Arcisse de Caumont

historien et archéologue français

Arcisse de Caumont, né le à Bayeux et mort le à Caen, est un historien et archéologue français.

Il a été le premier à organiser l'histoire de l'architecture en périodes chronologiques spécifiques et il est considéré comme le père de l'archéologie médiévale en France.

Biographie

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Fils du peintre François de Caumont et de Marie-Louise Hue de Mathan, Arcisse de Caumont nait le 10 fructidor an IX () rue des Chanoines à Bayeux[1]. En 1810, il est envoyé au collège de Falaise[2], dont l'abbé Hervieu est le principal. Celui-ci lui confie la tâche d’entretenir les appareils de physique, ce qui enthousiasme le jeune de Caumont qui a un penchant naturel pour l'étude des sciences. À 15 ans, il donne des leçons à ses condisciples. En 1817, il entre au collège de Bayeux[2]. Après avoir obtenu son baccalauréat de lettres[2] le , il se fait inscrire à la faculté de droit de l'Université de Caen où il obtient une licence[2] le , ayant traité le sujet de thèse Du rang que les hypothèques ont entre elles, du mode de leur inscription et de leur radiation.

Tout en faisant ses études de droit, Caumont suit les cours de la faculté des sciences et de la faculté des lettres, et plus spécialement ceux d’histoire romaine. La même année que sa licence, il rédige un Essai sur l’architecture religieuse du Moyen Âge[3] et ouvre, à Caen, un cours d'archéologie monumentale, qui est publié en six volumes sous le titre Histoire de l'architecture religieuse, civile et militaire[4]. Caumont rapporte dans ses souvenirs que les professeurs lui ayant demandé un jour de lire ses notes du cours de la veille, il leur lit ce qu’il a littéralement copié dans un livre d’histoire de la bibliothèque. Il reçoit des compliments pour ce secret qu’il ne dévoile pas[5].

Arcisse de Caumont fonde la Société des antiquaires de Normandie et la Société linnéenne de Normandie en 1824, la Société française d'archéologie en 1834, l'Association normande et la Société pour la conservation des monuments. Non content d’avoir trouvé de nombreux adhérents à ces diverses associations, Caumont s'occupe de mettre en relations directes les divers membres qui les composent et de donner à chacun l’occasion d’exprimer ses opinions et de développer ses idées. Son dessein d'éveiller les curiosités et la créativité par une saine émulation est visible dans le compte rendu de la séance générale de 1862 par la Société française d'archéologie[6], où il encourage les uns et les autres à partager leurs observations individuelles sur un mode éclectique enrichissant. Il y sollicite par exemple de Jacques-Ferdinand Prévost, commandant du génie militaire à Saumur et amateur éclairé d'archéologie, une présentation des résultats des investigations personnelles de celui-ci sur les murs de forteresses vitrifiés que ce dernier a pu observer à Saumur et à Sainte-Suzanne, sur les tombes gallo-romaines inexplorées du vallon de Lacune près de Beaune, sur la ville perdue d’Armançon aux sources de la rivière du même nom[6]. En plus des congrès archéologiques, il est également à l'origine d'une vaste entreprise de congrès scientifiques, les « Congrès scientifiques de France », visant à réveiller les talents de province, qui donnent lieu à une collection d'ouvrages du même nom et connaissent un grand succès.

Les travaux d’Arcisse de Caumont permettent à la renaissance gothique de débuter en France sur des bases intellectuelles fiables. L’Encyclopédie du Moyen Âge[7] le note comme le premier à diviser l’architecture rationnellement en phases chronologiques différentes.

Reprenant l'idée d'un de ses mentors, l'autre archéologue normand, Charles de Gerville, inventeur du mot « roman »[4], il contribue notamment à la popularisation en architecture du terme « roman », jusque-là utilisé par les linguistes[8]. Ses ouvrages fort recherchés lui ont valu d’être nommé membre correspondant de l’Académie des inscriptions et belles-lettres. L'Abécédaire ou rudiment de l’archéologie (en trois tomes, chacun sur une période d’architecture majeure) est un outil de vulgarisation qu'on a pu qualifier de vulgate de l’architecture médiévale[4]. Il donne ainsi un essor à un mouvement intellectuel qui se propage dans la France tout entière et se traduit par la fondation d’une foule de sociétés savantes ou littéraires, dont chacune possède aujourd’hui une bibliothèque, des archives et quelques-unes même un musée.

Arcisse de Caumont compose plus de trente volumes sur l'archéologie et il concourt activement à la publication d'environ deux cents volumes de comptes-rendus et de mémoires des congrès des sociétés dont il est le fondateur. Son grand œuvre est le monumental Cours d’antiquités monumentales : histoire de l’art dans l’ouest de la France, depuis les temps les plus reculés jusqu’au XVIIe siècle couvrant les architectures religieuse, civile et militaire de l’ère gallo-romaine au Moyen Âge, publié de 1830 à 1841.

Il est élu le à l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Savoie, avec pour titre académique Agrégé[9].

Il se marie à Caen le avec Aglaë Louise Rioult de Villaunay[10].

Philanthrope, il dote sa ville natale d'un jardin botanique et d'une école primaire.

Il meurt à son domicile situé au no 23 rue des Carmes, dans le quartier Saint-Jean à Caen[11],[note 1]. Il est inhumé dans le cimetière Saint-Jean[14],[note 2].

Distinctions

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Hommages, postérité

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Iconographie

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Une médaille à son effigie a été exécutée par le graveur André Vauthier-Galle en 1861. Un exemplaire en est conservé au musée Carnavalet (ND 204).

