Aquae Calidae
Aquae Calidae était une colonie romaine de la province romaine de Maurétanie Césarienne. La ville romaine a été identifiée avec les ruines situées à Hammam Righa, dans la wilaya d'Aïn Defla, en Algérie[1]. Ces ruines sont situées près de la ville ferroviaire de Boumedfaa[2], et se trouvent à proximité de la rivière Oued Djer dans la wilaya de Blida[3].
| Aquae Calidae | ||
| Localisation | ||
|---|---|---|
| Pays | ||
| Région | Hammam Righa | |
| Wilaya | Aïn Defla | |
| Coordonnées | 36° 22′ 46″ nord, 2° 23′ 44″ est | |
| Histoire | ||
| Époque | Afrique romaine | |
| Géolocalisation sur la carte : Algérie
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Étymologie et toponymie
modifierDans l’Afrique antique, le pluriel latin aquae (« les eaux ») était couramment utilisé pour désigner les stations thermales, un usage que la toponymie arabe a largement repris par le terme hammam. Toutefois, contrairement aux régions de langue latine, aquae a laissé très peu de traces directes dans la toponymie maghrébine. Le singulier aqua apparaît plus rarement, pour nommer des sources importantes, parfois dotées de vertus curatives ou présentant un caractère exceptionnel en milieu aride. Dans certains cas, la toponymie actuelle conserve néanmoins le souvenir du nom antique, comme à Kafrida, issu de Aqua frigida dans les Babors. La ville Hammam Righa, situé en Maurétanie Césarienne, illustre de manière exemplaire cette continuité toponymique et fonctionnelle entre l’Antiquité et la période arabe. Le site correspond à l’ancienne station thermale romaine Aquae Calidae, dont le nom latin désignait explicitement des sources chaudes aux propriétés thérapeutiques. Avec l’arabisation, le terme hammam s’est substitué à aquae, sans rupture dans l’usage thermal du lieu, faisant de Hammam Righa l’un des exemples les plus nets de remplacement linguistique accompagné d’une permanence fonctionnelle jusqu’à l’époque contemporaine[4],[5],[6].
Histoire
modifierLa ville antique Aquae Calidae est une colonie romaine fondée par Auguste en 44 av. J.-C. Elle s’élevait au sommet d’un plateau s’inclinant vers le sud, en direction du site des anciens thermes de la même localité[7], et prospéra de 30 av. J.-C. jusqu’à environ 690 apr. J.-C., traversant la période de l’Empire romain, celle du Royaume vandale, puis l’Antiquité tardive.
L'empereur Auguste y établit une colonie pour ses vétérans, et la ville commença rapidement à prendre de l'importance. Auguste fonda également, sur l'actuel littoral de l'Algérie, les colonies romaines suivantes : Igilgili, Saldae, Tubusuptu, Rusazu, Rusguniae, Zuccabar et Gunugus. Toutes ces colonies étaient reliées à Aquae Calidae par des liens militaires et commerciaux solides[8].
L'importance d'Aquae Calidae – comme son nom l'indique – provenait de ses eaux chaudes (atteignant près de 50 °C) qui alimentaient les célèbres thermes romains locaux. Les thermes de Hammam Righa ont été découverts en 44 av. J.-C.[9],[10], et correspondent aux Aquae Calidae citées dans l’Itinéraire d'Antonin[11].
Pendant les siècles de domination romaine, Aquae Calidae était une petite mais prospère cité, dotée d'un forum, d'un théâtre, de thermes, d'une bibliothèque et d'aqueducs. Cependant, presque tout a disparu. Seule une nécropole près des remparts a révélé de nombreuses preuves du passé chrétien de la ville. Sous le règne de Septime Sévère, la population de la cité a probablement atteint 5 000 habitants.
Occupée par les Vandales au Ve siècle et partiellement endommagée, la ville fut reconquise par les Byzantins, réintégrant ainsi la Romanitas, et retrouva de l'importance au VIe siècle.
Cependant, après sa conquête par les Arabes vers 700, Aquae Calidae déclina progressivement et disparut presque entièrement au cours des deux siècles suivants.
Cité identique
modifierCarpis (en grec : Κάρπις)[12] ou Carpi[13], une ville de Zeugitane, située sur le golfe de Carthage, au nord-est de Maxula, est mentionnée par Claude Ptolémée et Pline l'Ancien. Elle était probablement identique à Aquae Calidae[1].
Références
modifier- 1 2 Smith, William, ed. (1854). "Carpis. 1". Dictionary of Greek and Roman Geography. London: John Murray.
- ↑ Barrington Atlas of the Greek and Roman World p. 30 D4 Aquae Calidae.
- ↑ Aquae Calidae (Hammam Righa).
- ↑ E.B., « Aquae », Encyclopédie berbère, no 6, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « AQUAE CALIDAE » (consulté le )
- ↑ Sami Boufassa, « Architecture des établissements thermaux en Algérie durant le XIXe siècle », Diacronie, nos 33, 1, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ (ar) « تصنيف أربعة مواقع تاريخية بعين الدفلى » [« Classement de quatre sites historiques à Aïn Defla »], sur Djazairess, (consulté le )
- ↑ (ar) Nadjat Zerouk, « إستراتيجية شق الطرق الرومانية في مقاطعتي نوميديا و موريطاتيا القيصرية من بداية العهد الإمبراطوري إلى نهاية حكم الأسرة السيفيرية (27 ق.م - 235 م » [« Stratégie de construction des routes romaines dans les provinces de Numidie et de Maurétanie césarienne, du début de l’époque impériale à la fin du règne de la dynastie sévérienne (27 av. J.-C. – 235 apr. J.-C.) »] (consulté le )
- ↑ (ar) « مركب حمام ريغة بعين الدفلى، استجمام وعلاج » [« Complexe thermal de Hammam Righa à Aïn Defla, bien-être et soins »] (consulté le )
- ↑ « Hammam Righa :Entre soins et remise en forme », sur Elmoudjahid, (consulté le )
- ↑ « Hammam Righa », sur Babzman, (consulté le )
- ↑ Ptol. 4.3.7.
- ↑ Plin. Nat. 5.3. s. 4.
Voir aussi
modifierArticles connexes
modifierBibliographie
modifier- Charles Normand, Une Ville antique inédite, "Aquae Calidae Colonia" ou Hammam R'Hira (province d'Alger), Paris, Aux bureaux de "l'Ami des monuments et des arts", (lire en ligne)