dans l’art du XXᵉ siècle. Affinité du tribal et du moderne, Paris, Flammarion, (ISBN 2-08-012091-3), p. 125-175
- Philippe Pelletier, « Océanie », dans William Rubin, Primitivisme dans l’art du XXᵉ siècle. Affinité du tribal et du moderne, Paris, Flammarion, (ISBN 2-08-012091-3), p. 99-123
- (en) Mickael C. FitzGerald, Making Modernism. Picasso and the creation of the market for twentieth-century art, New-York: Farrar, Straus and Giroux, (ISBN 0-374-10611-8)
- (en) David Cottington, Cubism and the Politics of Culture in France 1905-1914, New Haven, Yale university press, (ISBN 0-300-07529-4)
- (en) Jori Finkel, « The story of the original and greatest art fund », Art Market, no 259,
- (de) Rainer Stamm, « Das Syndikat vom Bärenfell », Frankfurter Allgemeine Zeitung, no 203, , p. 15
- (en) John Warne Monroe, « Inventing antiquity. Henri Clouzot, André Level, and the Universal History of Primitiv Art », dans John Warne Monroe, Metropolitan Fetish : African Sculpture and the Imperial French Invention of Primitive Art, N.Y./ London, Ithaca/Cornell University Press, (ISBN 978-1-5017-3635-3), p. 44- 83
- Annie Cohen-Solal, Un étranger nommé Picasso, Paris, Fayard, (ISBN 978-2-213-71144-7)
Notes et références
modifier- ↑ Acte de décès à Paris 17e, n° 1844, vue 4/31.
- ↑ Annuaire Desfossés-SEF : emprunts, banques, banquiers, établissements financiers de France et des colonies, administrateurs et directeurs généraux des sociétés anonymes, commissaires agréés, réglementation et législation des sociétés, Paris, Desfossés, Société d'éditions économiques et financières, (lire en ligne), p. 658
- ↑ Archives de Paris, état civil du IXe arrondissement, registre des naissances du 2 au 28 janvier 1863, cote V4E 988, acte de naissance d'André Léon Philippe Level, 22 janvier 1863.
- 1 2 3 André Level, Souvenirs d'un collectionneur, Paris, A. C. Mazo, , 82 p., p. 59-60
- ↑ Guy Habasque, "Quand on vendait la Peau de l'Ours", sur le site de l'association Les Centaures ; M. FitzGerald, Making Modernism, p. 15-16 et 270.
- ↑ A. Level, Souvenirs d'un collectionneur, p. 41.
- ↑ Henri Baudoin, Collection de la Peau de l'Ours, vente du 2 mars 1914, Paris, Hôtel Drouot (lire en ligne)Catalogue de vente
- ↑ National Gallery of Art, Famille de saltinbamques, Picasso (1905)
- ↑ André Level et Henri Clouzot, L'Art nègre et l'Art océanien, Paris, Devambez, (lire en ligne)
- ↑ André Level et Henri Clouzot, Sculptures africaines et océaniennes. Colonies françaises et Congo belge, Paris, Librairie de France, (lire en ligne)
- ↑ (en) John Warne Monroe, Metropolitan Fetish, N.Y./London, Ithaca/Cornell University Press, , p.44-83
- ↑ Paul Guillaume, Première exposition d'art nègre et d'art océanien, Paris, Galerie Devambez, 10 au 31 mai 1919 (lire en ligne)
- ↑ Paris, Archives nationales, Minutier central des notaires, étude XLVIII, MC/ET/XLVIII/1862, déclaration de souscription et statuts de la Galerie Percier, 1922.
- ↑ Alphonse Bellier, Art primitif. Collection de Monsieur A. L., vente du 1er février 1943, Paris, Hôtel Drouot, (lire en ligne)
Liens externes
modifier- Ressource relative aux beaux-arts :
- Ressource relative à la recherche :
- Site de l'association Les Centaures
- Frick Collection, Center for the History of Collecting