Argyroxiphium sandwicense
Argyroxiphium sandwicense est une espèce de plante à fleurs de la famille des Asteraceae, endémique des îles Hawaï. Elle appartient à l'alliance des silverswords, un groupe de plantes hawaïennes comprenant notamment les genres Argyroxiphium, Dubautia et Wilkesia, souvent cité comme exemple de radiation adaptative insulaire[1].
| Règne | Plantae |
|---|---|
| Sous-règne | Tracheobionta |
| Division | Magnoliophyta |
| Classe | Magnoliopsida |
| Sous-classe | Asteridae |
| Ordre | Asterales |
| Famille | Asteraceae |
| Genre | Argyroxiphium |
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L'espèce est particulièrement connue pour ses feuilles argentées disposées en rosette et pour son adaptation aux milieux volcaniques d'altitude d'Hawaï. Deux sous-espèces sont reconnues : Argyroxiphium sandwicense subsp. sandwicense, présente sur le Mauna Kea, et Argyroxiphium sandwicense subsp. macrocephalum, présente sur le Haleakalā[2].
Description
modifierArgyroxiphium sandwicense forme une rosette basale dense de feuilles étroites, lancéolées à linéaires-lancéolées, souvent rigides et recouvertes de poils argentés. Chez la sous-espèce du Mauna Kea, les feuilles peuvent atteindre environ 39 cm de long et 1,5 cm de large au milieu du limbe[3]. L'ensemble de la rosette peut prendre une forme globuleuse caractéristique.
La floraison produit une hampe florale dressée. Chez la sous-espèce du Haleakalā, celle-ci peut porter jusqu'à plusieurs centaines de capitules, de couleur rose à rouge vineux ou pourpre[4]. Les fruits sont des akènes, pouvant contenir chacun une graine[3].
Biologie
modifierLa croissance de l'espèce est lente. Les individus peuvent demeurer de nombreuses années à l'état végétatif avant de fleurir. La sous-espèce du Haleakalā est généralement monocarpique : elle ne fleurit qu'une seule fois, produit une grande inflorescence, puis meurt après la maturation et la dispersion des graines[4]. La sous-espèce du Mauna Kea est décrite comme monocarpique ou, plus rarement, ramifiée et polycarpique[3].
Les capitules attirent divers insectes pollinisateurs. La production de graines constitue une étape importante du cycle de vie, en particulier pour les formes monocarpique qui investissent l'essentiel de leur reproduction dans un unique épisode de floraison.
Répartition et habitat
modifierArgyroxiphium sandwicense est strictement endémique d'Hawaï[2]. Les deux sous-espèces reconnues ont des aires disjointes :
- Argyroxiphium sandwicense subsp. sandwicense, ou silversword du Mauna Kea, est présent sur l'île d'Hawaï, dans les milieux alpins du Mauna Kea[3] ;
- Argyroxiphium sandwicense subsp. macrocephalum, ou silversword du Haleakalā, est présent sur Maui, dans le secteur du Haleakalā, notamment dans le parc national de Haleakalā[4].
Les populations se rencontrent sur des milieux volcaniques d'altitude, notamment des pentes de scories, des cendres volcaniques et des substrats de lave. Ces habitats sont caractérisés par une forte exposition au rayonnement solaire, des vents parfois intenses, une faible rétention d'eau et de fortes variations de température entre le jour et la nuit.
Adaptations
modifierLes feuilles argentées de l'espèce sont couvertes de poils denses qui réfléchissent une partie du rayonnement solaire et contribuent à limiter l'échauffement des tissus. La rosette compacte et les feuilles charnues participent également à la survie dans les milieux secs et exposés des hautes pentes volcaniques[4].
Chez les silverswords du Mauna Kea, les feuilles possèdent une couche dense de poils argentés[3]. Cette pilosité, associée à l'organisation en rosette, est interprétée comme une adaptation aux conditions alpines tropicales : forte lumière, froid nocturne, sécheresse relative et substrats pauvres.
Évolution
modifierArgyroxiphium sandwicense fait partie de l'alliance des silverswords, une lignée hawaïenne de la famille des Asteraceae. Les études phylogénétiques indiquent que cette alliance dérive d'un ancêtre apparenté aux tarweeds d'Amérique du Nord, arrivé dans l'archipel hawaïen par dispersion à longue distance[1].
