Anšlavs Eglītis

écrivain letton

Anšlavs Eglītis né le à Riga – mort le à Los Angeles en Californie est un écrivain letton plus tard naturalisé américain[1],[2]. Il se définissait lui-même comme romancier bien qu'ayant écrit quelques nouvelles et pièces de théâtre. Il a également travaillé comme journaliste et était un peintre amateur[3],[4].

Anšlavs Eglītis
Description de cette image, également commentée ci-après
Anšlavs Eglītis dans les années 1920. Auteur inconnu.
Naissance
Riga
Décès (à 86 ans)
Los Angeles,
États-Unis
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture letton, anglais
Genres
nouvelle, roman

Œuvres principales

Homo Novus (1944)
Vai te var dabūt alu? (1961)
Pansija pilī (1962)
Piecas dienas (1976)

Biographie

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Monument d'Anslavs Eglitis à Inciems.

Anšlavs Eglītis est le fils de l'écrivain Viktors Eglītis et de sa femme Marija Eglīte (née Stalbova), enseignante et traductrice[5]. Il a un frère, de sept ans son cadet, Vidvuds (1913-2003)[6]. Lors de la Première Guerre mondiale, la famille s'exile en Russie pour ne rentrer en Lettonie qu'en 1918. Après cet exil sa mère souffre d'une maladie pulmonaire (probablement une tuberculose). Ils s'installent d'abord à Alūksne, puis, en 1919, déménagent à Riga où Anšlavs est scolarisé au gymnase no 2. Avec ses parents, il passe les vacances d'été dans une petite maison de campagne à Inciems. Il prend aussi les cours de peinture dans l'atelier de Valdemārs Tone qui sera le prototype de son personnage grotesque dans la nouvelle Maestro dans le recueil du même nom. En 1925, Anšlavs contracte la tuberculose et part pour le sanatorium de Leysin en Suisse. Pendant ce temps, à la maison, sa mère s'éteint. Un an plus tard, le journal Brīvā Zeme publie la première poésie de jeune homme Lords.

En 1935, Eglītis est diplômé de l'Académie des beaux-arts de Lettonie et commence à travailler comme professeur de dessin. En 1936, sort son recueil de nouvelles Maestro. Il devient journaliste pour la revue Jaunākās Ziņas (1938) et le journal Atpūta (1940-1941) tout en poursuivant son travail littéraire.

En 1944, lorsque l'occupation des pays baltes par l'URSS devient imminente, il fuit en Allemagne, puis, après les bombardements de Berlin, en Suisse. Son père, Viktors Eglītis, mourra dans une prison soviétique en 1945 et sera enterré dans une tombe anonyme[7],[3]. Il gagne les États-Unis en 1950, et s'installe définitivement en Californie où il poursuit sa carrière littéraire. Il se fait connaître également comme critique de cinéma et critique dramatique pour la revue Laiks[2]. Eglitis fut l'un des rares exilés lettons à pouvoir vivre aux États-Unis en tant qu'écrivain professionnel. Il collabore avec la plus importante maison d'édition lettone en exil, Grāmatu Draugs, basée à Brooklyn, dans l'État de New York. Généralement, chacun de ses nouveaux romans était publié en feuilleton dans Laiks, puis édité en volume en letton. Cette pratique impliquait de prendre en compte les besoins et les convictions de son lectorat restreint, la diaspora lettone. Les émigrants lettons de première génération appréciaient ses romans sur la vie quotidienne des exilés mettant en lumière les aspects à la fois étranges et drôles des communautés lettones dispersées à travers l'Amérique du Nord. Ils souhaitaient lire des œuvres qui renforceraient leur identité nationale, créeraient un sentiment d'appartenance et confirmeraient la valeur sentimentale de leurs souvenirs de la Lettonie, un lieu où tout était dans l'ordre le plus parfait. Jusqu’à un certain point, Eglitis s'est retrouvé obligé à produire les écrits qu'on attendait de lui, à se conformer à l'image de l'homme de lettres traditionnel en rupture avec le cosmopolitisme et l'expérimentation. Il s'en rendait bien compte ce que prouve sa correspondance mise à jour après son décès[8].

Plusieurs de ses romans évoquent la guerre et l'occupation soviétique. C'est pourquoi la plupart d'entre eux sont blacklistés par les Soviétiques, notamment Les Chanceux, Cinq jours, Vendez-vous de la bière ici ? et Je n'étais pas un héros[7]. En 1957, le magazine soviétique letton Zvaigzne commence à publier en feuilleton son roman Neierasta Amerika, mais il est immédiatement qualifié d'« importation de nationalisme bourgeois » et sa publication est rapidement interrompue.

L'écrivain décède le des suites d'un cancer. Son corps fut incinéré[3]. Vidvuds Eglītis, qui a fait les études juridiques, mais sous occupation soviétique travaillait comme enseignant dans le milieu pénitentiaire, a réussi à cacher et à conserver les archives de la famille, les journaux intimes de son frère Anšlavs, ses peintures et celles de la deuxième femme de leur père Hilda Vīka, la correspondance et les photos de Jēkabs Kazaks, Valdemārs Tone, Romans Suta, Rūdolfs Blaumanis et d'autres précieux documents[6].

