Hérode Archélaos

gouverneur de provinces juives dans l'Empire romain
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Hérode Archélaos, Archélaüs ou Archélas, né vers , est un prince de la dynastie hérodienne, fils du roi Hérode le Grand et de la Samaritaine Malthacé.

Hérode Archélaos
Fonction
Ethnarque
Judée
Samarie
Idumée
Tétrarchie d'Hérode
av. J.-C. -
Biographie
Naissance
Décès
Famille
Père
Mère
Fratrie
Conjoints
Mariamne III (en)
GlaphyraVoir et modifier les données sur Wikidata

Principal héritier de son père à sa mort en , il reçoit la Judée, la Samarie et l'Idumée, tandis que ses frères Antipas et Philippe se partagent d'autres territoires de l'ancien royaume. Après une succession marquée par de graves troubles et plusieurs contestations portées devant l'empereur Auguste, celui-ci confirme Archélaüs à la tête de ses territoires, mais avec le titre d'ethnarque plutôt que celui de roi.

Son gouvernement, principalement connu par le récit hostile de Flavius Josèphe, y est décrit comme cruel et arbitraire, tandis qu'Archélaüs poursuit certains des aménagements entrepris sous son père, notamment à Jéricho, et fonde la ville d'Archelaïs.

En , une délégation de Judéens et de Samaritains obtient sa destitution auprès d'Auguste ; ses territoires passent sous administration romaine directe et Archélaüs est exilé en Gaule, à Vienne, où il meurt.

Biographie

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Succession d'Hérode

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Archélaüs est un des deux fils qu'Hérode le Grand a eu avec sa quatrième épouse, la samaritaine Malthacé[1]. Encore enfant ou adolescent, il est envoyé à Rome à la cour d'Auguste en compagnie de son frère Antipas et son demi-frère Philippe, fils de Cléopâtre de Jérusalem[2], en vue de recevoir une parfaite éducation romaine, à l'instar de ce qui se fait pour les futurs rois-clients[3].

Quand Hérode le Grand meurt en , il laisse un testament qui répartit ses possessions entre les héritiers qui lui survivent[4], un testament lu publiquement par le garde du sceau royal en l'amphithéâtre de Jéricho[5]. C'est Archélaüs, alors âgé de 19 ans[6], qui est le principal bénéficiaire en recevant le noyau du royaume d'Hérode[1], cependant réduit à la Judée, la Samarie et l'Idumée[5]. Son frère Antipas reçoit lui la tétrarchie de Galilée et de Pérée[1] et Philippe reçoit les districts de Trachonitide, de Gaulanitide et de Batanée, également constituées en tétrarchie[1]. Enfin, Salomé, sœur d'Hérode, reçoit les villes de Yavné, Azôtos et Phasaélis, en plus de 500 000 drachmes d'argent[1]. Auguste et son épouse Livie reçoivent également d'importantes donations[5].

C'est Archélaüs qui, bien que son pouvoir ne soit pas encore confirmé par Rome[7], mène les grandioses funérailles réservées à Hérode qui cependant laisse, après trente-quatre ans d'un règne tenu d'une main de fer, un pays en proie au mécontentement et l'agitation[5]. L'héritier en titre reçoit d'abord un accueil favorable de ses sujets, se rend au Temple de Jérusalem pour y obtenir une légitimation religieuse[8] et tente de se concilier les Pharisiens, irrités des récentes répressions et de l'exécution de leurs leaders[9].

Mais à peine dix jours après les funérailles, Archélaüs doit faire donner la troupe au Temple de Jérusalem contre une foule insurgée à l'occasion de la Pâque juive, l'assaut causant, d'après Flavius Josèphe, près de 3 000 morts[9]. C'est dans ce contexte que plusieurs délégations convergent alors vers Rome et s'y succèdent afin de recevoir de l'empereur un arbitrage en leur faveur : Archélaüs — accompagné de sa tante Salomé et sa cousine Bérénice avec sa progéniture[5] — pour faire confirmer son titre royal, Antipas pour le lui contester à son profit, et une délégation d'une cinquantaine de juifs judéens qui, soutenus par la communauté diasporique de Rome, demandent l'abolition de la monarchie et le rattachement de la Judée à la province romaine de Syrie[10].

Devant Auguste, Antipater, fils de Salomé, défend les prétentions d’Antipas, tandis que Nicolas de Damas se fait l’avocat d’Archélaüs[11] et l'empereur tranche en faveur de ce dernier, suivant l'ultime testament d'Hérode le Grand[12]. Toutefois, Auguste souhaitant vraisemblablement que le jeune homme fasse d'abord ses preuves, Archélaüs ne reçoit pas de titre royal mais celui moins prestigieux d'« ethnarque », et son territoire se voit amputé des villes de Gaza, Hippos et Gadara[13].

Dès le voyage d'Archélaüs à Rome, quelques semaines après le massacre du Temple, la Judée connaît une nouvelle insurrection qui, vraisemblablement causée cette fois par les agissements de l'administrateur impérial Sabinus[14], contraint le gouverneur romain de Syrie Varus à intervenir militairement à Jérusalem, causant un nouveau carnage au sein de la population[13].

Règne et exil

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Ethnarchie d'Archelaüs.

Les évènements prenant place au cours du règne d'Archélaüs restent relativement mal connus : Flavius Josèphe, qui en constitue la principale source, semble notamment mêler les troubles consécutifs à la disparition d'Hérode en et ceux qui précèdent la destitution de l'ethnarque en [15].

