Armand Annet
Armand Léon Annet ( - [1]) est un administrateur colonial français. Gouverneur de plusieurs territoires, il termine sa carrière comme gouverneur général de Madagascar sous le régime de Vichy. Condamné à la dégradation nationale en 1947, il a été amnistié en 1954.
| Gouverneur du Dahomey | |
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| - | |
| Gouverneur de la Côte française des Somalis | |
| Gouverneur général de Madagascar |
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| Nom de naissance |
Armand Prosper Annet |
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Homme politique, administrateur colonial, militaire, gouverneur général |
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Biographie
modifierArmand Annet est né à Paris le , rue de Babylone dans le 7e arrondissement de Paris. Il effectue ses études secondaires au Lycée Chaptal et obtient le baccalauréat en 1907.
Il s'engage alors dans le 39e régiment d'infanterie à Rouen le , et est libéré le .
Carrière coloniale
modifierAprès avoir sollicité un emploi en Afrique-Équatoriale française, il est nommé commis de 3e classe des services civils. Il embarque à Bordeaux le , arrive le et est envoyé en Oubangui-Chari. Le , il devient commis de première classe. Il est affecté le au cabinet du gouverneur général, et nommé adjoint de deuxième classe le .
Mobilisé le , comme sous-lieutenant d'infanterie métropolitaine mis à la disposition des troupes coloniales, il prend part à la campagne du Cameroun. Blessé à la jambe droite lors de la prise de la factorerie de Moopa, il est promu lieutenant le , puis capitaine. Mis à la disposition du général de division Aymerich, alors commissaire de la République au Cameroun, à partir du , il travaille dans le cadre du corps d'occupation du Cameroun, puis comme chef de section dans le bataillon indigène du Moyen-Congo.
À partir du , il remplit les fonctions de chef de cabinet du lieutenant-gouverneur du Moyen-Congo. Le , il est nommé chef du bureau militaire et chef du service des affaires politiques, puis chef de cabinet à partir du du commissaire de la République au Cameroun.
Détaché en France à l'Agence économique du Cameroun, il devient chef adjoint du cabinet du gouverneur général de l'AOF, puis directeur par intérim à partir du et enfin directeur de cabinet le . Sous l'égide du gouverneur général Jules Carde, il gravit tous les échelons administratifs. Le , il est nommé gouverneur de troisième classe et mis en service détaché à la disposition du gouverneur général de l'Algérie ; il participe aux conférences nord-africaines d'Alger (1930) et de Tunis (1931).
Le , Armand Annet est nommé gouverneur de la Côte française des Somalis. Il est promu gouverneur de 2e classe le . C'est lui qui accueille à Djibouti le négus Haïlé Sélassié qui quitte l'Abyssinie devant les troupes italiennes pour rejoindre l'Europe en .
Il quitte la CFS en et rentre en France, où il est nommé au Comité d'études des coutumes indigènes africaines puis au Comité colonial des économies.
Le , il est nommé par Albert Lebrun gouverneur du Dahomey. En , dans un premier temps favorable à la poursuite des hostilités contre l'Allemagne[réf. nécessaire], il se rallie au maréchal Pétain et est nommé commissaire de la République au Cameroun le . Bloqué à Libreville lors du ralliement de l'A.E.F. à la France libre, Annet rentre à Dakar lorsque les premières troupes des Forces françaises libres pénètrent dans Libreville.
- Gouverneur de Madagascar
Le , il est nommé gouverneur général de Madagascar par le gouvernement de Vichy, à la place de Léon Cayla. Il arrive dans l'île le et prend ses fonctions le 15. Il poursuit la politique de son prédécesseur : la mise en œuvre de la Révolution nationale prônée par Pétain.
En 1942, il s'oppose au débarquement britannique lors de l'opération Ironclad. Tous les bateaux français mouillant à Diego-Suarez sont coulés[2]. Annet organise la bataille de Madagascar qui durera plusieurs mois. Replié à Ihosy, le , il signe un armistice avec les Britanniques et obtient le maintien de la souveraineté française[réf. nécessaire].
Il est remplacé par Robert Sturges.
Dernières années
modifierArmand Annet est envoyé en résidence surveillée à Zefonstein, petite ville située à une cinquantaine de kilomètres de Johannesburg (Afrique du Sud). Le , il embarque au Cap pour Casablanca. Le , il est écroué à la maison d'arrêt de Casablanca puis transféré le à la prison de Fresnes où il effectue 21 mois de détention préventive.