Après son établissement dans l'archipel, cette lignée a connu une diversification importante, donnant naissance à des formes herbacées, arbustives, arborescentes ou en rosette, adaptées à des habitats variés. Cette radiation adaptative est l'un des exemples les plus étudiés d'évolution insulaire chez les plantes[1].
Taxonomie
modifierL'espèce a été décrite en 1836 par Augustin Pyrame de Candolle dans le cinquième volume du Prodromus Systematis Naturalis Regni Vegetabilis[5].
Une analyse morphométrique publiée en 1983 a comparé les populations du Haleakalā et du Mauna Kea. Les auteurs ont proposé de reconnaître deux sous-espèces, sur la base de différences quantitatives et de leur isolement géographique[6]. Cette distinction est reprise par Plants of the World Online[2].
Liste de sous-espèces
modifierStatut de conservation
modifierLes populations d’Argyroxiphium sandwicense ont fortement décliné aux XIXe et XXe siècles, notamment sous l'effet du pâturage et du piétinement par des ongulés introduits, ainsi que par les prélèvements effectués par les visiteurs[4],[3].
Le statut de conservation UICN est ambiguë en ce qui concerne cette espèce. L'organisme indique que l'espèce est vulnérable. En réalité, la situation est plus complexe, la sous-espèce Argyroxiphium sandwicense subsp. macrocephalum est bien enregistrée comme vulnérable, alors que la sous-espèce Argyroxiphium sandwicense subsp. sandwicense est en danger critique d'extinction.
La sous-espèce du Mauna Kea est classée comme « endangered » par l'U.S. Fish and Wildlife Service depuis 1986[3]. Les mesures de conservation ont inclus la mise en place d'enclos, la limitation du pâturage par les animaux introduits et des programmes de restauration ou de plantation.
La sous-espèce du Haleakalā a bénéficié de la protection du parc national de Haleakalā. Selon le National Park Service, les clôtures contre les ongulés, le contrôle de plantes non indigènes et l'éducation des visiteurs ont contribué à sa protection[4]. Le changement climatique représente toutefois une menace croissante : des conditions plus chaudes et plus sèches pourraient accroître le stress hydrique et réduire la régénération des populations[7].
Notes et références
modifier- 1 2 3 (en) Bruce G. Baldwin et Warren L. Wagner, « Hawaiian angiosperm radiations of North American origin », Annals of Botany, vol. 105, no 6, , p. 849-879 (PMID 20382966, PMCID PMC2876002, DOI 10.1093/aob/mcq052, lire en ligne).
- 1 2 3 (en) « Argyroxiphium sandwicense DC. », sur Plants of the World Online, Royal Botanic Gardens, Kew (consulté le ).
- 1 2 3 4 5 6 7 (en) « Species Profile for `Ahinahina (Argyroxiphium sandwicense ssp. sandwicense) », sur Environmental Conservation Online System, U.S. Fish and Wildlife Service (consulté le ).
- 1 2 3 4 5 6 (en) « Haleakalā Silverswords », sur Haleakalā National Park, National Park Service (consulté le ).
- ↑ (en) « Argyroxiphium sandwicense DC. », sur International Plant Names Index (consulté le ).
- ↑ (en) Alain Meyrat, Gerald D. Carr et Clifford W. Smith, « A Morphometric Analysis and Taxonomic Appraisal of the Hawaiian Silversword Argyroxiphium sandwicense DC. (Asteraceae) », Pacific Science, vol. 37, no 3, , p. 211-225 (lire en ligne).
- ↑ (en) « Global Warming May Have Severe Consequences for Rare Haleakala Silverswords », sur Haleakalā National Park, National Park Service, (consulté le ).
Bibliographie
modifier- (en) Warren L. Wagner, Derral R. Herbst et S. H. Sohmer, Manual of the Flowering Plants of Hawai‘i, University of Hawai‘i Press, (ISBN 978-0-8248-2166-1).
- (en) Bruce G. Baldwin (dir.) et Gerald D. Carr, Tarweeds and Silverswords: Evolution of the Madiinae (Asteraceae), Missouri Botanical Garden Press, (ISBN 978-1-930723-23-8).
Voir aussi
modifierArticles connexes
modifierLiens externes
modifier- (fr + en) ITIS : Argyroxiphium sandwicense DC.
- (en) NCBI : Argyroxiphium sandwicense (taxons inclus)
- (en) UICN : espèce Argyroxiphium sandwicense DC., 1836 (consulté le )
- (en) GRIN : espèce Argyroxiphium sandwicense DC.
- (en) Fonds documentaire ARKive : Argyroxiphium sandwicense