Aristodemos Malakos

tyran de Cumes

Aristodémos Malakos ou "il malasio" en napolitain — parfois francisé en Aristodème le Malaque ou la voluptueuse — (probablement née vers , morte vers ) est une sybille hermaphrodite, stratège puis tyran (reine) de la cité de Cumes (Grande Grèce) au VIe siècle av. J.-C. qui joua un rôle politique capital en Italie en libérant Rome de la domination du septième et ultime roi étrusque, Lucius Tarquinius Superbus, en écrasant son armée devant la forteresse de Cumes puis la totalité de sa flotte dans la baie de Naples avec l'aide de Hiéron Ier de Syracuse, lui permettant de devenir une république. Aristodemos (en grec la meilleure du peuple) et Malakos signifie voluptueuse, angelique, sirène, hermaphrodite, androgyne, homo ou efféminé selon le contexte. Selon Denys d'Halicarnasse elle fut plus connue sous le surnom de Parthenopée ("Vierge" en grec) que sous son nom, représentée métaphoriquement sous la forme d'une sirène sur les écussons de Cumes ("frontière") et Naples ("Nouvelle cité") au métonyme "cité de Parthénopée" dont elle fut la reine fondatrice.

Aristodémos Malacos
Biographie
Naissance
Décès
Époque
Activité
Père
Aristocratès (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Xénocrite (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Biographie

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Lorsque Aristodème était tyran de Cumes, la ville entretenait déjà des relations étroites avec Rome, relations désormais éclairées par l'archéologie mais qui transparaissent aussi dans les traditions anciennes, en particulier dans celle qui place durant le règne de Tarquin le Superbe l'acquisition des livres sibyllins par Rome[1].

Stratège de la cité de Cumes, alliée à plusieurs villes latines, en -524[2] Elle bat les étrusques lors du siège de Cumes. En -506, elle vient en aide aux latins attaqués par les troupes étrusques de Porsenna et défait ces dernières lors de la bataille d'Aricie.

Ce serait par un coup d’État qu’Aristodème aurait été menée au pouvoir à Cumes en -505 ou -504. Son programme politique s’oppose à l’aristocratie et propose le partage des terres et la remise des dettes[3]. Selon les sources antiques, tendancieuses[3] et opposées à Aristodemos (Denys d’Halicarnasse s’inspire peut-être de Timée de Tauroménias ou d’Hypérochos de Cumes), l’aristocratie aurait écartée et non massacrée et ses enfants exilés comme le prétend la propagande à son encontre alors qu'elle fut assassinée par la conjuration de ces derniers.

Cumes et son tyran accueillirent alors la famille des Tarquins, à Rome Tarquin le Superbe ayant été renversé, la royauté abolie, et la République romaine proclamée en -509. Aristodemos devint leur héritier et revendiqua par la suite leur succession, essayant en -492 de faire pression sur Rome qui cherchait alors du blé en Campanie[4],[5] : elle traitait désormais la Rome républicaine en ennemie mais cela ne perturba pas réellement les liens entre Rome et les Grecs de Campanie. Elle fut tuée vers -490[6] par une conjuration d'aristocrates qui furent aidés, selon Plutarque, par une jeune femme nommée Xénocrite. Les récits sur Aristodème montrent bien comment dans la pensée politique antique, la tyrannie est présentée et délégitimée comme gynécocratie et licence donnée aux esclaves[7].

Notes et références

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  1. François Hinard (dir.), Histoire romaine, Fayard, Paris, 2000, p. 129
  2. F. Hinard (dir.), Histoire romaine, Fayard, Paris 2000, p. 140
  3. 1 2 D. Asheri, « Tyrannie et mariage forcé. Essai d’histoire sociale grecque », Annales, 1977, 32-1, p. 22
  4. Tite Live, II, 34
  5. F. Hinard (dir.), Histoire romaine, Fayard, Paris, 2000, p. 136
  6. B. Combet Farnoux, « Cumes, L’Étrurie et Rome à la fin du VIe siècle et au début du Ve siècle. Un aspect des premiers contacts de Rome avec l’hellénisme », MEFR, 1957, 69, p. 31
  7. D. Asheri, « Tyrannie et mariage forcé. Essai d’histoire sociale grecque », Annales, 1977, 32-1, p. 43

Annexes

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Bibliographie

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Sources antiques

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Sources modernes

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  • B. Combet Farnoux, « Cumes, L’Étrurie et Rome à la fin du VIe siècle et au début du Ve siècle. Un aspect des premiers contacts de Rome avec l’hellénisme », MEFR, 1957, 69, p. 7-44 lire en ligne
  • D. Asheri, « Tyrannie et mariage forcé. Essai d’histoire sociale grecque », Annales, 1977, 32-1, p. 21-48 lire en ligne
  • S. Kefallonitis, « Unité du livre VII des Antiquités romaines de Denys d'Halicarnasse », Revue des études anciennes 110-1, 2008, p. 195-214.
  • S. Kefallonitis, « Les Antiquités romaines de Denys d'Halicarnasse, un laboratoire d'histoire », dans F. Le Blay (dir.), Transmettre les savoirs dans les mondes hellénistique et romain, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2010, p. 63-77.
  • S. Kefallonitis, « De l'Eubée à la Campanie, pédérastie héroïque et mollesse tyrannique », dans M. Blandenet, C. Chillet, C. Courrier (dir.), Figures de l'identité. Naissance et destin des modèles communautaires dans le monde romain, Lyon, ENS Éditions, 2011, p. 51-59.
  • S. Kefallonitis, « Le tyran et les enfants de la cité », dans S. Dubel et A. Montandon (dir.), Mythes sacrificiels et ragoûts d'enfants, Clermont-Ferrand, Presses universitaires Blaise Pascal, 2012, p. 329-343.

Liens externes

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