Territoire chilien de l'Antarctique

revendication territoriale chilienne en Antarctique
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Le territoire chilien de l'Antarctique (espagnol : Antártica Chilena ou Territorio Chileno Antártico) est une région de l'Antarctique revendiquée par le Chili, située entre les 53° et 90° de longitude ouest. Il fait partie intégrante du pays, depuis 1940, en la considérant comme une province de la région XII.

Territoire chilien de l'Antarctique
Drapeau de Territoire chilien de l'Antarctique
Drapeau
Territoire chilien de l'Antarctique
Carte de la revendication chilienne en Antarctique
La revendication est suspendue par le traité sur l'Antarctique
Administration
Statut Commune de la région de Magallanes et de l'Antarctique chilien
Démographie
Population 138 hab. (2017[1])
Densité hab./km2
Géographie
Coordonnées 75° 00′ sud, 71° 30′ ouest
Superficie 1 236 000 km2
Limites 53° O à 90° O

Le Chili réclame les îles Shetland du Sud, la péninsule Antarctique et les îles environnantes, l'île Alexandre-Ier, l'île Charcot. Cependant depuis le traité sur l'Antarctique, les revendications territoriales sont gelées.

Le Chili est le pays le plus proche de l'Antarctique. Les îles Diego Ramirez sont à 780 kilomètres des îles Shetland du Sud.

Revendication

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Revendications territoriales chiliennes sur un monument à Punta Arenas.

Les limites du territoire réclamé par le Chili sont définies par le décret no 1747 de 1940 du ministère de l'Intérieur qui établit ceci : « Font partie de l'Antarctique chilienne ou territoire chilien Antarctique, toutes les terres, îles, îlots, récifs glaciers et plus connus ou pour être connus, ainsi que le domaine maritime correspondant, allant du 53° au 90° de longitudes ouest de Greenwich. » Les revendications chiliennes sur ce territoire se basent principalement sur des caractéristiques géographiques et historiques. Le professeur Julio Escudero définit les limites du territoire.

Histoire

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XIXe siècle

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Entre 1819 et 1821, les navires russes Vostok et Mirny, sous le commandement de l'Allemand Fabian Gottlieb von Bellingshausen au service de la Russie, sillonnent les mers antarctiques. En , selon des confirmations ultérieures, il aperçoit la terre ferme[2]. En 1821, ils aperçoivent une île qu'ils baptisent Île Alexandre-Ier (69° 53' S) en l’honneur du tsar de Russie de l'époque. La question de savoir qui, parmi Palmer, Bellingshausen ou le lieutenant britannique Edward Bransfield, qui accompagnait Smith durant l'été 1819-1820, est le premier à apercevoir le continent antarctique, reste controversée[3]

En 1823, l'Anglais James Weddell découvre la mer qui portera par la suite son nom, atteignant 74° 15' S et 34° 17' O[4].

En 1831, le libérateur chilien Bernardo O'Higgins adresse une lettre à la Marine royale britannique dans laquelle il décrit son pays : « Le Chili, ancien et nouveau, s'étend dans le Pacifique depuis la baie de Mejillones jusqu'à la Nouvelle Shetland du Sud, à 65° de latitude sud, et dans l'Atlantique depuis la péninsule de San José [...][5],[6]. »

En 1843, une expédition chilienne fonde le fort Bulnes, prenant possession du détroit de Magellan, quelques jours seulement avant l'arrivée de navires britanniques et français ayant le même objectif. Des années plus tard, en 1848, le Chili fonde la ville de Punta Arenas[7]. En 1856 est promulgué le traité d'amitié entre le Chili et l'Argentine qui reconnait les limites de l'uti possidetis juris, c'est-à-dire celles définies par les lois indiennes jusqu'en 1810[8].

Le développement de la colonie chilienne à Magellan, alors déjà implantée dans la ville de Punta Arenas, permet la création de sociétés de chasse et d’exploitation des baleines dans les mers antarctiques, lesquelles ont sollicité l’autorisation du gouvernement chilien[9].

Le président Jorge Montt promulgue, le , l'ordonnance sur la pêche no 1623, dont l'objectif est de lutter contre la chasse illégale des phoques, des lions de mer, des loutres et d'autres espèces ; il s'agit du premier texte visant à réglementer l'exploitation des ressources naturelles en Antarctique. À titre de contrôle indirect, des baux et des concessions sont accordés pour les îles situées au sud du cap Horn. Parmi les entrepreneurs qui en font la demande figurent : Pedro Pablo Benavides, Lujes Koenigswerther, José Pasinovich, Domingo Toro Herrera et Enrique Fabry. Le décret no 1642 interdit la chasse et la pêche pendant un an. Par la suite, le , avant même l'expiration de l’interdiction, le gouvernement, avec l’approbation du Conseil d’État, prolonge par le décret no 83, pour une durée de quatre ans, la chasse et la pêche aux phoques, aux lions de mer, aux loutres et aux chungungos dans cette zone[10].

