Armand-Charles de La Porte de La Meilleraye
Armand-Charles de La Porte de La Meilleraye (1632 - au château de La Meilleraye, à Beaulieu-sous-Parthenay), duc de Mazarin, marquis de La Meilleraye, duc de Mayenne, prince de Château-Porcien, marquis de Montcornet, comte de La Fère et comte de Marle, sire de Langeais, est un aristocrate et militaire français, grand maître de l'artillerie de France et gouverneur d'Alsace[1],[2].
| Grand maître de l'artillerie de France |
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| Naissance | |
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| Décès | |
| Activité |
Militaire |
| Famille | |
| Père | |
| Conjoint |
Hortense Mancini (à partir de ) |
| Enfants |
Marie Charlotte de La Porte de La Meilleraye Paul Jules de La Porte (d) |
| Grade militaire | |
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| Distinctions |
Biographie
modifierArmand-Charles est le fils de Charles de La Porte, maréchal de France, duc de La Meilleraye, et de Marie Ruzé d'Effiat[3]. Par sa mère, il est le neveu d'Henri Coiffier de Ruzé d'Effiat, marquis de Cinq-Mars. Il appartient à la famille de La Porte de La Meilleraye, liée à l'entourage du cardinal de Richelieu par la carrière de son père[3].
Il exerce la charge de grand maître de l'artillerie de France à partir de 1648 selon la base Bibale de l'Institut de recherche et d'histoire des textes[2]. Il est nommé lieutenant général des armées du roi en 1654[1]. Son activité militaire et politique est ensuite liée à l'héritage du cardinal Mazarin, notamment en Alsace.
Il épouse en 1661 Hortense Mancini, nièce du cardinal Mazarin[1]. Le contrat de mariage attribue à Armand-Charles de La Porte le titre de duc de Mazarin et l'héritage du cardinal, comprenant notamment un important domaine foncier et plusieurs terres en Alsace[4]. Il succède aussi au cardinal dans les charges de gouverneur de Brisach et de Philipsbourg, ainsi que dans celle de grand bailli de Haguenau, avant d'être nommé gouverneur d'Alsace[4]. Il est reçu chevalier de l'ordre du Saint-Esprit en 1688[3].
Les travaux de Georges Livet, consacrés au gouvernement d'Alsace du duc de Mazarin, s'appuient notamment sur le fonds alsacien du ministère des Affaires étrangères et sur les archives familiales des Mazarin conservées à Monaco[5]. Une lettre d'Armand-Charles de La Porte à Jean-Baptiste Colbert, datée de Strasbourg le 8 novembre 1672, est publiée dans la Correspondance administrative sous le règne de Louis XIV et le désigne comme duc de La Meilleraye et de Mazarin, gouverneur d'Alsace[6].
Il réside avec Hortense Mancini au « Grand-Logis » de Mayenne, où il fait une entrée solennelle au mois d'août 1664[7]. Le couple se sépare cependant rapidement. Le compte rendu de l'ouvrage de Georges Livet rappelle que les contemporains ont transmis du duc de Mazarin une image défavorable, le décrivant comme bizarre, fantasque, dévot et jaloux ; il mentionne également les récits relatifs à la mutilation de statues antiques provenant de la collection Mazarin[4].
À Paris, le duc de Mazarin occupe avec son épouse une partie de l'ancien palais Mazarin, partagé après la mort du cardinal entre Hortense Mancini et son frère Philippe Mancini, duc de Nevers[4].
À Mayenne, Armand-Charles de La Porte s'occupe de l'administration de son duché et assiste à plusieurs assemblées de l'hôtel de ville dans les années 1670 et 1680[7]. Il attribue en 1667 une rente au collège de Mayenne, sous condition que l'enseignement y soit assuré par quatre régents jusqu'à la rhétorique[7]. L'abbé Angot lui attribue aussi la création d'un bureau de charité avant 1680 et le projet d'un hôpital général à Mayenne[7]. Sur le coteau des Buttes, acquis en 1657 par le cardinal Mazarin, Armand-Charles de La Porte fait construire un logis plus habitable que l'ancien château féodal, connu sous le nom de Grand-Logis[7].
Il meurt le 9 novembre 1713 au château de La Meilleraye, à Beaulieu-sous-Parthenay[1],[7].
Il est l'arrière-grand-père d'Armande Félice de La Porte Mazarin, mère de plusieurs des « sœurs de Nesle », dont quatre furent successivement favorites de Louis XV[3]. Par son fils Paul-Jules de La Porte-Mazarin, puis par Guy-Paul-Jules de La Porte-Mazarin, Charlotte-Antoinette de La Porte-Mazarin et Louise-Jeanne de Durfort (respectivement fils, petite-fille et arrière-petite-fille dudit Paul-Jules), une grosse partie de la postérité patrimoniale issue des Mazarin passe ensuite dans la Maison de Grimaldi de Monaco par le mariage de Louise-Félicité-Victoire d'Aumont (fille de Louise-Jeanne de Durfort) avec Honoré IV[8].
Titulature
modifierDe par son père, il est marquis de La Porte, puis duc de La Meilleraye et pair de France[3].
De son grand-père maternel, Antoine Coëffier de Ruzé d'Effiat, marquis d'Effiat et père de Cinq-Mars, il reçoit notamment les titres de comte de Longjumeau, marquis de Chilly-Mazarin et baron de Massy[3].
