André d'Arbelles
Claude François André, dit André d'Arbelles, né le à Montluel et mort le au Mans, est un journaliste et haut fonctionnaire français.
| Préfet de la Sarthe | |
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| Préfet de la Mayenne | |
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Journaliste, historien, fonctionnaire |
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Biographie
modifierClaude François André nait le à Montluel, alors en Bresse[1],[2].
Frère de Claude André, évêque de Quimper, il fait ses études à Lyon et viant de bonne heure à Paris où il occupe la fonction de secrétaire du comte Stanislas de Clermont-Tonnerre.
Révolution française
modifierUn autre de ses frères, né également à Montluel, notaire à Lyon, ayant été compromis par des papiers, trouvés dans les appartements du roi, après la journée du 10 août 1792, est décrété d'arrestation par la Convention, le de la même année. Il échappe d'abord aux poursuites de ses ennemis ; mais ayant été pris, après le siège de Lyon, il est traduit devant la commission révolutionnaire établie dans cette ville, condamné à mort et exécuté en à l'âge de 41 ans.
André émigre en 1792 et n'ayant pas d'autres ressources, il entre comme simple cavalier dans l'armée des Princes, où il est connu sous le nom de M. de Montluel, fait la campagne de cette année 1792, puis dans le régiment autrichien des Dragons de Latour, avec lequel il fait plusieurs campagnes.
Revenu à Paris en 1798, il est employé à différents travaux littéraires et politiques par Talleyrand, ministre des Relations extérieures, et concourut à la rédaction du Messager du Soir, où il a pour collaborateur Isidore Langlois, et à celle de l'Argus, journal anglais qui s'imprime à Paris, auquel travaillent aussi Barrère et Goldsmitz, et dont le ministère fait les frais.
L'auteur des Mémoires d'un homme d'État[3] le désigne comme l'un des agents qui, avec MM. de Montrond et de Sainte-Foy, demandèrent aux envoyés d'Amérique, de la part de M. de Talleyrand, une somme d'argent pour faire réussir une négociation.
André travailla longtemps à la composition de différentes brochures de circonstance, qui furent publiées sans nom d'auteur, et même quelquefois sans nom d'imprimeur.
Premier Empire
modifierNommé historiographe du ministère des Relations extérieures vers 1808, il est chargé en cette qualité de publier divers écrits, dont le but est alors de soutenir la politique de Napoléon Ier. C'est vers la même époque qu'il change encore une fois son nom en celui d'Arbelles.
En 1814, il prend une grande part à la Restauration des Bourbons, et seconde pour cela, de tous ses moyens, Talleyrand, qui lui fait accorder la décoration de la Légion d'honneur, et le destine à de plus grandes faveurs lorsque le retour de Napoléon vient changer ses projets.
André d'Arbelles refuse de lui prêter serment et perd son emploi ; mais aussitôt après le second retour de Louis XVIII, il est nommé préfet de la Mayenne le puis en août maître des requêtes au Conseil d'État en service extraordinaire. C'est alors à ce moment qu'il prend ouvertement le titre de « marquis d'Arbelles » auquel il renonce un peu plus tard.
Après l'ordonnance royale du , si funeste au parti royaliste, André d'Arbelles est révoqué de sa préfecture en 1817 comme trop royaliste. Réintégré dans ses fonctions préfectorales en janvier 1823, il est alors appelé à la préfecture de la Sarthe. Il est créé baron héréditaire par lettres patentes du 3 août 1824.
C'est dans ces fonctions qu'il meurt au Mans le , par un accident dont Gaspard de Clermont-Tonnerre est involontairement la cause. Ce ministre se rendant au Mans pour y faire une inspection, le préfet s'empresse d'aller au-devant de lui ; mais dans le moment où il s'approche du cortège ministériel il est foulé aux pieds par un cheval échappé et meurt quelques heures après cet accident.
Distinctions
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Chevalier de la Légion d'honneur (1814),- Baron, par lettres patentes du .
Publications
modifierVoici les titres de ses publications, toutes anonymes :
- Précis des causes et des événemens qui ont amené le démembrement de la Pologne, formant l'introduction des Mémoires sur la révolution de Pologne, par le quartier-maitre général de Pirlton, trouves à Berlin, Paris, Imprimerie impériale, 1806, in-8° ;
- Réponse au Manifeste du roi de Prusse, Paris, , in-8°.