En 1894, la préfecture de Punta Arenas se voit conférer la compétence pour l'exploitation des ressources marines au sud du 54e parallèle sud. En 1895 et 1896, la Marine chilienne lance des études sur le continent antarctique après avoir reçu des communications de capitaines de baleiniers et de navires marchands opérant dans les mers antarctiques. Otto Nordenskjöld fait part à la Société scientifique chilienne et à son président, Federico Puga Borne, de son projet de se rendre aux îles Shetland du Sud durant l'été 1896-1897 ; toutefois, ces projets ne se concrétisent pas[10].

XXe siècle

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Le , la Sociedad Ballenera de Magallanes, une société de réapprovisionnement de charbon, est construite sur Punta Arenas, grâce au décret no 1314 promulgué par le gouverneur de Magallanes[11]. L'endroit reçoit la visite de Jean-Baptiste Charcot en , et continue à être habité jusqu'en 1914[12]. Dès 1906, de nombreux décrets commencent à être promulgués, ainsi que par le Congrès national du Chili, afin de faire du milieu Antarctique une terre d'exploitation. Le ministre chilien des Affaires étrangères déclare, entre autres, le , que la délimitation du territoire sera le sujet d'enquêtes préliminaires[13]. L'Argentine conteste formellement, le , cette décision du Chili, et entame des négociations pour le partage des territoires de la zone Antarctique.

En 1914, le Britannique Ernest Shackleton entame une expédition dans le pôle Sud vers la mer de Weddell et la mer de Ross. Deux navires  l'Endurance et l'Aurora  s'y rendent, mais les conditions climatiques se détériorent rapidement, et le premier navire est détruit par un iceberg. Shackleton tente alors de chercher de l'aide dans plusieurs ports argentins, dans les îles Malouines et dans les Islas Georgias del Sur, afin d'aider les membres de son équipage échoués sur l'île de l'Éléphant. Il fait la rencontre, à Punta Arenas, du pilote Luis Pardo Villalón, qui, à bord du vapeur Yelcho, part les récupérer[14]. Le , ils sont accueillis comme des héros à l'arrivée de Punta Arenas. Le courage de Luis Pardo Villalón, qui a navigué à des températures inférieures à -30° et dans une mer recouverte d'icebergs, lui vaut une reconnaissance nationale et internationale[14].

Souveraineté et traité de l'Antarctique

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Carte des trois zones constituant le territoire chilien
En bleu : Chili continental
En rouge : Chili insulaire.
En vert : Chili Antarctique.

En 1961, le territoire fait partie des nombreuses revendications territoriales en Antarctique, non reconnues par la plupart des pays du globe. Particulièrement, les terres revendiquées par le Chili le sont aussi par l'Argentine, le Royaume-Uni ou le Japon (suivant les méridiens). Toutes ces revendications sont alors gelées par le traité sur l'Antarctique, jusqu'à maintenant[Quand ?].

Démographie

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Selon le recensement effectué en 2002 par l'Instituto Nacional de Estadística de Chile, l'Antarctique recouvre une superficie de 1 250 000 km2 et compte 130 habitants (115 hommes et quinze femmes), faisant de la commune une région rurale. La population décline de 11,5 % (quinze personnes) entre 2002 et 2012[15]. La commune se coupe en deux zones de recensement[16] : Piloto Pardo (pop. 114). et Tierra O'Higgins (pop. 16).

Administration

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Le territoire chilien de l'Antarctique correspond à la commune Antarctique, une des deux communes de la province de l'Antarctique chilien, dans la XII région de Magallanes et de l'Antarctique chilien. La commune La Antartica est fondée par le décret no 3773 du et dépend de la province de Magallanes (Punta Arenas) jusqu'en 1975. À cette date on fonde la province de l'Antarctique chilienne, dont le chef-lieu est Puerto Williams en Terre de Feu.

L'île du Roi-George est la zone la plus peuplée et est composée de la base du président Eduardo Frei Montalva (1980), qui possède une piste d'atterrissage et le centre météorologique président Eduardo Frei Montalva (1969), le hameau Las Estrellas avec les conforts d'une ville (hôtel, école, poste et banque). La base Profesor Julio Escudero est également sur l'île, c'est le principal centre de recherche du Chili.

Géographie et climat

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Le territoire chilien de l'Antarctique, ses eaux territoriales et les plateaux continentaux environnants.

Le territoire chilien de l'Antarctique a une superficie de 1 250 000 km2 (soit plus de 60 % du Chili en incluant ce territoire). Elle est recouverte dans sa quasi-intégralité de glaciers et de neiges (il peut y avoir une épaisseur de 1 200 mètres sur certains glaciers).

