Anne Bradstreet

première poète américaine à être publiée

Anne Bradstreet née Dudley (née le à Northampton, Angleterre et morte le à Andover, Massachusetts) est une écrivaine et poétesse américaine, la première dont les œuvres furent publiées. Elle est considérée comme la première femme écrivaine importante dans les colonies américaines et tient de ce fait une place particulière dans la littérature américaine.

Anne Bradstreet
Description de cette image, également commentée ci-après
Anne Bradstreet
Nom de naissance Anne Dudley
Naissance env.
Northampton, Angleterre
Décès
Andover, Massachusetts
Activité principale

Biographie

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Anne Bradstreet est la fille de Thomas Dudley (en) et Dorothy Yorke. Son père, qui fut l'un des leaders des soldats volontaires lors de la Réforme anglaise et du Règlement élisabéthain, est alors majordome du comte de Lincoln. Elle est élevée dans un milieu imprégné de culture et reçoit une très bonne éducation[1].

En 1628, à l'âge de seize ans, elle épouse Simon Bradstreet. En 1629, son père et son mari joignent un groupe dont l'objectif est de protéger les valeurs du Puritanisme et d'établir leur propre société sur une nouvelle terre.

Le couple émigre deux ans plus tard en Nouvelle-Angleterre, avec Thomas et Dorothy Dudley. Ils effectuent le voyage à bord de l'Arabella et la traversée de trois mois est difficile, beaucoup de voyageurs y perdent la vie[2]. Ils atteignent le sol américain le , à l'endroit qui est à présent Pionneer Village (Salem). Ils vont ensuite bouger dans plusieurs villes : Charlestown, Boston puis Cambridge.

Les colons luttent pour survivre. Le climat, le manque de nourriture et le confort spartiate rendent la vie d'Anne difficile. En 1632, Anne donne naissance à son premier enfant, Samuel. Malgré sa santé fragile, elle aura huit enfants.

Thomas Dudley et Simon Bradstreet jouent un rôle majeur dans la création de Harvard en 1636. Samuel et Simon, deux des fils d'Anne, seront diplômés du prestigieux établissement en 1653 et 1660. Les obligations politiques de son mari l'obligent à voyager entre les différentes colonies, laissant Anne seule.

Simon commence à prospérer, mais le un incendie détruit leur maison et toutes leurs possessions. Heureusement, grâce à son statut social dans la communauté, il retombe rapidement sur ses pieds. La santé d'Anne se dégrade et elle contracte la tuberculose. Elle perd sa fille Dorothy de la même maladie. Elle meurt à Andover le à l'âge de 60 ans.

On dit que sa bibliothèque rassemblait plus de 800 ouvrages. La majeure partie a été détruite dans l'incendie de sa maison. Cet évènement lui inspira le poème Upon the Burning of Our House July 10th, 1666 (A propos de l'incendie de notre maison le ).

Beaucoup des poèmes d'Anne Bradstreet sont basés sur l'observation du monde qui l'entoure, insistant sur des thèmes domestiques ou religieux. Elle pratique une poésie lyrique personnelle, ainsi qu’une poésie contemplative et religieuse, empreinte de l’esprit du mysticisme puritain[3]. Longtemps considérée comme ayant uniquement un intérêt purement historique, elle gagne la reconnaissance de la critique au cours du XXe siècle et est dès lors reconnue comme une écrivaine intéressante, dont les œuvres franchissaient le temps, notamment pour sa suite de poèmes religieux - les « Contemplations » - qui furent écrits pour sa famille et ne furent pas publiés jusqu'au milieu du XIXe siècle.

En 1641, Bradstreet écrit un poème en l'honneur du poète français protestant Guillaume du Bartas (In Honor of Du Bartas)[4], poète dont l’œuvre, traduite en anglais, était très en appréciée des lecteurs du XVIIe siècle. Ses contemporains évoquent par ailleurs également l’œuvre de ce poète comme source d'inspiration - voire de modèle - pour les poèmes qui composent le Quaternion de Bradstreet[4].

