Apollon Lycée

forme cultuelle du dieu grec Apollon associé à la protection du territoire, à la maîtrise des fléaux et à l’éloignement des forces sauvages ; dans l'histoire de l'art, type statuaire antique
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Apollon Lycée[1],[2],[3],[4],[note 1] (du grec ancien Λύκειος Ἀπόλλων / Lýkeios Apóllōn ; en latin : Apollo Lyceus), également appelé Apollon Lycéen[5] ou Apollon Lycien[6], est une forme cultuelle du dieu grec Apollon attestée dans plusieurs régions du monde grec antique. Le culte d’Apollon Lycée est associé à la protection du territoire, à la maîtrise des fléaux et à l’éloignement des forces sauvages. Le nom a également été donné, dans l’histoire de l’art, à un type statuaire antique.

Copie romaine du IIe siècle de l'Apollon Lycée ou Apollon Lycien de Praxitèle (musée du Louvre).

Étymologie

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L’interprétation de l’épiclèse Λύκειος (Lýkeios) est discutée. Une première explication rattache le terme au grec λύκος (lýkos), « loup ». Des auteurs modernes ont ainsi traduit l’épithète par « tueur de loups »[6],[2],[7]. Une autre hypothèse rapproche Λύκειος Lýkeios de λύκη (lýkē), terme poétique désignant la lumière de l’aube. L’épithète renverrait alors au caractère lumineux d’Apollon[7]. Le Lycée d’Athènes reçut son nom du voisinage du temple d’Apollon Lycée[5].

Sicyone

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Selon Pausanias le Périégète, un sanctuaire d’Apollon Lycée se trouvait à Sicyone :

« À Sicyone, où, dans le portique du sanctuaire d’Apollon Carnéios, était abrité un os de baleine énorme, Pausanias relate l’aition du sanctuaire local d’Apollon Lycée. Le lieu, infesté jadis par les loups, fut sauvé par l’intervention d’Apollon, qui indiqua aux habitants un endroit où se trouvait un morceau de bois sec : il enjoignit par son oracle d’appâter les fauves en mélangeant avec de la viande crue l’écorce (φλοϊός) de ce bois : les bêtes en moururent.[3] »

Mégare et les colonies du Pont-Euxin

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Selon l’historienne Claudia Antonetti, plusieurs indices témoignent de la diffusion du culte à Mégare et dans les colonies mégariennes du Pont-Euxin :

« À Mégare, Apollon Lycée est mentionné par une inscription du VIe. et le mois Lykeios assure de la présence des fêtes Lykeia à Byzance, Callatis et Chersonèse[4]. »

Fonctions religieuses

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Dans ses Héroïques, Philostrate de Lemnos évoque la fonction protectrice du culte d’Apollon Lycée face aux loups et à la peste. Comme l’indique Pieter van Limburg Brouwer,

« c’est Philostrate qui, dans ses Heroïca, raconte que Palamède, ayant déclaré que des loups qu’on avoit aperçus étoient un présage de la peste, envoyé par Apollon, conseilla de prier Apollon Lycée (λύκειος et φύξιος) de chasser les loups, la peste pouvant être évitée plus facilement par les précautions et les remèdes ordinaires.[1] »

Iconographie

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Le nom d’Apollon Lycée a également été donné à un type statuaire antique traditionnellement attribué à Praxitèle. Le dieu y est représenté dans une posture détendue, appuyé sur un support, le bras droit reposant au-dessus de la tête. L’original grec est perdu, mais plusieurs copies romaines sont conservées. Cette identification est liée à une tradition antique associant une statue d’Apollon du Lycée d’Athènes à cette posture.

Références

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  1. 1 2 van Limburg Brouwer 1841, p. 270.
  2. 1 2 Franck 1875, p. 986.
  3. 1 2 Antonetti 1996, p. 70.
  4. 1 2 Antonetti 1997, p. 22-23.
  5. 1 2 Wauwermans 1892, p. 303.
  6. 1 2 Larousse 1866, p. 860.
  7. 1 2 (grc + fr) Gérard Gréco, André Charbonnet, Mark De Wilde, Bernard Maréchal et al., Dictionnaire grec-français d'Anatole Bailly, , 4e éd. (1re éd. 1894) (lire en ligne)
  1. Le mot lycée est ici un adjectif épicène (comme élysée dans champs Élysées).

Bibliographie

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  • Claudia Antonetti, Dialogues d’histoire ancienne, vol. 22/1, (lire en ligne), « Phalanthos entre Corinthe et Sicyone »
  • Claudia Antonetti, Religions du Pont-Euxin : actes du viiie Symposium de Vani, (lire en ligne), « Le culte d’Apollon entre Mégare et ses colonies du Pont »
  • Adolphe Franck, Dictionnaire des sciences philosophiques, (lire en ligne)
  • Pierre Larousse, Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle, (lire en ligne)
  • P. van Limburg Brouwer, Histoire de la civilisation morale et religieuse des Grecs, depuis le retour des Héraclides jusqu’à la domination des Romains, (lire en ligne)
  • Lieutenant-Général Wauwermans, Bulletin de la Société royale de géographie d’Anvers, vol. 17, (lire en ligne), « Essai de l’histoire de l’École cartographique anversoise au XVIe siècle »