En 2018, la réalisatrice Anna Viduleja porte à l'écran le roman Homo novus d'Anšlavs Eglītis, dans le film du même nom[9].

Adaptations cinématographiques

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Vie privée

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Eglītis est marié à l'artiste peintre Veronika Janelsiņa qui a illustré la plupart de ses livres[11]. Leur dernier lieu de résidence fut au 1298 Monument St., Pacific Palisades, CA 90272.

Hommages

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  • En 2006, la poste lettonne émet un timbre à l'effigie d'Anšlavs Eglītis[2]
  • Au mois de , on inaugure son monument au parc d'Inciems (sculpteur Gaida Grundberga)[12].

Bibliographie

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  • Maestro (1936)
  • Līgavu mednieki (1939)
  • Nestundas (1940)
  • Ģīmetne (1943)
  • Valdemārs Tone (1944)
  • Homo novus (1944)
  • Kazanovas mētelis (1946)
  • Sīksta dzīvība (1950)
  • Laimīgie (1952)
  • Švābu kapričo (1952)
  • Karuselis (1956)
  • Misters Sorrijs (1956)
  • Omartija kundze (1958)
  • Sveiciens Ofija kundzei (1958)
  • Ilze (1959)
  • Malahīta dievs (1961)
  • Vai te var dabūt alu? (1961)
  • Divi kāpieni (1961)
  • Pansija pilī (1962)
  • Pēdējais radījums (1963)
  • Trešais zvans (1965)
  • Nav tak dzimtene (1966, Vol. I de la trilogie)
  • Tiesa nāk (1967)
  • Pēdējais mohikānis (1969)
  • Cilvēks mežā (1970, Vol. II de la trilogie)
  • Es nepievienojos (1971)
  • Lielais mēmais (1972)
  • Piecas dienas (1976)
  • Kas izpostīja latvisko stūrīti? (1977)
  • Cilvēks no mēness (1979)
  • Vai zini zemi citronas kur zied? (1980, Vol. III de la trilogie)
  • Es nebiju varonis (1984)
  • Ciemiņš no dzimtenes (1992)
  • Adžurdžonga
  • Bezkaunīgie veči (1968)
  • Čingishana gals (1949)
  • Teoduls Supersakso
  • Ekrāns un skatuve

Poésie

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  • Vientulis un dzīrotājs (1938)

Dramaturgie

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  • Kosmo konfirmācija (1943)
  • Par purna tiesu (1943)
  • Galma gleznotājs (1946)
  • Kazanovas mētelis (1947)
  • Sandra (1953)
  • Lūdzu ienāciet Vol I et II (1974)

Notes et références

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  1. Aldis Purs et Andrejs Plakans, Historical Dictionary of Latvia, Lanham, Rowman & Littlefield Publishers, (ISBN 9781538102213, lire en ligne), p. 102
  2. 1 2 3 (en)Elliott Robert Barkan, Immigrants in American History: Arrival, Adaptation, and Integration, ABC-CLIO, (ISBN 9781598842203, lire en ligne), p. 80
  3. 1 2 3 (lv) « Anšlavs Eglītis. », sur nekropole.info (consulté le )
  4. (lv) Anita Mellupe, « Anšlava Eglīša takas Rīgas bruģī », Latvietis, (lire en ligne)
  5. (lv) Jaunā Gaita nr. 243, Aina Siksna, « Maestro Anšlavs Eglītis par sevi. », sur zagarins.net, (consulté le )
  6. 1 2 (lv) Zigmunds Skujiņš, « Anšlava Brālis. Brālis . », sur Diena, (consulté le )
  7. 1 2 (en) Rita Laima, Skylarks and Rebels : A Memoir about the Soviet Russian Occupation of Latvia, Life in a Totalitarian State, and Freedom, Columbia University Press, , 502 p. (ISBN 9783838268545, lire en ligne)
  8. (en) Jean Amato, Kyunghee Pyun, Multidisciplinary Representations of Home and Homeland in Diaspora : 'Shameless Old Men'. Home, Domesticity, Queerness, and the Latvian American Writer Anšlavs Eglītis, Taylor & Francis, 296 p. (ISBN 9781040255674, lire en ligne)
  9. (lv) « Filmas Homo Novus aizkadra video: Anšlava Eglīša ceļš no Inciema līdz Holivudai », Diena, (lire en ligne)
  10. (lv) « Dikti gribas redzēt vēl. Daudzsēriju filmas Pansija pilī recenzija », Diena, (lire en ligne)
  11. (lv) Jaunā Gaita nr. 136, Edīte Zuzena, « Maestro Anšlavs Eglītis un viņa romāni. », sur zagarins.net, (consulté le )
  12. (lv) Dienvidkalifornijas latviešu informācijas biļetens. Anita Mellupe, « Pansija pilī ziemā. », sur biletens.com, (consulté le )

Liens externes

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