En 1647, le beau-frère d'Anne Bradstreet, John Woodbridge, rentre en Angleterre, emportant son manuscrit de poésie (vraisemblablement sans qu'elle le sache). C'est ainsi que la première œuvre d'Anne est publiée à Londres en 1650, sous le titre « The Tenth Muse Lately Sprung Up in America, by a Gentlewoman of those Parts »[3].

La plupart des poèmes de cette première édition sont longs et basés sur les conventions poétiques de l'époque, mais les deux derniers poèmes « Of the Vanity of All Worldly Creatures » et « David's Lamentation for Saul and Jonathan » sont plus personnels.

Ses poèmes postérieurs, toujours écrits pour sa famille, montrent son évolution spirituelle alors qu'elle parvient à accepter les règles du puritanisme. Elle écrit aussi des poèmes plus personnels, d'une incontestable beauté, exprimant ses sentiments lors de la naissance d'un enfant ou la mort d'un petit-fils.

Anne Bradstreet est également l'auteur d'un recueil en prose, les « Meditations », rassemblant de courts aphorismes.

En 1678, la première version révisée par elle-même des "Several Poems Compiled with Great Variety of Wit and Learning" est publiée de manière posthume en Amérique et comprend l'un de ses plus célèbres poèmes : "To My Dear and Loving Husband"[5].

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Liste de poèmes

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Études consacrées à sa vie et son œuvre

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Elizabeth Wade White, descendante des Puritains, soutient en 1953 sa thèse consacrée à Anne Bradstreet. Amorcées en 1937, ses recherches sur Anne Bradstreet ont d'abord été un prétexte qu'a utilisé Elizabeth Wade White pour se rendre en Angleterre, dans le Dorset, pour y rencontrer les écrivaines Valentine Ackland et Sylvia Townsend Warner, et pouvoir soutenir les Brigades Internationales. Cependant ces recherches furent d'une qualité suffisamment importantes[6] pour que White soit autorisée, en 1950, à s'inscrire en thèse à l'Université d'Oxford malgré l'absence de diplômes universitaires.

Dans l'une de ses analyses, White met en lumière la façon dont l'un des poèmes de Bradstreet, The prologue, est divisé en deux parties, une première dans laquelle Bradstreet déplore son infériorité par rapport aux écrivains de sexe masculin, puis une seconde où elle affirme le droit de la femme à s'exprimer[7].

Il existe de très nombreux articles consacrés à l’œuvre Anne Bradstreet publiés dans divers journaux académiques.

Notes et références

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  1. (en) « Anne Bradstreet » (consulté le )
  2. (en) « Anne Bradstreet » (version du sur archive.org)
  3. 1 2 (pl) « Bradstreet Anne » [archive du ], sur encyklopedia.pwn.pl (consulté le )
  4. 1 2 Ivy Schweitzer, « Anne Bradstreet Wrestles with the Renaissance », Early American Literature, vol. 23, no 3, , p. 291–312 (ISSN 0012-8163, lire en ligne, consulté le )
  5. (en) Ellis, J. H., The Works of Anne Bradstreet in Prose and Verse.,
  6. More Lasting than Brass, Peter Haring Judd (2004), p.  413.
  7. Harold Bloom, American Women Poets, 1650–1950, Infobase Publishing, 2002 [lire en ligne], p.  9

Bibliographie

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  • Charlotte Gordon, Mistress Bradstreet : The Untold Life of America's First Poet, Little, Brown and Company, , 352 p. (ISBN 978-0316169042).
  • Elizabeth Wade White, The life of Anne Bradstreet : The Tenth Muse, Oxford University Press, , 410 p..
  • Sarah C. E. Ross et Elizabeth Scott-Baumann, « “Corrected by the Author”: Women, Poetry, and Seventeenth-Century Print Publication », Huntington Library Quarterly, vol. 84, no 2, , p. 353–381 (ISSN 0018-7895, DOI 10.2307/27240392, lire en ligne)

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