Armand Hammer
Armand Hammer, né le à New York et mort le à Los Angeles, est un industriel américain et collectionneur d'art. Il est l'arrière-grand-père de l'acteur Armie Hammer.
| Trustee (d) Musée d'Art du comté de Los Angeles | |
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| Formation |
Columbia College de l'université Columbia Columbia University College of Physicians and Surgeons (en) |
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Julius Jacob Hammer (d) |
| Fratrie |
Victor Hammer (en) |
| Conjoints | |
| Enfant |
Theo Mathieu Hammer (d) |
| Propriétaire de | |
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| Personnes liées |
Lénine, Roland Balay, John Richardson (en) |
| Distinctions | Liste détaillée Doctorat honoris causa de l'université d'Aix-Marseille-III () National Medal of Arts () Prix des quatre libertés de Roosevelt – liberté d'être à l'abri de la peur () Ordre de la Couronne Commandeur d'argent de l'ordre du Mérite autrichien Grand officier de l'ordre du Mérite de la République italienne Chevalier de la Légion d'honneur John Jay Award Ordre royal de l'Étoile polaire Ordre de l'Amitié des peuples |
Biographie
modifierHammer est né à New York le , dans une famille d'immigrants juifs russes, Julius et Rose (Lifschitz) Hammer[1],[2],[3],[4]. Son père émigre aux États-Unis en 1875, venant d'Odessa dans l'Empire russe (aujourd'hui en Ukraine), s'installe au Bronx et y anime des entreprises dans le domaine de la santé et produits pharmaceutiques.
Il fréquente la Morris High School, au Columbia College (obtenant un B.A. en 1919) puis l'école de médecine de Columbia.[réf. souhaitée]
Emprisonnement du père
modifierEn raison de ses activités socialistes et communistes[Lesquelles ?], le père de Hammer, Julius, fait l'objet d'une surveillance fédérale. Il est un pilier des congrès de l'Internationale socialiste et un membre dirigeant du Parti ouvrier socialiste d'Amérique (Socialist Labor Party). Suite au décès d'une de ses patiente Marie Oganesoff (femme de 33 ans) Julius Hammer est condamné à 3 ans et demi de prison à Sing Sing[5],[2]. Armand Hammer et ses frères reprennent alors la direction l'entreprise familiale, Allied Drug, et la développent, revendant des équipements qu'ils avaient achetés à des prix bas à la fin de la Première Guerre mondiale. Selon Hammer, son premier succès commercial est obtenu par la vente en pleine prohibition d'extrait de gingembre conçu pour devenir une teinture contenant légalement des taux élevés d'alcool. les Américains se jettent dessus à cause de l'alcool que le produit contient. L'entreprise Allied Drug en vend alors en grandes quantités en toute légalité, encaissant d'énormes bénéfices, avant que les autorités ne s'aperçoivent qu'il s'agissait de contourner la prohibition des boissons alcoolisées[2].
Affaires avec l'URSS
modifierArmand Hammer s'intéresse ensuite à la révolution russe et à l'émergence de l'Union soviétique. Il arrive sur place en 1921. Officiellement, il vient pour aider le gouvernement soviétique à combattre le typhus. Dans les faits, outre un intérêt pour les changements en cours, il agit surtout avec beaucoup d'opportunisme commercial. Il bénéficie des relations et des amitiés de son père et est en contact avec de hauts dirigeants russes, dont Lénine, dont l'arrière grand-père maternel Moshe Blank était juif. Il propose aux Soviétiques un vaste système de troc de blé et des médicaments américains contre des fourrures, du bois, du caviar et des pierres précieuses, qui est accepté. Il entreprend cet échange jusqu'en 1929, dégageant à nouveau de gros bénéfices. A la mort de Lénine et l'arrivée au pouvoir de Staline il quitte le pays[2],[6].
