Annie Steiner

militante algérienne

Annie Steiner (en arabe : آني ستاينر), née Annie Virginie Blanche Fiorio, née le à Hadjout (anciennement Marengo durant l'Algérie française) et morte le , est une militante algérienne du FLN. Elle s'engage dans les centres sociaux et devient membre du « réseau bombes » de Yacef Saâdi. Arrêtée le , elle est condamnée en par le Tribunal des forces armées d'Alger à cinq ans de réclusion pour aide au FLN. Elle est alors incarcérée à la prison de Barberousse avant d'être libérée en 1961.

Annie Steiner
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 93 ans)
AlgerVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom dans la langue maternelle
آني ستاينر
Nom de naissance
Annie Virginie Blanche FiorioVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalités
Activités
Autres informations
Parti politique
Conflit
Personne liée
Lieu de détention

Biographie

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Enfance et formation

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Annie Fiorio est née en 1928, elle est algérienne d'origine française, fille de pieds-noirs[1].

Diplômée en 1949, elle travaille dans les Centres sociaux algériens, créés en sous l'impulsion de Germaine Tillion (figure de la résistance et ethnologue anticolonialiste entrée au Panthéon en 2015)[2] où leur mission est d'apporter une assistance médicale et d’alphabétiser la population.

En , elle épouse le Suisse Rudolf Steiner et aura avec lui deux filles : Édith et Ida. En 1954, elle a vingt-six ans. À l’époque, elle ne milite dans aucun parti politique ni association ; Elle raconte ainsi les raisons de son engagement : lors de la « Toussaint rouge », le à son domicile en présence de son mari et de deux amis, elle applaudit spontanément à la nouvelle. Elle veut s’engager tout de suite au Front de libération nationale (FLN)[3].

Peu après, elle entre en contact avec des militants du FLN. Elle explique : « Je ne militais dans aucun parti, et les Algériens, sans doute, trouvaient ma décision étonnante. Ils ont peut-être fait une enquête sur moi et ils m’ont acceptée peu après. Ils m’ont demandé : " Jusqu’où êtes-vous prête à travailler pour le FLN ? ". J’ai répondu : "Je m’engage totalement."» [4].

Annie Fiorio-Steiner devient ainsi agente de liaison du FLN, transportant des lettres et des couffins : « On ne m’a jamais demandé de poser de bombes. J’ai transporté des ouvrages sur la fabrication d’explosifs mais j’ai surtout transporté des lettres qui ont permis les accords entre le FLN et le PCA (Parti communiste algérien)». « J’ai pu faire beaucoup de choses car je n’étais pas fichée, mais non parce que j’étais meilleure que les autres »[5].

Elle est arrêtée en au travail et détenue à la prison de Barberousse, où sont incarcérés les militants du FLN avant leur procès. Là, elle rencontre ses « sœurs », des moudjahidates, qui l’accompagnent durant sa captivité[6].

Le , à l’aube, dans la cour de la prison de Barberousse où Annie Steiner est incarcérée, trois militants nationalistes sont guillotinés, Mohamed Ben Ziane Lakhnèche dit « Ali Chaflala », Ali Ben Khiar Ouennouri dit « P’tit Maroc » et Fernand Iveton, seul Européen exécuté pendant la guerre d'Algérie. Le soir même dans sa cellule, Annie Steiner compose le poème Ce matin ils ont osé, ils ont osé vous assassiner[7].

En , elle est condamnée à cinq ans de prison et est emprisonnée à Maison-Carrée où elle rejoint des prisonnières de droit commun.

Annie Fiorio-Steiner est ensuite envoyée en France, dans des prisons de Paris, Rennes et Pau[8],[9],. En 1961, elle est libérée et se rend en Suisse alémanique où résident son mari et ses deux petites filles.

Elle retourne en Algérie. À l’indépendance de l’Algérie, elle choisit la nationalité algérienne[10]et n’a plus jamais quitté son pays depuis. Son attachement aux principes du l’incite à se révolter encore vers la fin de sa vie. Peu de temps après, elle occupe un poste de directeur au secrétariat général du Gouvernement, poste qu’elle conserve plus de trente ans.

Après sa mort, elle est inhumée le , dans le carré chrétien du cimetière d'El-Alia à Alger[1],[11].

Décorations

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Références

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  1. 1 2 « Mort d'Annie Fiorio-Steiner: le choix de l’Algérie », sur TV5 Monde, (consulté le )
  2. Sylvie Braibant, « Germaine Tillion et Geneviève de Gaulle-Anthonioz, deux résistantes au Panthéon », sur TV5Monde, (consulté le )
  3. « ANNIE FIORIO-STEINER Les Femmes d’Alger »
  4. « Le futur EPJ Pyramide s’appellera Annie-Steiner »
  5. « Mort d'Annie Fiorio-Steiner: le choix de l’Algérie »
  6. « Annie Steiner, une histoire très algérienne »
  7. Le poème se termine ainsi : « En nos corps fortifiés / Que vivent votre idéal / Et vos sangs entremêlés / Pour que demain ils n'osent plus / Ils n'osent plus nous assassiner. » Publié en 1963 dans Espoir et parole, poèmes algériens recueillis par Denise Barrat avec des dessins de Abdallah Benanteur, Paris, Éditions Seghers. Le poème d’Annie Steiner est repris intégralement en 1986 dans Pour l’exemple, l’affaire Fernand Iveton de Jean-Luc Einaudi (Paris, Éditions L’Harmattan) et il est cité dans De nos frères blessés de Joseph Andras (Arles, Actes Sud) en 2016. Le documentaire de 2004 de Daniel Edinger, Fernand Iveton, guillotiné pour l’exemple, se termine sur une lecture du poème.
  8. « Annie Fiorio-Steiner »
  9. Luc Thiébaut, « Des militantes pour l’indépendance de l’Algérie incarcérées à Rennes », sur Champs de Justice
  10. « Qui est Annie Steiner ? », Setif.info (consulté le )
  11. « La Moudjahida Annie Steiner sera inhumé aujourd’hui à El Alia », El Watan, (consulté le )

Voir aussi

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