Les quelques éléments connus du gouvernement d'Archélaüs témoignent essentiellement de relations difficiles avec ses sujets. Son mariage avec la princesse Glaphyra, fille du roi de Cappadoce Archélaos, veuve d'Alexandre, demi-frère d'Archélaüs, puis épouse de Juba II, roi de Maurétanie, provoque le scandale et suscite une importante opposition religieuse en Judée[16]. Archélaüs divorce en effet de sa première épouse, Mariamne III, tandis que le mariage de Glaphyra avec Juba est dissous ; leur union contrevient en outre aux prescriptions matrimoniales juives relatives au mariage avec la veuve d'un frère, Glaphyra ayant eu des enfants d'Alexandre (Trigane et Alexandre)[17].

L'ethnarque intervient par ailleurs dans la désignation des grands-prêtres[18], qu'il nomme et dépose à plusieurs reprises[15]. Son règne ne se résume toutefois pas à ces seules tensions : il fait reconstruire le palais de Jéricho et fonde, un peu plus au nord sur la route de Scythopolis[19], la ville d'Archelaïs (en)[15].

Le récit de Josèphe, très hostile à l'ethnarque, présente son gouvernement comme marqué par la cruauté et l'arbitraire et lui attribue une impopularité croissante : son règne devient si odieux à ses sujets qu'il réunit contre lui des Judéens et des Samaritains qui, pourtant traditionnellement hostiles entre eux, envoient en l'an 6 une délégation à Rome afin de dénoncer son gouvernement auprès d'Auguste[15].

L'empereur prononce finalement la destitution ainsi que la saisie et la liquidation des biens d'Archélaüs[17], qui est exilé avec sa cour en Gaule à Vienne[12], au confluent du Rhône et de la Gère[17]. Ses territoires passent alors sous administration romaine directe et sont confiés à un préfet, Coponius[15]. Strabon évoque également cet exil lorsqu'il rapporte qu'un des fils d'Hérode « mourut en exil, interné chez les Gaulois Allobroges »[20].

Nouveau Testament

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Hérode Archélaüs est explicitement mentionné dans l'Évangile selon Matthieu, au sein du récit de l'enfance de Jésus[21]. Selon le récit matthéen, après la mort d'Hérode le Grand, Joseph, revenu d'Égypte avec sa famille, renonce à s'établir en Judée lorsqu'il apprend qu'Archélaüs y règne à la place de son père et gagne alors la Galilée, où il s'établit à Nazareth[22].

Dans l’Évangile selon Luc, la parabole des dix mines[23] met en scène un homme de haute naissance qui part dans un pays lointain pour recevoir la royauté, tandis que ses concitoyens envoient une délégation pour s’opposer à son investiture[24]. La trame de cette parabole[24] est régulièrement rapprochée par l'exégèse du voyage d’Archélaüs à Rome après la mort d’Hérode le Grand et de l’ambassade juive venue contester son investiture auprès d’Auguste[25].

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 Schwentzel 2011, p. 181.
  2. Hadas-Lebel 2009, p. 36.
  3. Hadas-Lebel 2009, p. 55.
  4. Hérode a en effet éliminé trois de ses fils : Alexandre et Aristobule, fils de Mariamne l'Hasmonéenne, accusés par leur père de complot, sont étranglés en  ; trois ans plus tard, Antipater, fils de Doris, souverain associé et héritier désigné, à son tour de complot, est à son tour exécuté cinq jours avant la mort de son père, avec l'accord des autorités romaines ; cf. Hadas-Lebel 2009, p. 59.
  5. 1 2 3 4 5 Hadas-Lebel 2009, p. 60.
  6. Rogers 2021, p. 61.
  7. Schwentzel 2011, p. 184.
  8. Christian-Georges Schwentzel, Juifs et Nabatéens : Les monarchies ethniques du Proche-Orient hellénistique et romain, Presses universitaires de Rennes, (ISBN 978-2-7535-6918-8), p. 122
  9. 1 2 Schwentzel 2011, p. 184-185.
  10. Schwentzel 2011, p. 185.
  11. Rogers 2021, p. 51-52.
  12. 1 2 Hadas-Lebel 2009, p. 62.
  13. 1 2 Hadas-Lebel 2009, p. 61.
  14. Rogers 2021, p. 52-57.
  15. 1 2 3 4 5 Simon Claude Mimouni, Le judaïsme ancien du IVe siècle avant notre ère au IIIe siècle de notre ère : Des prêtres aux rabbins, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Nouvelle Clio / L'histoire et ses problèmes », (ISBN 978-2-13-056396-9), p. 404-406
  16. Chilton 2021, p. 136.
  17. 1 2 3 Rogers 2021, p. 63.
  18. Rogers 2021, p. 62, 487-488.
  19. Rogers 2021, p. 62-63.
  20. Strabon, Géographie, XV, II, 46.
  21. Mt 2. 22
  22. Camille Focant (dir.) et Daniel Marguerat (dir.), Le Nouveau Testament commenté : Texte intégral traduction œcuménique de la Bible, Bayard/Labor et Fides, (ISBN 978-2-227-48708-6), p. 32
  23. Lc 19. 11-27
  24. 1 2 cf. Camille Focant (dir.) et Daniel Marguerat (dir.), Le Nouveau Testament commenté : Texte intégral traduction œcuménique de la Bible, Bayard/Labor et Fides, (ISBN 978-2-227-48708-6), p. 365-366.
  25. (en) Brian Schultz, « Jesus as Archelaus in the Parable of the Pounds (Lk. 19:11–27) », Novum Testamentum, vol. 49, no 2, , p. 105-127

Bibliographie

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Voir aussi

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Articles connexes

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Liens externes

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