Le territoire est divisé en deux secteurs : celui de l'Antarctique occidental, et celui de la péninsule Antarctique, connue au Chili comme la terre de O'Higgins traversée par une cordillère en son milieu. Cette chaîne de montagnes culmine à 2 880 mètres. Le lieu le plus élevé du territoire revendiqué par le Chili se situe dans le secteur Sud-Ouest, le massif Vinson, culminant à 4 892 mètres.

Les précipitations du territoire sont relativement faibles et vont en diminuant en allant vers le pôle Sud. Les zones côtières comme celle du Nord de la péninsule Antarctique et l'île Shetland du Sud, possèdent un climat subpolaire ou de toundra, cela veut dire que la moyenne du mois le plus chaud dépasse les 0 °C. Le reste du territoire se trouve en climat polaire.

Il existe dix-huit bases permanentes dont cinq sont chiliennes. Dix-huit autres (dix chiliennes) sont ouvertes pendant les mois d'été austral (décembre à mars).

  • Baie Duse : Base Cañas Montalva (V, Chili) ;
  • Baie Hughes : Base Docteur Guillermo Mann (V, Chili), Base Juan Carlos (V, Espagne) ;
  • Baie du Paradis : Base Gabriel Gonzalez Videla (P, Chili).

Notes et références

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(es) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en espagnol intitulé « Territorio Chileno Antártico » (voir la liste des auteurs).
  1. (es) « Población total por sexo y área urbana-rural, según grupos de edad », Censo chileno de 2017, Instituto Nacional de Estadísticas, resultados definitivos, . (lire en ligne, consulté le ).
  2. (en) Rip Bulkeley, Bellingshausen and the Russian Antarctic Expedition, 1819–21, Palgrave Macmillan London, (ISBN 978-1-137-40217-2, DOI 10.1007/978-1-137-40217-2)
  3. (en) Véase un detallado estudio en Jones. A. G. E. (1982). Antactica observed: Who discovered de Antarctic continent?. Whitby: Caedmon of Whitby Press.
  4. (en) James Weddell, A Voyage Towards the South Pole, Performed in the Years 1822-1824: Containing an Examination of the Antarctic Sea ... and a Visit to Tierra Del Fuego with a Particular Account of the Inhabitants, Longman, Rees, Orme, Brown, and Green, .
  5. (es) Patricio Estellé Méndez, Epistolario de don Bernardo O'Higgins con autoridades y corresponsales ingleses, 1817-1831, (lire en ligne), p. 411.
  6. (es) Ernesto de la Cruz, Epistolario de D. Bernardo O’Higgins - tomo II, Santiago, Imprenta Universitaria, , 545 p..
  7. (es) « Fuerte Bulnes, el valor de la toma de posesión efectiva | Revista de Marina », Revista Marina, vol. 141, no 995, (lire en ligne).
  8. (es) Ezequiel González Madariaga, Nuestras relaciones con Argentina. Una historia deprimente. Del Tratado de paz, amistad, comercio y navegación de 1856 al Tratado de límites de 1881, Santiago de Chile, Andrés Bello, .
  9. (es) Nancy Nicholls Lopeandía, « La sociedad ballenera de magallanes: de cazadores de ballenas a "héroes" que marcaron la soberanía nacional, 1906-1916 », Historia (Santiago), vol. 43, no 1, , p. 41–78 (DOI 10.4067/S0717-71942010000100002, lire en ligne).
  10. 1 2 (es) Mancilla González, Pablo, « Antecedentes históricos sobre el Territorio Antártico Chileno conocidos hacia la década de 1950 », Universidad de Magallanes, (lire en ligne, consulté le ).
  11. (es) « La flota de la Sociedad Ballenera de Magallanes: Historias y operaciones en los mares australes (1905-1916) » (consulté le ).
  12. (es) Óscar Pinochet de la Barra, La Antártica Chilena, Santiago, Chili, Andrés Bello, , p. 173, 90-95.
  13. (es) Díez de Velasco, Manuel, Ricki Ostrov, Richard Ellmann y José Pérez Montero, Universidad de Oviedo, (ISBN 84-7468-132-4), p. 772.
  14. 1 2 « Le sauvetage des compagnons de Sir Ernest Shackleton », sur Persee, (consulté le ).
  15. (es) « Censo 2012 - Población total contabilizada, censada y estimada de moradores ausentes, por sexo e índice de masculinidad, según región, provincia, comuna y área urbana - rural. (población incluyendo estimación de moradores ausentes) », sur National Statistics Institute (consulté le ).
  16. (en) « Territorial division of Chile » [PDF] (consulté le ).

Annexes

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