L'annexion de Ryūkyū (琉球併合, Ryūkyū heigō?)[1], disposition de Ryūkyū (琉球処分, Ryūkyū shobun?), ou l'annexation d'Okinawa, est le processus politique des premières années de l'ère Meiji qui voit l'intégration de l'ancien royaume de Ryūkyū à l'empire du Japon en tant que préfecture d'Okinawa et son indépendance vis-à-vis du système tributaire de la Chine.

Dessin du journal satirique japonais, Marumaru chinbun (ja) représentant un « Colosse de Riukiu », portant une bouteille d'awamori (alcool de Ryūkyū), tiré depuis la Chine vers le Japon.

Ce processus débute avec la création du domaine de Ryūkyū en 1872 et culmine avec l'annexion et la dissolution définitive du royaume en 1879. Les répercussions diplomatiques immédiates et les négociations qui s'en sont suivies avec la Dynastie Qing chinoise, menées par Ulysses S. Grant, prennent fin à la fin de l'année suivante.

Les Okinawaïens deviennent ainsi Japonais et le département est représenté à la Diète à partir de 1919. En ce sens les autorités japonaises dénigrent l'altérité des Ryūkyū. Les langues ryūkyū sont interdites et l'assimilation de la population passe par un important réseau d'école pour l'enseignement massif du japonais : l'éducation représente alors la moitié du budget régional.

Toutefois, l’altérité reste de mise : l'économie d’Okinawa est dominée par l’agriculture exotique, aux mains de capitaux extérieurs. Cette situation conduira à une forte émigration vers la métropole ou les pays étrangers. Par ailleurs, les Okinawaïens sont victimes de discriminations par les métropolitains, prisonniers d’une image « barbare » issue de leur altérité vis-à-vis du Japon, à l'exemple du pavillon anthropologique de l'Exposition industrielle nationale d'Osaka en 1903.

Notes et références

modifier
  1. ↑ Iwao Seiichi, « Ryūkyū-han », dans Dictionnaire historique du Japon, vol. XVII (Lettres R (2) et S (1)), Kinokuniya, (lire en ligne), chap. 1, p. 61–62.