Lors de son mariage avec Hortense Mancini, il reçoit du cardinal Mazarin les titres de duc de Mazarin, duc de Mayenne, prince de Château-Porcien, comte de Ferrette, de Belfort, de Thann et de Rosemont, baron d'Altkirch, seigneur d'Issenheim et marquis de Guiscard[4],[3].
Par héritage, une partie des titres et biens issus des La Porte-Mazarin passe à Louise-Jeanne de Durfort, duchesse de Mazarin, puis à sa fille Louise d'Aumont, duchesse de Valentinois, épouse d'Honoré IV, prince de Monaco[8].
Un rare exemplaire de l'édition originale de 1670 des Pensées de Pascal, relié en maroquin d'époque et frappé aux angles des plats du monogramme couronné d'Armand-Charles de La Porte, a été acquis à Paris-Drouot le 20 décembre 1990 par la ville de Clermont-Ferrand. Il est conservé à la bibliothèque du patrimoine de Clermont Auvergne Métropole[9],[10],[11].
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 « Mazarin, Armand Charles de La Porte », sur AGORHA, Institut national d'histoire de l'art (consulté le ).
- 1 2 « La Porte, Armand Charles de, marquis de La Meilleraye, duc de Mazarin, 1632-1713 », sur Bibale, Institut de recherche et d'histoire des textes - CNRS (consulté le ).
- 1 2 3 4 5 6 7 A. de La Porte, Histoire généalogique des familles nobles du nom de La Porte, avec les maintenues, les preuves de noblesse et les sources, Poitiers, Oudin frères, , 354-408 p. (lire en ligne), Généalogie de la famille de La Porte de La Meilleraye.
- 1 2 3 4 5 René Metz, « Georges Livet, Le Duc Mazarin, gouverneur d'Alsace (1661-1713). Lettres et documents inédits, 1954 », Revue des sciences religieuses, t. 30, no 1, , p. 95-97 (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Paul Leuilliot, « Georges Livet, Le Duc de Mazarin, gouverneur d'Alsace (1661-1713). Lettres et documents inédits », Annales. Économies, Sociétés, Civilisations, vol. 11, no 2, , p. 264-265 (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ « Lettre de Armand Charles de La Porte, duc de La Meilleraye et de Mazarin (gouverneur d'Alsace) à Jean-Baptiste Colbert (contrôleur général des finances) datée du 08 novembre 1672, à Strasbourg », Correspondance administrative sous le règne de Louis XIV, recueillie et mise en ordre par G. B. Depping, t. 4, , p. 733-734 (lire en ligne, consulté le ).
- 1 2 3 4 5 6 Alphonse-Victor Angot, « Mayenne - Tome II », sur Dictionnaire historique, topographique et biographique de la Mayenne, Archives départementales de la Mayenne (consulté le ).
- 1 2 Sylvia Vriz, « Mazarin, duchesse de », sur AGORHA, Institut national d'histoire de l'art, (consulté le ).
- ↑ Reproduction couleur dans Drouot 1991 - l'art et les enchères en France, p. 160.
- ↑ « Pensées de M. Pascal sur la religion et sur quelques autres sujets, qui ont esté trouvées après sa mort parmy ses papiers », sur Overnia (consulté le ).
- ↑ Nicolas Ducimetière, « « Un livre pour deux frères… » : l’exemplaire Arnauld de l’édition originale des Pensées de Pascal (1670) », Courrier du Centre International Blaise-Pascal, no 26, , p. 24-28 (ISSN 0249-6674, DOI 10.4000/ccibp.521, lire en ligne, consulté le ).
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Jean-Baptiste Guyard de La Fosse, Histoire de Mayenne ;
- Bibliothèque nationale de France, fr. 11.468 ;
- Pinard, Chronologie militaire, t. IV, p. 201 ;
- Relation d'Ézéchiel Spanheim ;
- Grosse-Duperon, Souvenirs du Vieux-Mayenne ;
- Grosse-Duperon, Étude sur Fontaine-Daniel ;
- Alphonse-Victor Angot et Ferdinand Gaugain, Dictionnaire historique, topographique et biographique de la Mayenne, Laval, Goupil, 1900-1910 ;
- Maria Cavaillès, Arnaud Clairand, Raphaël Supiot et Albéric Verdon dir., La Meilleraye, destin d'une famille aux XVIIe et XVIIIe siècles, Parthenay, Archives municipales et Musée municipal, 2014 ;
- Georges Livet, Le duc Mazarin, gouverneur d'Alsace : 1661-1713. Lettres et documents inédits, Strasbourg, F.-X. Le Roux, 1954, 205 p. ;
- René Metz, compte rendu de Georges Livet, Le Duc Mazarin, gouverneur d'Alsace (1661-1713). Lettres et documents inédits, dans Revue des sciences religieuses, 1956, tome 30, no 1, p. 95-97 lire en ligne ;
- A. de La Porte, Histoire généalogique des familles nobles du nom de La Porte, avec les maintenues, les preuves de noblesse et les sources, Poitiers, Oudin frères, , 354-408 p. (lire en ligne), Généalogie de la famille de La Porte de La Meilleraye.
Articles connexes
modifierLiens externes
modifier- Ressource relative aux beaux-arts :
- Ressource relative à la recherche :
- « Armand-Charles de La Porte, duc de Mazarin et de la Mielleraie, seigneur de Parthenay (1616-1713) » dans Histoire de la ville de Parthenay de Bélisaire Ledain, p. 326-341.
- Mémoires de la duchesse Mazarin par l'abbé de Saint-Réal (1674)
- Réponse au plaidoyer de M. Érard de Charles de Saint-Évremond (1689)