Archidiocèse de Reims

archidiocèse catholique français

L'archidiocèse de Reims est un diocèse métropolitain de l'église catholique en France. Il a été érigé au IIIe siècle et a été élevé en archevêché dès le IVe siècle. Ses prélats sont archevêques depuis 780 environ[1]; ils ont longtemps porté le titre de primats de Belgique seconde.

Archidiocèse de Reims
(la) Archidioecesis Remensis
Image illustrative de l’article Archidiocèse de Reims
Le chevet de la cathédrale Notre-Dame de Reims jouxtant le palais du Tau.
Le chevet de la cathédrale Notre-Dame de Reims jouxtant le palais du Tau.
Informations générales
Pays Drapeau de la France France
Affiliation Église catholique en France
Archevêque Éric de Moulins-Beaufort,
depuis 2018
Langue(s) liturgique(s) Français
Superficie 6 931 km2
Création du diocèse IIIe siècle
Élévation au rang d'archidiocèse IVe siècle
Patron Saint Remi
Province ecclésiastique Reims
Diocèses suffragants Diocèse d'Amiens, diocèse de Beauvais, Noyon et Senlis, diocèse de Châlons, diocèse de Langres, diocèse de Soissons, Laon et Saint-Quentin et diocèse de Troyes
Adresse Archevêché
3, rue du Cardinal-de-Lorraine
BP 2729
51058 Reims Cedex
Site web Site de l'archidiocèse
Statistiques
Population 610 580 hab. (2023)
Population catholique 565 760 fidèles (2023)
Pourcentage de catholiques 92,7 %
Nombre de paroisses 76
Nombre de prêtres 69
Nombre de diacres 36
Nombre de religieux 9
Nombre de religieuses 145
Image illustrative de l’article Archidiocèse de Reims
Localisation du diocèse
Image illustrative de l’article Archidiocèse de Reims
Diocèses suffragants
.html (en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Depuis le , Éric de Moulins-Beaufort est archevêque de Reims. Il est assisté par un évêque auxiliaire, Étienne Vető depuis 2023[2].

Histoire

modifier

Fondation

modifier

D'après la tradition, l'évêché de Reims est fondé vers par les saints Sixte et Sinice[3].

L'existence d'un évêque de Reims est attestée au milieu du IIIe siècle, dans les Epistolae de Cyprien de Carthage[4],[5].

Le premier texte précis concernant le diocèse de Reims est du concile d'Arles en 314 ; parmi les seize évêques figurant à ce concile se trouvaient ceux de Reims (Bétause) et de Trèves, provinces de la Gaule belgique. Aucun de leurs successeurs ne fut plus célèbre que saint Remi, mort en 533, après 74 ans d'épiscopat.

Fonction

modifier

Une des prérogatives des archevêques de Reims fut de sacrer les rois de France, avec l'huile de la Sainte Ampoule. Dans la cathédrale de Reims, de Henri Ier à Charles X, trente rois de France furent sacrés.

Moyen Âge

modifier

Au VIe siècle, le ressort du diocèse de Reims est réduit avec la création du diocèse de Laon[6]. Selon la tradition, celui-ci aurait été fondé par saint Remi qui lui aurait assigné pour ressort le comté de Laon dont son père était l'administrateur[6]. La date de la partition du diocèse de Reims reste discutée, car l'existence d'un évêque de Laon n'est attestée qu'en , lorsque saint Génebaud se fait représenter au concile d'Orléans[7].

Tilpin (ou Turpin) est archevêque de Reims à la fin du VIIIe siècle. Il avait pour suffragants : Châlons-en-Champagne, Soissons, Noyon, Tournai, Arras, Beauvais, Thérouanne, Amiens, Senlis, Cambrai et Laon.

En , le pape Étienne IV se rend à Reims afin d'oindre et de couronner empereur Louis le Pieux[8]. En , l'archevêque Foulques sacre Charles III le Simple[9].

L'archevêque Hincmar (844-882) écrivit au pape Léon IV (847-855) que l’archevêque de Reims "a toujours détenu un primat parmi les primats et fut l’un des premiers primats des Gaules" (851/852)[10]. Les archevêques Foulques (883-900) et Gervais de Bellême (1055-1067)[11] revendiquèrent aussi le titre de primat.