- On sait que ce manifeste avait été composé par Gentz ;
- Cet ouvrage, dirigé contre la Russie, fut retiré de la circulation à la nouvelle du traité de Tilsitt ;
- Que veut l'Autriche ?, Paris, Imprimerie impériale, 1809, in.8°.
- Il en fut de cet ouvrage, après la paix de Schönbrunn, ce qu'il avait été du précédent après la paix de Tilsitt ;
- Tableau historique et politique de la Cour de Rome, depuis l'origine de sa puissance temporelle jusqu'à nos jours ; Paris 1810, in-8°.
- L'auteur eut la faiblesse d'écrire cet ouvrage contradictoirement à ses propres principes, pour obéir aux ordres du gouvernement impérial qui le lui demandait. Cet ouvrage parut au moment où Napoléon s'emparait des États romains et faisait conduire le Pape prisonnier en France. C'était une justification de tous ces actes : elle aurait trouvé plus de lecteurs, si, à la même époque, n'eût paru l'essai historique de M. Daunou sur la Puissance temporelle des Papes ;
- Mémoire sur la conduite de la France et de l'Angleterre à l'égard des neutres ; Paris, imprimerie impériale, 1810, in-8°.
D'après de nouveaux renseignements, dit l'auteur du Dictionnaire des Anonymes, il parait que ces divers ouvrages ont été rédigés par M. Lesur ; mais des renseignements plus certains ne nous permettent pas de douter qu'André d'Arbelles en ait composé une grande partie.
Notes et références
modifier- ↑ Baptisé à la paroisse ND-des-Marais - Acte de baptême sur le site des archives de l'Ain.
- ↑ Albert Révérend, Titres, anoblissements et pairies de la Restauration, 1814-1830 : les familles titrées et anoblies au XIXe siècle. Tome 1, , 37 p. (lire en ligne)
- ↑ Tome VI, page 29.
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Alphonse de Beauchamp, Pierre François Félix Joseph Giraud, Joseph Fr. Michaud et Henri Louis de Coiffier de Moret, Biographie moderne : Ou Dictionnaire biographique, de tous les hommes morts et vivans qui ont marqué à la fin du XVIIIe siècle et au commencement de celui-ci, par leurs écrits, leur rang, leurs emplois, leurs talens, leurs malheurs, leurs vertus, leurs crimes, et où tous les faits qui les concernent sont rapportés de la manière la plus impartiale et la plus authentique, P.-J. Besson, , 2e éd. (lire en ligne) ;
- Alphonse de Beauchamp et Étienne Psaume, Biographie moderne, ou, Galerie historique, civile, militaire, politique, littéraire et judiciaire : Contenant les portraits politiques de Français de l'un et de l'autre sexe, morts ou vivans, qui se sont rendus plus ou moins célèbres, depuis le commencement de la révolution jusqu'à nos jours, par leurs talens, leurs emplois, leurs malheurs, leur courage, leurs vertus ou leurs crimes, vol. 1, A. Eymery, , 2e éd. (lire en ligne) ;
- Jean-Irénée Depéry, Biographie des hommes célèbres du département de l'Ain : Qui se sont distingués par leurs sciences, leurs talens, leurs actions, leurs vertus ou leurs vices, vol. 1 à 2, Bottier, (lire en ligne) ;
- François-Xavier Feller, Biographie universelle : Dictionnaire historique des hommes qui se sont fait un nom, vol. 1, J. Leroux, (lire en ligne) ;
- Albert Révérend, Titres, anoblissements et pairies de la Restauration, 1814-1830 : les familles titrées et anoblies au XIXe siècle. Tome 1, , 37 p. (lire en ligne) ;
- Gustave Chaix d'Est-Ange, Dictionnaire des familles françaises anciennes et notables. Tome 1, , 200 p. (lire en ligne) ;
- Dictionnaire de biographies française, Librairie Letouzey et Ané, 1936, tome II, p. 946.
- Les Préfets du 11 ventôse an VIII au 4 septembre 1870, Archives nationales, 1981.
