Archidiocèse de Glasgow

archidiocèse catholique au Royaume-Uni

L’archidiocèse de Glasgow était l'un des treize (puis 14 à partir de 1633) diocèses de l'Église catholique d'Écosse. C'était le second plus grand diocèse du royaume, comprenant des districts de la moitié sud : Clydesdale, Tweeddale, Liddesdale, Annandale, Nithsdale, Cunninghame, Kyle, Strathgryfe et le Kirkcudbrightshire. Glasgow devint un archevêché en 1472 et obtint les diocèses de Galloway, Argyll et des îles comme suffragants (i.e. les évêques de ces diocèses dépendant de l'archevêque de Glasgow). L'Église d'Écosse rompit son allégeance à Rome en 1560, mais continua d'avoir des évêques à Glasgow par intermittence jusqu'en 1689.

Archidiocèse de Glasgow
(la) Archidioecesis Glasguensis
Image illustrative de l’article Archidiocèse de Glasgow
La cathédrale Saint-André de Glasgow.
La cathédrale Saint-André de Glasgow.
Informations générales
Pays Drapeau du Royaume-Uni Royaume-Uni
Nation Drapeau de l'Écosse Écosse
Archevêque William Nolan, depuis 2022
Superficie 825 km2
Création du diocèse VIe siècle
Élévation au rang d'archidiocèse 1878
Diocèses suffragants Motherwell
Paisley
Adresse Curial Offices, 196 Clyde Street, Glasgow G1 4JY, Scotland, Great Britian
Site web Site de l'archidiocèse
Statistiques
Population 837 000 hab. (2023)
Population catholique 223 270 fidèles (2023)
Pourcentage de catholiques 26,7 %
Nombre de paroisses 88
Nombre de prêtres 151
Nombre de diacres 18
Nombre de religieux 52
Nombre de religieuses 125
Image illustrative de l’article Archidiocèse de Glasgow
Localisation du diocèse
.html (en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Histoire

modifier
Carte montrant les principaux districts sous l'influence du diocèse de Glasgow au Moyen Âge. Plus généralement, toute la moitié sud était concernée. foncé.

Selon la traduction hagiographique, sur laquelle des doutes ont été émis, le site aurait été fondé par saint Kentigern (surnommé Mungo) ; il est en revanche avéré qu'il y avait déjà un site religieux plus ancien, dont l'âge est inconnu. Cette tradition repose donc sur les Vies du saint, qui ne remontent pas avant le XIIe siècle, À cette époque, le diocèse de Glasgow était organisé par le roi David Ier d’Écosse et Jean de Glasgow, évêque. L'évêché devint l'un des plus grands et des plus riches du royaume d'Écosse, son statut et sa prospérité rejaillissant sur Glasgow. Entre 1175 et 1178, cette position fut renforcée lorsque l'évêque Jocelin obtint pour le village le statut de burgh royal du roi Guillaume Ier d’Écosse, autorisant ainsi l'expansion du village avec des bénéfices comme des monopoles commerciaux. Entre 1189 et 1195, le roi Guillaume autorisa également une foire annuelle toujours présente de nos jours.

Jusqu'en 1560, lorsque la pratique de la foi catholique fut supprimée par le Parlement d'Écosse, pratiquement tous les évêques de Glasgow avaient pris une part active dans la gouvernance du pays, que ce soit comme chanceliers ou trésoriers du royaume, ou encore membres de la régence lorsqu'un souverain n'avait pas encore atteint sa majorité. Robert Wishart (consacré en 1272, mort en 1316) fut remarqué pour son patriotisme durant les guerres d'indépendance de l'Écosse et était un ami proche de William Wallace et de Robert Bruce. William Turnbull (consacré en 1447, mort en 1454) obtient en 1450 du pape Nicolas V la charte de la fondation de l'université de Glasgow.

La cathédrale Saint-Mungo de Glasgow, ancien siège de l'Église catholique d'Écosse.

Le , le pape Innocent VIII fit passer le statut de l'évêché d'un siège épiscopal au rang de métropolite (à l'origine utilisé pour désigner l'évêque d'une capitale de province, i.e. métropole), y attachant par la même occasion les diocèses suffragants d'Argyll, Dunblane, Dunkeld et Galloway. James Beaton, neveu du cardinal éponyme, fut le quatrième et dernier archevêque selon l'ancienne hiérarchie. En 1560, soit huit ans après sa nomination, James Beaton fut contraint à se retirer en France, où il fut l'homme de confiance de Marie Ire d'Écosse (de façon donc dissimulée) ; il devint ambassadeur de Jacques Ier d'Angleterre et conservera ce poste jusqu'à sa mort à Paris le . Il emporta avec lui les archives du diocèse, dont deux qui méritent une mention particulière :

  • Registrum Vetus Ecclesiae Cathedralis Glasguensis, écrit aux XIIe et XIIIe siècles
  • Liber Ruber Ecclesiae Glasguensis, écrit d'environ 1400 à 1476

Ces archives et d'autres furent imprimées en 1843 dans un volume pour le Maitland Club[1] sous le nom Registrum Episcopatus Glasguensis: Munimenta Ecclesiae Metropolitanae Glasguensis a sede restauratâ saeculo ineunte XII ad reformatam religionem.