En , le pape Sylvestre II, ancien archevêque de Reims, reconnut à Arnoul (995-1021) le droit de bénir le roi des Francs[12], mais sans plus.

D'après Aubry de Trois-Fontaines[13], chroniqueur du XIIIe siècle, c'est en [14],[15] que l'archevêque Ebles, comte de Roucy, aurait acquis le comté de Reims d'un certain comte Eudes[13] que les Libelli de discordia intermonachas S. Remigii et S. Nicasii Remenses agitata tempore Paschalis II. papae identifient au comte Eudes II de Blois[13]. Le comté de Reims est érigé en duché-pairie entre 1060 et 1170.

Le , par la bulle Potestatem ligandi[16], le pape Urbain II, ancien chanoine du chapitre cathédral de Reims, reconnaît à l'archevêque Renauld Ier et ses successeurs le privilège de sacrer les rois et reines de France « en souvenir de saint Remi qui, ayant converti Clovis à la foi chrétienne, l'établit premier roi chrétien du royaume »[17] ; il leur confère le privilège de suppléer le pape, en cas d'absence de celui-ci, pour procéder aux prémices du couronnement[17] ; il leur confère la primatie sur la province de Belgique Seconde de sorte qu'ils ne soient subordonnés à personne, à l'exception du pape[17].

Ancien Régime

modifier

Les archevêques de Reims portèrent le titre de légat-né[18] à partir de Jean Juvénal des Ursins (1454), dont l'usage ne fut avalisé par Rome qu'en 1555, par la Bulle Cum itaque[19].

En 1559, dans le cadre de la réorganisation religieuse des Pays-Bas, les diocèses de Cambrai, Tournai et Arras furent détachés de la province ecclésiastique de Reims et rejoignirent la nouvelle province ecclésiastique de Cambrai.

L'ancienne étendue de l'archidiocèse en 1789.

À la veille de la Révolution française, le diocèse compte deux archidiaconés : le grand archidiaconé et l'archidiaconé de Champagne[20]. Le grand archidiaconé contient les cinq villes du diocèse — Reims, Rethel, Charleville, Mézières et Sedan — et subdivisée en onze doyennés — Braux, Charleville, Fismes, La Montagne, Lavanne, Mézières, Mouzon, Rethel, Rumigny, Saint-Germainmont et la Chrétienté avec la ville de Reims — ; quant à l'archidiaconé de Champagne, il est subdivisé en huit doyennés — Attigny, Bétheniville, Cernay-en-Dormois, Dun-sur-Meuse, Épernay, Grandpré, Le Châtelet et Veste —[20].

Après la Révolution

modifier

En 1790, dans le cadre de la nouvelle constitution civile du clergé, le département des Ardennes fut dissocié du diocèse de Reims.

Au concordat de 1801, l'archidiocèse de Reims fut supprimé, et son titre archiépiscopal annexé à la métropole de Paris (1801)[21]. Reims et tout le département de la Marne furent intégrés au diocèse de Meaux, suffragant de Paris.

Par la bulle Paternæ charitatis du [22], le siège de Reims fut rétabli, avec un territoire comprenant le département des Ardennes, augmenté de l'arrondissement de Reims., Par contre, Rome ne reparla plus de primatie, même honorifique. Les archevêques du siège restauré de Reims remirent pourtant à l’honneur dès 1822 leur titre de primat, sans que Rome ait procédé à une restitution de ces honneurs d’Ancien Régime explicitement abolis par le Concordat de 1801. Thomas Gousset (1840-1866) envoya au Saint-Siège les actes du concile provincial qu'il avait présidé en tant que "primat de Gaule Belgique" (1849), mais la Congrégation romaine compétente ratura le titre[23].

Quelques noms illustres émergent de l'histoire du diocèse de Reims : après celui de saint Remi, ceux de Gerbert (Sylvestre II), de saint Bruno, et du pape Urbain II, ceux de Jean de Gerson et de Jean Mabillon, de saint Jean-Baptiste de La Salle, sans oublier sainte Jeanne d'Arc…

Abus sexuels

modifier

En 2026, alors qu'Éric de Moulins-Beaufort, archevêque de Reims, s'oppose à un appel public à témoins de crimes sexuels dans le diocèse, deux collectifs de victimes d'abus sexuels au sein de l'Église lui demandent de revenir sur ce choix[24].

