Archéparchie de Mossoul des Chaldéens
L'archéparchie de Mossoul des Chaldéens (latin : Archieparchia Mausiliensis Chaldaeorum) est une juridiction ecclésiastique de l'Église catholique destinée aux fidèles de rite chaldéen appartenant à l'Église catholique chaldéenne. Elle est située à Mossoul, dans le nord de l’Irak.
| Archéparchie de Mossoul des Chaldéens (la) Archieparchia Mausiliensis Chaldaeorum | |
Église Notre Dame de l'Heure à Mossoul | |
| Informations générales | |
|---|---|
| Pays | Irak |
| Église | catholique |
| Rite liturgique | chaldéen |
| Création | 1880 |
| Titulaire actuel | Najib Mikhael Moussa |
| Langue(s) liturgique(s) | syriaque oriental |
| Statistiques | |
| Paroisses | 9 |
| Prêtres | 13 |
| Religieux | 1 |
| Religieuses | 2 |
| Population totale | 1 850 000 (2024) |
| Population catholique | 4 050 (2023) |
| (en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org | |
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|
Les fidèles de l'archéparchie appartiennent à la communauté chaldéenne et sont traditionnellement attachés à la langue araméenne et à la tradition liturgique syriaque orientale. L'archéparchie comprend la ville de Mossoul et son territoire, elle est subdivisée en plusieurs paroisses.
L'éparchie de Mossoul a été élevée au rang d’archéparchie de Mossoul le par le pape Paul VI. Mar Paulos Faraj Rahho était l’archevêque jusqu'à son enlèvement et son assassinat en mars 2008.
En , Mgr Emil Shimoun Nona est élu archevêque de Mossoul des Chaldéens, élection approuvée par le pape Benoît XVI. Il était alors vicaire général de l'archéparchie d'Alqosh et professeur d'anthropologie au Babel College[1].
La ville de Mossoul a été le siège du patriarche de l'Église catholique chaldéenne de Mar Yohannan Hormizd (en) à Yousef VI Emmanuel II Thomas (en).
Histoire
modifierLes origines du christianisme à Mossoul
modifierLa présence du christianisme dans la région de Mossoul remonte aux premiers siècles de l’ère chrétienne. La tradition paléochrétienne attribue l'évangélisation aux apôtres Pierre, Barthélemy et Thomas[2].
Les sources attestent de l’existence d’un diocèse de Ninive dans les actes synodaux de l’Église de l’Orient dès les premiers siècles de notre ère[3].
À l’époque sassanide (224-651), Mossoul est intégrée à l’Empire perse. La ville est alors attestée comme établissement sassanide et le christianisme s’implante durablement dans la région[4].
Au Ve siècle, le moine Yeshu'yab bar Qusri aurait fondé un monastère sur la rive occidentale du Tigre, sur le site correspondant à la Mossoul actuelle[3].
Le couvent Saint-Élie de Mossoul, construit entre 582 et 590, témoigne de cette présence chrétienne à la veille de la conquête musulmane[4].
Conquête islamique
modifierMossoul entre dans l’ère islamique lors de la conquête arabe de la Mésopotamie (en), en 641[2].
Les chrétiens sont alors placés sous le statut de dhimmis[2].
Les missions catholiques
modifierÀ partir du XVIIe siècle, les missions catholiques latines se développent en Mésopotamie. Les capucins s’installent à Mossoul en 1636. Les dominicains de la Province de Rome y arrivent en 1750, puis ceux de la Province de France en 1859. Ces missions jouent un rôle important dans le développement de l’Église catholique à Mossoul et dans les relations avec les communautés chrétiennes orientales[2].
En 1743, lors de la campagne de Nâdir Châh contre l’Empire ottoman, les chrétiens de Mossoul participent à la défense de la ville. Après l’échec du siège perse, la communauté chrétienne bénéficie d’une période plus favorable qui permet notamment la construction de nouvelles églises[2].
Les dominicains développent également une importante activité éditoriale. En 1857, ils fondent à Mossoul une imprimerie lithographique, puis établissent en 1860 une imprimerie moderne. Celle-ci publie de nombreux ouvrages en arabe, en français et en syriaque[2].
Persécutions
modifierAu début du XXe siècle, Mossoul est confrontée au génocide arménien et au génocide assyro-chaldéen[2].
Depuis 2003
modifierLe , la cathédrale a été la cible d'un attentat à la bombe endommageant gravement le bâtiment.
Le 3 juin 2007, un commando terroriste enlève et égorge le père Ragheed Ganni ainsi que trois diacres[5].
