Arbre corail

espèce de plantes

Jatropha multifida, communément appelée l'arbre corail, le médicinier d'Espagne ou le noisetier purgatif, est une espèce d'arbustes ou de petits arbres de la famille des Euphorbiaceae. Elle est originaire du Mexique et des Caraïbes, mais a été introduite dans de nombreuses régions tropicales, notamment en Afrique, en Asie et dans le Pacifique[1].

Jatropha multifida
Description de cette image, également commentée ci-après
Inflorescence de Jatropha multifida.
Classification APG III (2009)
Règne Plantae
Clade Angiospermes
Clade Dicotylédones vraies
Clade Rosidées
Clade Fabidées
Ordre Malpighiales
Famille Euphorbiaceae
Genre Jatropha

Espèce

Jatropha multifida
L., 1753

Synonymes

  • Adenoropium multifidum (L.) Pohl
  • Manihot multifida (L.) Crantz
  • Jatropha janipha Blanco

L'espèce est principalement cultivée comme plante ornementale pour son feuillage profondément découpé et ses inflorescences rouge corail. Son latex est employé dans différentes médecines traditionnelles, notamment pour le traitement externe des plaies. Les fruits, les graines et l'huile qui en est extraite peuvent toutefois provoquer des intoxications, principalement caractérisées par des troubles digestifs[2].

Dénominations

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Les noms français « arbre corail », « médicinier d'Espagne » et « noisetier purgatif » sont notamment recensés dans la base de données PROSEA. Le nom d'« arbre corail » fait référence à la couleur rouge vif de ses fleurs[2].

Étymologie

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Le nom de genre Jatropa vient du grec ἰατρός - iatros, « médecin » et de τροφή - trophé, « nourriture » soit « nourriture du médecin » ou « plante médicinale ». Ce nom a été donné par Carl Linné pour désigner un genre de plantes dont certaines espèces ont des usages thérapeutiques traditionnels, malgré leur toxicité.

L'épithète spécifique multifida vient du latin multus = « nombreux » et findere = « fendre » signifiant « très divisé » ou « à feuilles profondément découpées », en référence à la forme caractéristique des feuilles.

Taxonomie

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L'espèce est décrite en 1753 par le naturaliste suédois Carl von Linné dans le deuxième volume de son ouvrage Species Plantarum[3]. Le nom Jatropha multifida est considéré comme accepté par Plants of the World Online. Parmi ses synonymes nomenclaturaux figurent Adenoropium multifidum (L.) Pohl et Manihot multifida (L.) Crantz. Le nom Jatropha janipha Blanco a également été appliqué à cette espèce[1].

Description

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Appareil végétatif

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Jatropha multifida est un arbuste ou un petit arbre glabre et légèrement succulent, pouvant atteindre environ m de hauteur. Ses tiges épaisses produisent un latex blanc lorsqu'elles sont coupées[1].

Les feuilles sont alternes et portées par de longs pétioles mesurant généralement de 10 à 25 cm, parfois davantage. Le limbe, palmatiséquées et de contour presque circulaire, mesure environ 15 à 35 cm de diamètre. Il est profondément divisé de manière palmée en neuf à douze lobes, eux-mêmes entiers ou plus ou moins découpés. La face supérieure est vert vif, tandis que la face inférieure est souvent glauque. Les stipules sont divisées en segments étroits[2].

Appareil reproducteur

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Les inflorescences, terminales et longuement pédonculées, forment des ensembles denses à sommet aplati s'élevant au-dessus du feuillage. Elles portent des fleurs mâles et femelles de couleur rouge corail à écarlate. Les fleurs mâles possèdent huit étamines, tandis que les fleurs femelles, généralement plus grandes, présentent un ovaire à trois loges[2].

Le fruit est une capsule charnue, trilobée et approximativement longue de cm. D'abord verte, elle devient jaune à maturité et s'ouvre tardivement. Les graines, largement ovoïdes à presque sphériques, mesurent de 1,7 à cm de long et présentent une coloration beige marbrée de brun[2],[4].

Répartition et habitat

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Selon Plants of the World Online, l'aire naturelle de Jatropha multifida comprend différentes régions du Mexique ainsi que plusieurs îles et territoires des Caraïbes, dont Cuba, Hispaniola, Porto Rico, Trinidad-et-Tobago et les Petites Antilles. L'espèce a été introduite dans de nombreuses régions tropicales et subtropicales. Elle est notamment signalée en Afrique occidentale et centrale, au Cap-Vert, au Togo, en Inde, en Asie du Sud-Est, en Chine méridionale, dans plusieurs îles du Pacifique et dans certaines régions d'Amérique du Sud[1]. Elle pousse principalement dans les régions tropicales à saison sèche marquée. Cultivée autour des habitations et dans les jardins, elle peut occasionnellement s'échapper des cultures et se rencontrer dans les formations herbeuses ou les fourrés, généralement à basse altitude[2].