Les archevêques de Reims

modifier

Évêques originaires de l’archidiocèse de Reims

modifier

Lieux de pèlerinage et sanctuaires du diocèse

modifier

Paroisses

modifier

Le diocèse de Reims comprend 55 paroisses[28] :

Notes et références

modifier
  1. ↑ Selon A. Fliche et V. Martin, Histoire de l’Église depuis les origines jusqu’à nos jours, t. VI, Paris, p. 80-81, « peu avant 782, Hadrien, à la demande du roi, envoie à l’évêque de Reims Tilpin [...] le pallium, et lui rappelle les droits que son titre lui confère sur l’ensemble de la province. [...] Tilpin, métropolitain du fait de son siège, devient archevêque à la suite de l’octroi du pallium ». Pour (en) D.A. Bullough, « The Dating of Codex Carolinus No  95, 96, 97, Wilchar, and the Beginnings of the Archbishopric of Sens », Deutsches Archiv für Erforschung des Mittelalters, vol. 18,‎ , p. 28, les prélats de Reims portèrent le titre d’archevêques-métropolitains peu avant 780.
  2. ↑ « Le père Étienne Vető nommé évêque auxiliaire de Reims », La Croix,‎ (ISSN 0242-6056, lire en ligne, consulté le ).
  3. ↑ Cf. Louis Duchesne, Fastes épiscopaux, III, Paris, 1915², p. 79.
  4. ↑ Julg 2004, p. 32.
  5. ↑ Petit 1978.
  6. 1 2 Dufour-Malbezin 2001, p. 11.
  7. ↑ Vercauteren 1934, p. 328.
  8. ↑ Bur 1997, p. 46.
  9. ↑ Bur 1997, p. 47.
  10. ↑ Michel Sot, Un historien et son Église au Xe siècle : Flodoard de Reims, Paris, , p. 505.
  11. ↑ E. Bournazel, Louis VI le Gros, Paris, , p. 48.
  12. ↑ P. Demouy, Le Sacre du Roi. Histoire, symbolique, cérémonial, Strasbourg 2016, p. 60.
  13. 1 2 3 Vonglis 1980, p. 69.
  14. ↑ de Mandach 1993, p. 146.
  15. ↑ Vonglis 1980, p. 67-69.
  16. ↑ Migne 1853, col. 309-311.
  17. 1 2 3 Bur 1997, p. 68.
  18. ↑ Cf. Décrets de confirmation de confréries (1470, 1500), de dotation du collège de Reims (1554), de convocation du concile provincial à Reims (1564) ; Commission donnée aux doyens touchant le concile (1644), in G. Marlot, Metropolis Remensis historia, IV, Reims 1846, p. 616.650.686.694.782.
  19. ↑ Cf. G. Marlot, Metropolis Remensis historia, IV, Reims 1846, p. 333.692-693.
  20. 1 2 Julia et McKee 1982, n. 7, p. 532.
  21. ↑ Bulletin des lois de la République Française, 3e série, VI, Paris, , p. 797-798.
  22. ↑ Pie VII 1822.
  23. ↑ Annuaire Pontifical Catholique, , p. 468.
  24. ↑ « Abus en France, deux collectifs interpellent Mgr Éric de Moulins-Beaufort », sur cath.ch, (consulté le ).
  25. ↑ (en) David M. Cheney, « Bishop Maurice Landrieux † », sur catholic-hierarchy.org.
  26. ↑ (en) David M. Cheney, « Bishop Louis-Eugène Regnault † », sur catholic-hierarchy.org.
  27. ↑ (en) David M. Cheney, « Bishop André-Jean Vérineux, M.E.P. † », sur catholic-hierarchy.org.
  28. ↑ « Les paroisses », sur L'Eglise Catholique à Reims et dans les Ardennes (consulté le ).

Voir aussi

modifier

Bibliographie

modifier

Articles connexes

modifier

Liens externes

modifier