Ange Chiappe

politicien français

Ange Marie Chiappe, né le à Sartène (Corse), mort le à Paris, est un homme politique et un haut fonctionnaire de la Révolution française, du Consulat et du Premier Empire.

Ange Marie Chiappe
Fonctions
Député de la Corse

(3 ans, 1 mois et 9 jours)
Gouvernement Convention nationale
Député au Conseil des Cinq-Cents

(1 an, 7 mois et 5 jours)
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Sartène, France
Date de décès (à 65 ans)
Lieu de décès Ancien 12e arrondissement de Paris
Nationalité Drapeau de la France Française
Parti politique Centre
Profession Haut fonctionnaire
Distinctions Officier de la Légion d'honneur
députés de Corse

Entre 1792 et 1797, il est député de la Corse à la Convention nationale, où il vote la détention de Louis XVI, puis au Conseil des Cinq-Cents.

Famille

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Ange Chiappe est issu d'une influente famille corse de négociants originaires de Gênes. Son frère, Jean-François, juge avant la Révolution française, meurt procureur-général à la cour impériale d'Ajaccio.

Son fils, Jean-Jacques Chiappe, officier du génie, reçut en 1814 la légion d'honneur du Roi pour des anciens travaux faits à la direction du Génie. Pendant les Cent jours, il est fait officier d'ordonnance de Napoléon Ier le , puis chef de bataillon du génie et officier de la légion d'honneur.

Les débuts

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Contrôleur des actes à Sartène, il est élu suppléant par le tiers état de la Corse aux États généraux de 1789.

Porté colonel général à la tête d'un bataillon de gardes nationaux à la chute de l'Ancien Régime, il est élu au directoire du département.

Mandat à la Convention

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La monarchie constitutionnelle, mise en application par la constitution du 3 septembre 1791, prend fin à l'issue de la journée du 10 août 1792 : les bataillons de fédérés bretons et marseillais et les insurgés des faubourgs de Paris prennent le palais des Tuileries. Louis XVI est suspendu et incarcéré, avec sa famille, à la tour du Temple.

En septembre 1792, Ange Chiappe est élu député de la Corse, le deuxième sur six, à la Convention nationale[1].

Il siège sur les bancs de la Plaine mais affiche des proximités avec la Gironde. Lors du procès de Louis XVI, il vote la détention durant la guerre et la détention à la paix, et se prononce en faveur de l'appel au peuple et du sursis à l'exécution de la peine[2] :

Je ne consulte aucune loi dans cette affaire, parce que je ne puis pas être juge, applicateur de peine, lorsque je suis législateur ; mais comme homme d’État, représentant du peuple, je consulte la loi suprême, celle du salut et de l'intérêt de tous les Français mes frères ; ainsi, pour mesure de sûreté générale, je vote la détention de Louis pendant la guerre et sa déportation après.

Le 13 avril 1793, il vote en faveur de la mise en accusation de Jean-Paul Marat[3] :

J'ai suivi constamment Marat dans son journal, et je l'ai toujours reconnu comme l'auteur d'une feuille liberticide. Marat a prêché le meurtre, le pillage et l'anarchie la plus complète; mais il a fait plus que cela : Marat a appelé les poignards contre les représentants du peuple. [...] Quand je me demande la cause de l'anarchie et des malheurs que la France éprouve dans un temps où elle devrait être la plus heureuse et la plus tranquille des nations, je dis : c'est Marat et ses partisans ; [...] il y a lieu à accusation. [...]

Le 20 avril, il dénonce la pétition de trente-cinq sections parisiennes, qui réclame l’arrestation et l’exclusion de l’assemblée de vingt-deux députés girondins ayant « ouvertement violé la foi de leurs commettants »[4]. Le 28 mai, il vote en faveur du rétablissement de la Commission des Douze[5].

Le 15 germinal an III (4 avril 1795), Ange Chiappe est envoyé en mission auprès de l'armée des Alpes et d'Italie[6].

Mandat aux Cinq-Cents

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Sous le Directoire, Ange Chiappe est réélu député et siège au Conseil des Cinq-Cents.

Le 16 brumaire an IV (le 7 novembre 1795), il réclame la mise en liberté de Joseph Rovère (député du Vaucluse) et de Jean-Baptiste Saladin (député de la Somme) décrétés d'arrestation au terme de l'insurrection royaliste du 13 vendémiaire an IV (5 octobre 1795)[7].

Il est tiré au sort pour quitter le Conseil le 1er prairial an V (le 20 mai 1797)[8].

Du Consulat à la Restauration

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Sans avoir soutenu le coup d'État de Bonaparte, il est nommé par le Premier Consul, consul aux États-Unis, à Göteborg (Suède) et Carthagène (Espagne). Le , il est ensuite nommé sous-préfet à Alba, dans le nouveau département de la Stura.

À la première restauration en 1814, il quitte la vie publique et revient à Paris pour y habiter le restant de sa vie. Il était chevalier de l'ordre royal de l’Étoile polaire de Suède et de Norvège.

Notes et références

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  1. Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 52, Liste des députés par départements » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  2. Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 57, séance du 16 et du 17 janvier 1793 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  3. Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 62, séance du 13 avril 1793 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  4. Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 63, séance du 20 avril 1793 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  5. Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 65, séance du 28 mai 1793 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  6. Aulard, François-Alphonse (1849-1928), « Recueil des actes du Comité de salut public, avec la correspondance officielle des représentants en mission et le registre du conseil exécutif provisoire. Tome 21 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  7. Gazette nationale ou le Moniteur universel n°48, « Conseil des Cinq-Cents, séance du 16 brumaire (7 novembre) » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, 18 brumaire an 4 (9 novembre 1795) (consulté le )
  8. Gazette nationale ou le Moniteur universel n°167, « Conseil des Anciens et Conseil des Cinq-Cents, séance du 15 ventôse (5 mars) » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, 17 ventôse an 5 (7 mars 1797) (consulté le )

Voir aussi

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