Utilisations

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Plante ornementale

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Jatropha multifida est largement cultivée dans les régions tropicales pour ses grandes feuilles découpées et ses inflorescences rouges. Elle est plantée comme sujet isolé, dans les jardins ou sous forme de haie[2].

Usages traditionnels

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Le latex est appliqué traditionnellement sur les plaies, les ulcères et certaines affections cutanées dans plusieurs régions d'Afrique et d'Asie[2]. Au Togo, son emploi traditionnel dans le traitement des plaies chroniques a fait l'objet d'études pharmacologiques. Des extraits de la plante ont montré des activités antibactériennes et anti-inflammatoires dans des modèles expérimentaux[5].

Ces résultats expérimentaux ne constituent pas, à eux seuls, une démonstration de l'efficacité ou de l'innocuité d'un traitement chez l'être humain.

Constituants chimiques

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Plusieurs composés ont été isolés dans le latex de Jatropha multifida. La labaditine, un décapeptide cyclique, y a été identifiée en 1989[6]. Le multifidol et un glucoside du multifidol ont également été isolés dans le latex[7]. Un glucoside nommé multifidine y a ensuite été caractérisé[8].

Toxicité

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L'ingestion des fruits ou des graines peut provoquer des nausées, des vomissements répétés, des douleurs abdominales et des diarrhées, avec un risque de déshydratation. Plusieurs intoxications pédiatriques ont été rapportées dans la littérature médicale[9].

Une autre observation portant sur quatre enfants décrit des vomissements, des diarrhées et un myosis après l'ingestion de la plante, tableau pouvant évoquer une intoxication par un composé organophosphoré[10].

L'huile des graines a traditionnellement été employée comme purgatif, mais elle peut provoquer une forte irritation et une intoxication. Son usage interne est donc dangereux[2].

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 (en) « Jatropha multifida L. | Plants of the World Online | Kew Science », sur Plants of the World Online (consulté le )
  2. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 (en) S. Susiarti, E. Munawaroh et S. F. A. J. Horsten, « Jatropha multifida L. », sur PROSEA — Plant Resources of South-East Asia, (consulté le ).
  3. (la) Carl von Linné, Species Plantarum, vol. 2, Stockholm, Laurentius Salvius, (lire en ligne), p. 1006.
  4. (en) « Jatropha multifida L. — General information », sur Plants of the World Online, Royal Botanic Gardens, Kew (consulté le ).
  5. « Pharmacognosy Research - An Open Access Journal in Pharmacognosy », sur www.phcogres.com (consulté le )
  6. (en) S. Kosasi, W.G. van der Sluis, R. Boelens et L.A.'t Hart, « Labaditin, a novel cyclic decapeptide from the latex of Jatropha multifida L. (Euphorbiaceae): Isolation and sequence determination by means of two‐dimensional NMR », FEBS Letters, vol. 256, nos 1-2, , p. 91–96 (ISSN 0014-5793 et 1873-3468, DOI 10.1016/0014-5793(89)81724-7, lire en ligne, consulté le )
  7. (en) Samlipto Kosasi, Willem G. van der Sluis et Rudi P. Labadie, « Multifidol and multifidol glucoside from the latex of Jatropha multifida », Phytochemistry, vol. 28, no 9, , p. 2439-2441 (DOI 10.1016/S0031-9422(00)98000-2).
  8. (en) A. J. J. van den Berg, S. F. A. J. Horsten, J. J. Kettenes-van den Bosch, B. H. Kroes et R. P. Labadie, « Multifidin—A cyanoglucoside in the latex of Jatropha multifida », Phytochemistry, vol. 40, no 2, , p. 597-598 (DOI 10.1016/0031-9422(95)93759-9).
  9. (en) Yotam Levin, Yaniv Sherer, Haim Bibi et Menachem Schlesinger, « Rare jatropha multifida intoxication in two children », Journal of Emergency Medicine, vol. 19, no 2, , p. 173–175 (ISSN 0736-4679 et 1090-1280, PMID 10903468, DOI 10.1016/S0736-4679(00)00207-9, lire en ligne, consulté le )
  10. Dror Koltin, Yosef Uziel, Dina Schneidermann et Shula Kotzki R.N., « A Case of Jatropha multifida Poisoning Resembling Organophosphate Intoxication », Clinical Toxicology, vol. 44, no 3, , p. 337–338 (ISSN 1556-3650, DOI 10.1080/15563650600584584, lire en ligne, consulté le )

Voir aussi

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Liens internes

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Liens externes

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