Le , la Haute Cour de justice le condamne à la dégradation nationale à vie[3]. En , Annet bénéficie d'un recours en grâce qui ramène la durée de la dégradation nationale à cinq ans. Il bénéficie ensuite, par décret du président de la République du , d'une mesure gracieuse lui accordant la remise du reste de la dégradation nationale qui le touche. Enfin, la loi du lui permet de solliciter une amnistie par décret. Celui-ci est promulgué le .
Il meurt le , au 21 bis, avenue de La Motte-Picquet à Paris, en ayant publié au préalable plusieurs romans et articles qui célèbrent « l'œuvre coloniale française »[4]. Il publie également une œuvre de mémoires et d'autojustification en 1952[5].
Décorations
modifierIl est nommé chevalier de la Légion d'honneur le , promu officier le , et finit commandeur en 1942. Il perd ses titres après sa condamnation, puis les récupère après avoir été amnistié.
Il est décoré de l'Ordre de l'Étoile noire du Dahomey le , de la croix de guerre (deux citations à l'ordre du régiment, une citation à l'ordre de la division, et une à l'ordre de l'armée), de la croix de guerre belge, officier du Nicham Iftikhar et titulaire de la médaille coloniale avec agrafe AEF.
Publications
modifier- Annet (Armand), Je suis gouverneur d'outre-mer, Editions du Conquistador, Paris, 1957, 144 p.
- Annet (Armand), En colonne dans le Cameroun : notes d'un commandant de compagnie 1914-1916, Paris, éd. Debresse, 1949, 127p.
- Annet (Armand), Aux heures troublées de l'Afrique Française, 1939-1943, Le Mans, éd. Du Conquistador, 1952, 251p.
- Annet (Armand), Le secret du Tengelin, Paris, éd. Du Scorpion, 1966, 217p.
- Annet (Armand), Le poste à bois, Roman de la grande forêt, Paris, éd Debresse, 1972, 157p.
- Annet (Armand), "En Forêt" dans Revue indépendante, Revue d'action nationale, sociale, littéraire, artistique, documentaire, , 8e anthologie, p.4.
- Annet (Armand), "Réflexions sur la politique coloniale française" dans Revue indépendante, Revue d'action nationale, sociale, littéraire, artistique, documentaire, Avril 1953, p.24 à 28.
Notes et références
modifier- ↑ AfBA I 25, p.71
- ↑ Jean-Baptiste Duroselle, L'abîme, 1939-1944, 1982 ; rééd coll. « Points-histoire », 1990, p. 441.
- ↑ Christian Roche, 50 ans d'indépendance dans les anciennes possessions françaises d'Afrique noire, Paris, l'Harmattan, 2011, p. 243
- ↑ Armand ANNET, « Réflexions sur la politique coloniale française », Revue indépendante, Revue d'action nationale, sociale, littéraire, artistique, documentaire, , p. 27
- ↑ Annet (Armand), Aux heures troublées de l'Afrique Française, 1939-1943,Le Mans, éd. du Conquistador, 1952, 251 p.
Annexes
modifierBibliographie
modifier- Hommes et destins, Académie des Sciences d’Outre-mer, Paris, 3 tomes, 1975-1979, 4 vol.
- [PDF] Eric Jennings, Vichy à Madagascar : conjoncture, mutations, et Révolution nationale dans la Grande Île, Université de Toronto
- Damien Meyer, Armand Annet, Entre vichysme et colonialisme, au service d'un idéal, Université Paris XII-Créteil, Créteil, 2007
- Dominique Ranaivoson, Madagascar : dictionnaire des personnalités historiques, Sépia, Saint-Maur-des-Fossés ; Tsipika, Antananarivo, 2011 (2e éd.), p. 43-44 (ISBN 978-2-84280-101-4)
- Philippe Valode, chap. « Les quatre 'coloniaux' tous sanctionnés par la volonté du général de Gaulle », in Le destin des hommes de Pétain de 1945 à nos jours, Nouveau Monde éditions, Paris, 2014 (ISBN 978-2-36583-987-7)
Articles connexes
modifierLiens externes
modifier- Ressource relative à la recherche :
- Page consacrée à Armand Annet
