Antony Balch

réalisateur britannique

Antony Balch (1937-1980) est un réalisateur britannique de films expérimentaux, proche de la Beat Generation, et producteur-distributeur de films d'exploitation.

Antony Balch
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Biographie

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Né à Londres le 10 septembre 1937, Balch rencontre à Brighton, au tout début des années 1950 Béla Lugosi, dont il est l'idole. Très jeune, Balch se passionne pour le genre film d'horreur et d'épouvante.

En 1957, Balch est à Paris — où il va demeurer plusieurs années —, puis passant par Tanger, croise la route de William S. Burroughs qui le présente à Brion Gysin, et bientôt prend une chambre au « Beat Hotel », la pension de madame Rachou rue Gît-le-Cœur[1]. Jusqu'en 1965, Balch va filmer ce duo et réaliser au moins cinq courts métrages d'avant-garde, aidé par son compatriote Ian Sommerville, dont The Cut-Ups (1966)[2],[3]. Durant cette période, il gagne sa vie en travaillant comme sous-titreur de films anglo-saxons distribués en France. Des liens forts unissent Balch — qui ne cache en rien son homosexualité — et Burroughs, au point que celui-ci lui dédie son roman, Le Ticket qui explosa (1962). Balch est à Londres en 1963 pour organiser des séances de projection de films d'horreur ; c'est là qu'il parvient à faire projeter, avec l'aide de Kenneth Anger, Freaks, interdit au Royaume-Uni depuis plus de trente ans.

Désormais établi à Londres, Balch parvient à louer deux salles de cinéma, The Jacey sur Piccadilly Circus, et The Times sur Baker Street, dans lesquelles il programme des films rares, indépendants, et entre autres, issus de la contre-culture, marginaux, et souvent transgressifs : à l'affiche, on trouve par exemple Nudist Paradise (1959) de Charles Saunders, ou Onibaba (1964) de Kaneto Shindō. Il développe en parallèle une activité de distributeur de films, tels que Invocation of My Demon Brother (1969) d'Anger, The Gay Deceivers (1969) de Bruce Kessler[4], Paul Bowles in Morocco (1970) de Gary Conklin (en), The Corpse Grinders (1971) de Ted V. Mikels, et Supervixens (1975) de Russ Meyer. Par ailleurs, bientôt surnommé The Abominable Showman, il se spécialise dans la distribution de films érotiques étrangers, uniquement sur le territoire britannique, dont il acquiert les droits à Cannes ou Venise, des films sans vedettes ni réalisateurs connus, qui ne coûtaient presque rien. Balch y ajoutait ensuite sa touche personnelle, donnant aux films des titres anglais ironiques ou décalés qu'il accompagnait de campagnes publicitaires accrocheuses. Balch possède à cette époque un bureau à Golden Square, dans le quartier de Soho, et réside à Dalmeney Court, sur Duke Street[2] : parmi les autres occupants figurent Burroughs, Brion Gysin, Sommerville, ainsi que des célébrités de passage, comme Eric Burdon du groupe The Animals.

Entre 1967 et 1971, Burroughs et Balch poursuivent leur collaboration sur des projets cinématographiques. Burroughs écrit de nouveaux cartons pour le film muet La Sorcellerie à travers les âges (1922) de Benjamin Christensen, aussitôt programmé dans les salles de Balch. L'un des grands rêves de Balch aura été d'adapter Le Festin nu sous la forme d'une comédie musicale. En 1971, le projet est même annoncé dans la presse spécialisé, avec Mick Jagger dans le rôle principal — mais rien n'arriva sauf un dernier court métrage[1],[3],[5].

À la même époque, Balch rencontre le producteur Richard Gordon (1925-2011), spécialisé dans le film d'horreur. Leur première production commune, Secrets of Sex, sort en 1970, et, en dépit de son petit budget, tient l'affiche au The Jacey durant six mois. Encouragés par ce relatif succès, le duo se lance dans une nouvelle production, associant comme scénariste un ancien amant de Burroughs, Alan Watson[2], pour réaliser Horror Hospital, sorti en 1973, qui devient rapidement un film culte. Balch prend alors place sur un marché de niche, le film d'exploitation.

Cependant, par la suite, aucun autre projet ne voit le jour. En 1978, Balch est diagnostiqué d'un cancer de l'estomac. Il lutte durant deux ans contre la maladie et meurt le 6 avril 1980.

Filmographie

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Comme réalisateur :

Courts métrages

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  • Ghosts at Number 9 [Paris] (1960)[6]
  • Towers Open Fire (1962–1963)[6]
  • William Buys a Parrot (1963)[6]
  • The Cut-Ups (1966)[6]
  • Guerrilla Conditions (1970-1972 ?, inachevé)
  • Bill and Tony a.k.a. Who’s Who (1972)[6]

Longs métrages

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Notes et références

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  1. 1 2 (en) Rob Bridgett, « An Appraisal of the Films of William Burroughs, Brion Gysin, and Anthony Balch in terms of Recent Avant Garde Theory », in: Bright Lights Film Journal, février 2003.
  2. 1 2 3 (en) Matthew Levi Stevens,« The Lost Boy », Reality Studio, extraits de The Magical Universe of William S. Burroughs, automne 2014.
  3. 1 2 (en) Paul Gallagher « A Complete Disorientation of the Senses: William Burroughs’ and Antony Balch’s ‘Cut Ups’ », in: Dangerous Minds, 16 décembre 2010.
  4. (en) Parker Tyler « In Uniform », in: Screening the Sexes: Homosexuality in the Movies, New York, Holt, Rinehart & Winston, 1972, p. 264–267.
  5. (en) Regina Weinreich, « Naked Lunch: Behind the scenes », Entertainment Weekly's EW.com, (lire en ligne, consulté le ).
  6. 1 2 3 4 5 Balch, Thee Films 1950's - 1960's, base Discogs.
  7. Olivier Père, La Griffe de Frankenstein (Horror Hospital, 1973), juillet 2017, sur arte.tv.

Annexes

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Bibliographie

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  • Harold Chapman, The Beat Hotel, photographies [1956-1963], Montpellier, Gris banal, 1984.
  • (en) Jack Sargeant, Naked Lens: Beat Cinema, Londres, Creation Books, 1997.
  • Adrien Clerc, Guerilla Conditions : La folle épopée cinématographique d'Antony Balch avec William Burroughs, Richard Gordon et tous les autres, préf. de Norman J. Warren, The LedaTape Organisation, 2014, (ISBN 9780992302122).

Liens externes

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