Antonina Vallentin

traductrice, écrivaine, historienne de l’art (1893-1957)

Antonina Vallentin est le nom de plume d'Antonina Silberstein, née le à Lviv et morte le à Paris, femme de lettres française et allemande originaire de Galicie.

Antonina Vallentin
Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
Activités
Conjoint
Julien Luchaire (à partir de )Voir et modifier les données sur Wikidata
Œuvres principales
El Greco (d), Pablo PicassoVoir et modifier les données sur Wikidata

Biographie

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Venue étudier à Berlin la philosophie et l'histoire de l'art, elle soutient une thèse sur un disciple de Léonard de Vinci[1]. Elle tient un salon très couru à Berlin au cours des années 1920. Polyglotte, elle parle outre le polonais et l'allemand, le russe, le français, l’italien et l’anglais. Elle a des relations amicales avec beaucoup d'intellectuels allemands, dont Thomas Mann, Stefan Zweig, Lion Feuchtwanger, et d’autres nationalités comme H. G. Wells ou Malraux.

Dès les années 1920, elle co-dirige la revue Nord und Süd, une des plus anciennes revues culturelles allemandes et pacifiste. Elle épouse alors Maxim Vallentin, un homme d'affaires allemand dont elle divorce un an plus tard, après avoir donné le jour à une fille. Antonina Vallentin devient secrétaire et conseiller du chancelier Gustav Stresemann, dont elle aurait été l'amie intime[2].

Elle épouse à Paris en 1929 le philologue universitaire et écrivain Julien Luchaire, qui l'appelle « Tosia », et obtient la nationalité française. Par ce mariage, elle devient la belle-mère du journaliste Jean Luchaire.

En 1933, elle soutient les artistes juifs persécutés. Amie d'Elsa, la seconde femme d'Albert Einstein, elle joue un rôle crucial dans le départ du couple Einstein d'Allemagne. L'appartement des Luchaire, villa des Ternes à Paris devient le refuge de la diaspora allemande "de toute religion et de tout parti" opposante au nazisme. En 1934, elle traduit de l'anglais Une Tentative d'autobiographie. Découvertes et conclusions d'un cerveau très ordinaire, publié chez Gallimard en 1936. Son étude sur Léonard de Vinci est publiée aux États-Unis, puis en France avec grand succès, après celle sur Heinrich Heine. En 1940, elle publie une brochure Les atrocités allemandes en Pologne où elle décrit les actes de cruautés, massacres de soldats, les camps de concentration et transferts de population meurtriers[3]. Elle est aussi l'autrice d'une biographie de Stresemann.

Seconde Guerre mondiale et épuration

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Ses livres sont interdits de publication par la Liste Otto. Protégée par son mari Julien, elle vit cachée, avec sa mère et fille, à Clermont-Ferrand. Après le suicide de Zweig, elle tente de se suicider en 1942, et entame une biographie de Goya. Sa fille Irène est arrêtée en 1944, mais rapidement libérée, sans doute grâce à l'intervention de Jean Luchaire.

À la Libération, Antonina Vallentin intègre avec son mari le Comité national des écrivains. Elle suit et commente différents procès d'Épuration.

Après-Guerre

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Elle est critique de la situation politique française, autant que de la place des anciens nazis en Allemagne, dans la banque et l'industrie[4]. Elle tente d'émigrer aux États-Unis, puis revient vivre auprès de Julien Luchaire, mais lassée de ses aventures extra-conjugales, elle divorce. Elle publie un Greco qui est primé par l'Académie française[5] puis Le drame d'Albert Einstein en 1954, qui problématise le dilemme moral et intime du scientifique face à la Seconde Guerre mondiale et à la bombe atomique. En 1955, elle écrit l'introduction au recueil Les Désastres de la guerre de Francisco de Goya, et enfin une biographie de Picasso en 1957. Elle meurt d'une crise cardiaque.

Bibliographie

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  • Die Purpurne Flut – Märchen und Grotesken, Verlag Reuss & Pollack, Berlin, (1925).
  • Stresemann, Flammarion, (1931).
  • Henri Heine, Paris, Gallimard, (1934).
  • Léonard de Vinci, Paris, Gallimard, (trad.française 1939)(1938)
  • Les Atrocités Allemandes en Pologne, éditions Denoel (1940)
  • Mirabeau avant la Révolution, Paris, Grasset,(1946)
  • Goya, Paris, Albin Michel,(1949)
  • H.G. Wells ou la conspiration au grand jour, Stock,(1950)
  • El Greco, Paris, Albin Michel, (1951)
  • Le Drame d’Albert Einstein, Paris, Plon, (1954)
  • Picasso (1957)

Traduction

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  • Herbert George Wells, Une tentative d'autobiographie, Gallimard, (1936).
  • Adrienne Thomas, Trois-quarts curiosité, Paris, Stock, Delamain et Boutelleau, (1936).
  1. ↑ in Laurent Broche "Une immense fosse commune". Une dénonciation de la réserve juive de Lublin au début de 1940, Diasporas. Histoire et sociétés Année 2006 9 pp. 169-179, à lire sur https://www.persee.fr/doc/diasp_1637-5823_2006_num_9_1_1078
  2. ↑ Laurent Broche,« Une étonnante virtuosité et perspicacité », Antonina Vallentin, Franges 2 dans la revue Hypothèses à lire en ligne - https://liej.hypotheses.org/revue/numero-2-ecrivaines-juives-de-langue-francaise/laurent-broche#_ftn1
  3. ↑ Éditions Denoel, 1940
  4. ↑ Antonina Vallentin, « Fascistes de tous les pays, unissez-vous », Les Temps Modernes, n° 73, novembre 1951, p. 940-950.
  5. ↑ Prix Eugène Carrière 1955 à lire sur https://www.academie-francaise.fr/antonina-vallentin