Archidiaconés de Glasgow

modifier

Au Moyen Âge, il y avait deux archidiaconés (subdivision du diocèse) dont les archidiacres servaient l'évêque de Glasgow. L'un d'entre eux était l'archidiaconé de Teviotdale, responsable de la zone de Teviotdale dans les Scottish Borders[2]; de nombreuses églises paroissiales se trouvaient dans cette zone, ce qui donnait à son archidiacre une position importante dans l'Église écossaise.

Après la Réforme

modifier

Avec l'affirmation de la Réforme, toutes les diocèses catholiques écossais furent de fait supprimés dans le droit latin et remplacés par le vicariat apostolique d'Angleterre (aujourd'hui archidiocèse de Westminster). Certains missionnaires furent envoyés en Écosse, parmi lesquels le jésuite John Ogilvie, qui fut martyrisé à Glasgow en 1615. Les diocèses catholiques furent remplacés par les diocèses de l'Église d'Écosse, qui ne connurent toutefois pas un meilleur sort puisque, après une continuité initiale dans l'épiscopat[6]. les deux révolutions calvinistes du XVIIe siècle entraînèrent leur extinction définitive[7]. Toutes les églises du pays devinrent indistinctement la propriété de l'Église d'Écosse.

En 1653, le pape Innocent X créa pour l'Écosse une préfecture apostolique, qui devint vicariat apostolique en 1694. En 1683, une tentative d'ouverture d'une chapelle catholique à Glasgow échoua. Jusqu'à la seconde moitié du XVIIIe siècle, aucun catholique n'est documenté dans cette ville, jusqu'à l'arrivée d'immigrants irlandais. À partir de ce moment, certains prêtres, connus sous le nom de « visiting priests », purent officier à Glasgow. En 1797, John Farquharson ouvrit une chapelle dans la ville, aidé par quelques prêtres français qui avaient fui leur patrie. En 1816, l'église Saint-André, aujourd'hui cathédrale, fut ouverte.

Le vicariat apostolique du district occidental, dont le siège était à Glasgow, fut érigé le par la bulle Quanta laetitia du pape Léon XII, à partir du territoire du vicariat apostolique du district des Lowlands (aujourd'hui archidiocèse de Saint Andrews et Édimbourg).

La Grande famine irlandaise du milieu du XIXe siècle poussa de nombreux Irlandais à émigrer à Glasgow, augmentant considérablement le nombre de catholiques. Cela créa des problèmes internes au vicariat apostolique, en raison du nationalisme irlandais soutenu par une grande partie des nouveaux arrivants, qui avaient fondé le Glasgow Free Press. La situation fut exacerbée par l'évêque coadjuteur, James Lynch, d'origine irlandaise, nommé en 1866, partisan de la cause, qui fut ensuite contraint de s'installer en Irlande[8].

En 1874, un séminaire régional fut ouvert dans le quartier de Partickhill à Glasgow.

Le , par la bulle Ex supremo Apostolatus, le pape Léon XIII rétablit la hiérarchie catholique en Écosse. Les anciens sièges pré-réformés furent restaurés, dont celui de Glasgow, avec le rang d'archidiocèse non métropolitain, immédiatement soumis au Saint-Siège. Son territoire correspondait à celui du vicariat apostolique du district occidental, à l'exception de la partie cédée au profit de l'érection du diocèse de Galloway.

Le , il a cédé une partie de son territoire pour permettre la création des diocèses de Motherwell et de Paisley, tandis qu'une autre partie a été cédée au diocèse de Galloway. Dans le même temps, par la bulle Dominici gregis du pape Pie XII, il a été élevée au rang de siège métropolitain.

Archevêques

modifier

Notes et références

modifier
  1. Fondé en 1828 pour poursuivre l'œuvre de Richard Maitland sur l'histoire et la littérature écossaise.
  2. (en) Watt, D.E.R., Fasti Ecclesiae Scotinanae Medii Aevi ad annum 1638, 2nd brouillon, (St Andrews, 1969), pp. 174-9
  3. Devint évêque de Glasgow mais ne fut jamais consacré.
  4. À ne pas confondre avec William Wishart (en), évêque de St Andrews.
  5. Devint évêque de Ross en 1481.
  6. À Glasgow, l'archevêque Beaton sera suivi de John Spottiswoode en 1603, James Law en 1615 et Patrick Lindsay en 1632
  7. Le dernier archevêque de Glasgow dans l'Église d'Écosse, John Paterson, fut destitué en 1689, mais continua clandestinement à être évêque de l'Église épiscopale écossaise jusqu'à sa mort en 1708. Ce n'est qu'occasionnellement que d'autres évêques « clandestins » obtinrent le siège de Glasgow, jusqu'à ce que l'Église épiscopale écossaise soit officiellement reconnue, avec la fondation du diocèse de Glasgow et de Galloway en 1837.
  8. En 1888, il fut nommé évêque de Kildare et Leighlin.

Annexes

modifier

Bibliographie

modifier
  • (en) Dowden, John, The Bishops of Scotland, ed. J. Maitland Thomson, (Glasgow, 1912)
  • (en) Keith, Robert, An Historical Catalogue of the Scottish Bishops: Down to the Year 1688, (Londres, 1824)
  • (en) Lawrie, Sir Archibald, Early Scottish Charters Prior to A.D. 1153, (Glasgow, 1905)
  • (en) Watt, D. E. R. & Murray, A. L., éditeurs, Fasti Ecclesiae Scoticanae Medii Aevi Ad Annum 1638, nouvelle édition, Scottish Record Society, Edinburgh, 2003, p.187-196. (ISBN 0-902054-19-8)

Article connexe

modifier

Liens externes

modifier