Le , l'archevêque Rahho est à son tour enlevé de sa voiture. Ses gardes du corps et son chauffeur ont été tués [6]. Le , le corps de l'archevêque a été découvert enterré près de Mossoul [7].
En juin 2014, Mossoul tombe sous le contrôle des djihadistes de l'État islamique. En juillet, un communiqué annonçant les nouvelles mesures imposées aux chrétiens est distribué et lu dans les mosquées de Mossoul. L'État islamique demande aux chrétiens de choisir entre la conversion à l'islam, le paiement de la djizya ou le départ de la ville, sous peine de mort. Cet ultimatum provoque un exode massif de la population chrétienne. Selon des informations rapportées à l'époque par Le Monde, la communauté chrétienne de Mossoul, qui comptait environ 100 000 personnes une dizaine d'années auparavant, ne comptait plus qu'environ 5 000 personnes avant la prise de la ville[8].
Le , l'église de la Vierge Marie de Mossoul est incendiée par l'État islamique.
Archevêché de Mossoul
modifierL'archéparchie est dirigée par l'archevêque titulaire dont le siège est la cathédrale Saint-Paul.
L'archevêché était installé dans un bâtiment moderne de deux étages, situé à environ 10 km de la cathédrale. Il a été construit et inauguré en 1995 par Mar George Garmo (en). L'archevêché a été détruit le par cinq assaillants qui ont saccagé le bâtiment après avoir forcé tout le monde à partir et chargé de dynamite dans le bâtiment.
Après plusieurs années de guerre l'archevêché rouvre ses portes après avoir été restauré en [9].
Ordinaires
modifier- Yohannan Hormizd (en) (1778-1818)
- Nicolas I Zaya (en)
- Joseph Audo (1825-1833)
- Eliya Abulyonan (en)
- Audishu V Khayyath (en)
- Yousef VI Emmanuel II Thomas (en) (1900-1947)
- Yousef VII Ghanima (en) (1947-1958)
- Paul II Cheikho (en) (1958-1960)
- Emmanuel Daddi † ( - décédé)
- Georges F. Garmo † ( - décédé le )
- Paulos Faraj Rahho † ( - 2008 tué - corps retrouvé le )
- Emil Shimoun Nona ( - ) (exilé à Erbil en 2014, puis transféré en Australie et en Nouvelle-Zélande en 2015)
- Najeeb Michaeel ( -)[10]
Liste des édifices cultuels
modifierVous trouverez ci-dessous une liste des églises de l’archéparchie de Mossoul et leur emplacement :
Statistiques
modifierLes statistiques suivantes ont été rapportées en 2004.
- Total catholiques : 20 600
- Prêtres diocésains : 10
- Prêtres religieux : 4
- Nombre total de prêtres : 14
- Catholiques par prêtre : 1 471
- Diacres permanents : 1
- Religieux masculin : 4
- Paroisses : 10
Références
modifier- ↑ « RINUNCE E NOMINE », sur press.vatican.va (consulté le )
- 1 2 3 4 5 6 7 « Édifices chrétiens de Mossoul | Patrimoine du Proche-Orient », sur archeologie.culture.gouv.fr (consulté le )
- 1 2 « Mossoul: le crépuscule de la symbiose islamo-chrétienne », sur Fondazione Internazionale Oasis, (consulté le )
- 1 2 « Ninive, un site archéologique capital face à Mossoul | Musée de Mossoul », sur archeologie.culture.gouv.fr (consulté le )
- ↑ « Hommage au père Ragheed, martyr du fondamentalisme en Irak - Vatican News », sur www.vaticannews.va, (consulté le )
- ↑ CNS Story: Kidnappers take Iraqi Archbishop, Kill his three companions « http://webarchive.loc.gov/all/20080408201445/http://www.catholicnews.com/data/stories/cns/0801165.htm »(Archive.org • Wikiwix • Que faire ?),
- ↑ "Kidnapped Iraqi archbishop dead", BBC News, 13 mars 2008.
- ↑ « En Irak, les djihadistes lancent un ultimatum aux chrétiens de Mossoul », Le Monde, (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) « IRAQ Mosul Christians and Muslims celebrate the reopening of the Archbishop’s See », sur asianews.it (consulté le ).
- ↑ « Rinunce e nomine », sur press.vatican.va (consulté le )
Liens externes
modifier- Kaldu.org - Site de l' éparchie de Saint-Pierre l'Apôtre
- GCatholic.org
- Entrée de la hiérarchie catholique