Publications

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  • Mémoire géologique : sur quelques terrains de la Normandie occidentale, Caen, Chalopin Fils, 1825 ;
  • Essai sur la topographie géognostique du département du Calvados, Caen, Chalopin, 1828.
  • Mémoires de la Société linnéenne de Normandie, Paris, Lance, 1829.
  • Cours d’antiquités monumentales professé à Caen, en 1830, (1re partie : Antiquités celtiques ; 2e partie et 3e partie : Antiquités gallo-romaines ; 4e partie : Architecture religieuse du Moyen Âge ; 5e partie : Architecture militaire ; 6e partie : État de la peinture, de la calligraphie, de l’orfèvrerie et autres arts à l’époque du Moyen Âge), Caen, Lange, 1830-41.
  • Histoire sommaire de l’architecture religieuse, civile et militaire au Moyen Âge, Caen, Lance, 1836.
  • Histoire de l’architecture religieuse au Moyen Âge, Caen, Derache, 1841.
  • Rapport verbal fait à la Société française pour la conservation des monuments dans la séance administrative du 7 déc. 1844, sur quelques antiquités du midi de la France, Caen, [s.n.], 1845.
  • Statistique monumentale du Calvados, Caen, Le Blanc-Hardel, 5 volumes (réimpressions en 4 volumes en 1967 puis en 1978 chez Joseph Floch, imprimeur à Mayenne) :
  • Statistiques routières de la Basse-Normandie, Caen, Derache, 1855..
  • Abécédaire héraldique, ou Notions générales sur le blason, Caen, A. Hardel, 1861.
  • Inauguration d’un monument à Dives en mémoire du départ de l’armée de Guillaume-le-Bâtard pour la conquête de l’Angleterre en 1066, Caen, A. Hardel, 1861.
  • Bulletin monumental ou collection de memoires et de renseignements sur la statistique monumentale de la France, Édité par Française. 1865.
  • Archéologie des écoles primaires, Caen, Le Blanc-Hardel, 1868.
  • Le Mur de Laudunum, Caen, [s.n.], 1868.
  • Abécédaire ou rudiment d’archéologie, Caen, F. Le Blanc-Hardel, 1869.
  • Le Beurre d’Isigny à Monaco : résumé d'une communication verbale faite au Congrès de l'Association normande à Isigny en juin 1869, Caen, F. Le Blanc-Hardel, , 14 p., in-8o
  • La Vallée de la Dives : statistique ripuaire Caen, Res Universis, 1853 ; reprint 1992.

Notes et références

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  1. Cet hôtel particulier du XVIIIe siècle, dont le marteau de porte en fer forgé était protégé au titre des monuments historiques[12], a été détruit en 1944 pendant la bataille de Caen[13].
  2. Situé à Vaucelles, sur la rive droite de l'Orne, ce cimetière est utilisé par la paroisse Saint-Jean depuis les années 1780.

Références

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  1. « Acte de naissance », sur Archives départementales du Calvados
  2. 1 2 3 4 5 « Arcisse de Caumont » Accès libre, sur Archives départementales du Calvados
  3. Arcisse de Caumont, « Essai sur l'architecture religieuse du Moyen Âge, particulièrement en Normandie », Mémoires de la Société des Antiquaires de la Normandie, t. 1 , 1824, p. 535-677
  4. 1 2 3 Éliane Vergnolle, vice-présidente de la Société, « La Société française d’archéologie, de sa fondation en 1834 à nos jours », sur sf-archeologie.net, (consulté le ).
  5. « La Jeunesse studieuse d’Arcisse de Caumont », Association normande, congrès de Falaise, 1936.
  6. 1 2 Congrès archéologique de France : Séances générales tenues par la Société française d’archéologie pour la conservation des monuments. Compte-rendu complet, xxive session, 1862 (lire en ligne).
  7. André Vauchez, Barrie Dobson et Michael Lapidge (trad. Adrian Walford), Encyclopédie du Moyen Âge, Londres, Routledge, (ISBN 978-1-57958-282-1, lire en ligne), p. 1215.
  8. Normandie romane, collection du Zodiaque, Paris, 1975.
  9. « État des Membres de l'Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Savoie depuis sa fondation (1820) jusqu'à 1909 », sur le site de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Savoie et « Académie des sciences, belles-lettres et arts de Savoie », sur le site du Comité des travaux historiques et scientifiques - cths.fr.
  10. « Acte de mariage », sur Archives départementales du Calvados
  11. « Acte de décès », sur Archives départementales du Calvados
  12. « Séance du 5 juin 1931 », Bulletin de la Société des antiquaires de Normandie, vol. 39, 1930–1931, p. 490 (lire en ligne Accès libre)
  13. « Gosselin : 16.704 Z, 19.261 Z » Accès libre, sur Archives départementales du Calvados
  14. Emmanuel Luis et Sandrine Berthelot, Service de l'inventaire de la région Normandie, Ici repose… : À la découverte des cimetières de Caen, Lyon, Lieux dits, coll. « Parcours du patrimoine », , 80 p. (ISBN 978-2-36219-156-5).

Sources bibliographiques

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  • Vincent Juhel (dir.), Arcisse de Caumont (1801-1873), érudit normand et fondateur de l’archéologie française : actes du colloque international organisé à Caen du 14 au 16 juin 2001, Caen, Société des antiquaires de Normandie, , 515 p. (ISBN 978-2-95105-582-7, lire en ligne).
  • Bulletin du bibliophile et du bibliothécaire, Caen, Giraud-Badin, 1873, p. 421-2.

Liens externes

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