Occidental Petroleum Company
modifierIl réinvestit l'argent dont il dispose dans l'Occidental Petroleum Company, une société d'exploitation de pétrole et de gaz naturel. En 1963, cette compagnie acquiert la société de Henry J. Leir Interore SA, une mine de phosphate et un commerce de produits chimiques actif dans 37 pays. Il dirige personnellement ce groupe, jusqu'à sa mort, et prend en main les choix stratégiques et les négociations les plus délicates, faisant de cette société, presque moribonde lorsqu'il l'acquiert, la septième compagnie pétrolière américaine. En , il est amené à négocier directement avec Mouammar Kadhafi, à la suite de l'arrivée de celui-ci au pouvoir en Libye, et à sa décision de remettre en cause les accords avec les compagnies pétrolières occidentales et d'interrompre la production tant qu'un nouvel accord, plus favorable aux intérêts libyens, n'est pas trouvé. Les discussions durent un mois. Installé à Paris, il fait chaque jour durant cette période le trajet entre Paris et Tripoli, décollant chaque matin de France à 6 heures pour y revenir dans la nuit à une heure. À l'issue de ces discussions, il accepte une augmentation de 20 % des royalties versées par baril aux Libyens, une décision historique, mais sauve ainsi son activité sur place[2].
Engagement politique
modifierPolitiquement, Armand Hammer est un partisan du Parti républicain. Il stimule la campagne présidentielle de Richard Nixon, avec 54 000 $ de contributions. Il plaide coupable à des accusations selon lesquelles l'un de ces dons a été fait illégalement et est condamné, mais il bénéficie ensuite d'une grâce par le président républicain américain George H. W. Bush[7]. Il s'occupe de la carrière politique du sénateur Albert Arnold Gore Sr., qui a été son collaborateur et travaillait pour lui à la défense des intérêts de l'Occidental Petroleum Company[2], puis de celle de son fils d'Al Gore au sein du Parti démocrate, le poussant notamment à se porter candidat de ce parti aux présidentielles[3].
Collectionneur et mécène d'art
modifierPendant son séjour en Union soviétique dans les années 1920, il réunit une étonnante collection d'objets d'art russes, meubles, argenterie, tapisseries, icônes, et tableaux, et a l'occasion de ramener ces éléments aux États-Unis. Il continue ensuite des acquisitions dans le domaine de l'art, ouvre des galeries d'art, et prête telle ou telle partie de sa collection aux musées les plus prestigieux, donnant aussi certaines œuvres, et jouant ainsi avec ravissement et sympathie le mécène à bon compte. Il est notamment un donateur du Musée d'art du comté de Los Angeles, le LACMA. C'est à lui que ce musée de Los Angeles doit d'être passé d'un statut de musée local à celui d'un des musées les plus prestigieux en Amérique du Nord[6],[8].
Il a contribué au financement pour la rénovation « à l'italienne » du théâtre du Gymnase (1980-1985) à Marseille, avec la ville, le département, la région et le ministère de la culture.
À la fin de sa vie, il décide de créer le Hammer Museum, pour éviter une dispersion trop forte de sa collection[2].
Bibliographie
modifier- Carl Blumay, The dark side of power : the real Armand Hammer, New York, Simon & Schuster, 1992 (ISBN 978-0-671-70053-9)
- John N. Ingham, Biographical dictionary of American business leaders, Westport (Connecticut), Greenwood Press, 1983, pp. 533-36 (ISBN 0-313-23908-8)
- Edward Jay Epstein, Dossier : the secret history of Armand Hammer, New York, Random House, 1996 (ISBN 978-0-679-44802-0)
- Steve Weinberg, Armand Hammer : The Untold Story, New York, Random House, 1990 (ISBN 978-0-517-06282-1)
Notes et références
modifier- ↑ (en) Joseph Finder, « Hammer », The Nation, (lire en ligne)
- 1 2 3 4 5 6 7 Tristan Gaston-Breton, « 19. Armand Hammer, le « milliardaire rouge » », Les Échos, (lire en ligne)
- 1 2 (en) Edward Epstein, Dossier : the secret history of Armand Hammer, Orion Business, , 418 p. (ISBN 978-0-7528-1386-8)
- ↑ (en) Bradford Matsen, Death and Oil : The True Story of the Piper Alpha Disaster on the North Sea, Pantheon Books, (lire en ligne), p. 47-48
- ↑ (en) Bradford Matsen, Death and Oil : The True Story of the Piper Alpha Disaster on the North Sea, Pantheon Books, (lire en ligne), p. 49-50
- 1 2 Jacques Michel, « La vie remarquable du collectionneur Armand Hammer », Le Monde, (lire en ligne)
- ↑ (en) David Rampe, « Armand Hammer Pardoned by Bush », The New York Times, (lire en ligne)
- ↑ Jacques Michel, « Tableaux d'un collectionneur », Le Monde, (lire en ligne)
Liens externes
modifier- Ressources relatives aux beaux-arts :
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