Armand Joseph Dubernad
Armand Joseph Dubernad, né le à Bayonne et mort le à Morlaix, est un négociant, armateur et homme politique français.
| Maire de Morlaix | |
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| - | |
| Consul général Saint-Empire romain germanique |
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| Parentèle |
François Cabarrus (cousin) Dominique de Lesseps (cousin) Martin de Lesseps (cousin) Jean Lannux de La Chaume (d) (beau-père) Henry Dubernad (d) (petit-fils) Francis Goüin (d) (petit-fils) |
| Propriétaire de |
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Biographie
modifierEnfance et formation
modifierCarrière
modifierEn 1773, son cousin François Cabarrus fait nommer les frères Dubernad comme commissionnaires pour percevoir les fonds de l’emprunt du canal de Murcie[1],[2].
Son frère, Salvat (ou Sauveur) Dubernad, est consul du grand-duché de Toscane[3]. Il se marie avec la sœur de la femme d’Armand Joseph Dubernad et ce dernier devient consul général du Saint-Empire romain germanique[4].
Armand Dubernad est actionnaire de la première maison de commerce à Séville, connue sous la raison sociale Pratmeur-Dubernad et Cie. Cette société est dirigée par son frère et ses beaux-frères, les Lannux. En 1777, les activités de Dubernad à Cadix ne font que démarrer. En ce qui concerne ses maisons de commerce, il multiplie les échanges avec l’Amérique du Sud. Ils développent aussi leurs échanges avec les Indes orientales, la Chine, les Philippines[5].
À la création de la Banque nationale de San Carlos, le , sur l'initiative de François Cabarrus, les Dubernad achètent de grosses quantités d’actions. Lannux père et fils et Dubernad sera la maison autorisée à recevoir les souscriptions à Séville[6].
Ils assurent les risques des bâtiments partant pour la Chine et assurent plusieurs bâtiments qui quittent Lorient ou Marseille et vont soit aux Indes, soit en Chine, ou bien encore ceux qui se rendent en Afrique[7].
Armand Joseph Dubernad en revenant d’Andalousie occupe des fonctions importantes dans la principale loge maçonnique de Morlaix, l’École des Mœurs et sera plusieurs fois cité par Augustin Cochin, dans son étude sur Les Sociétés de pensée et la révolution en Bretagne, et par la suite par Henri Stofft et Jean Ségalen[8]. Il est l'un des officiers de cette loge, son orateur[9].
Armand Joseph Dubernad est l'un des négociants et armateurs les plus influents de la région de Morlaix de 1776 à 1791. Il est premier consul en 1783, puis prieur de la juridiction consulaire de Morlaix en 1785. Il devient président du comité du commerce de Morlaix[10].
Du au , messieurs Dubernad, Beau, Varennes, et Le Loup sont désignés par la communauté de Morlaix, pour concourir à la charge de maire, après délibérations. Dubernad devient maire de la ville de Morlaix en 1786[11].
Il est premier échevin de Morlaix après l'élection de Michel Behic comme maire de Morlaix du au [2].
Révolution française
modifierIl acquiert une partie de la manufacture des tabacs de Morlaix en 1791[12],[13].
En 1793, Dubernad tente de faire de Morlaix un port corsaire. Il achète des vaisseaux capturés[14], mais ses résultats sont bien modestes. Les corsaires des Dubernad finissent par tomber les uns après les autres aux mains de l’ennemi. La liquidation du Trois Amis ne sera achevée qu'en 1820[15].

Profitant de ses relations avec Henri Jacques Goüin-Moisant (dont le frère épousa sa fille), Dubernad investit dans l'achat, en 1794, du château de La Bourdaisière à Montlouis-sur-Loire, pour la somme de 180 000 livres, auxquels s'ajoutent 110 000 livres pour le parc du domaine[16]. Il se rend également acquéreur d’une partie du vignoble de Montlouis-sur-Loire. Il compose autour du château, par 34 adjudications, un domaine de 100 hectares, qui s'effritera à sa mort[2].
Décès
modifierFamille et descendance
modifierArmand Joseph Dubernad épouse Magdeleine Lannux de La Chaume (1759-1820), en 1776[18], fille du maire Jean Lannux de La Chaume (726-1801), négociant et banquier, et de Marie-Catherine Saulnier de Cugnon[18]. Ils ont quatre enfants :
- Armand Dubernad (1784-1844), négociant, banquier et armateur, auteur d'un Traité des principes d'indemnités en matière d'assurances maritimes, marié à la fille de Michel Behic, d'où Henry Dubernad, capitaine de vaisseau et commandeur de la Légion d'honneur[19] ;
- Madeleine-Henriette (1778-1804), se marie avec le négociant Augustin-Raymond Goüin (fils d'Henri Pierre Goüin) ;
- Jeanne Élisabeth Dubernad (1783-1829), se marie avec François Gaudelet d'Armenonville.
Notes et références
modifier- ↑ Frankreich 1993, p. 185.
- 1 2 3 Revue de Bretagne et de Vendée, Volume 53, Forest ainé, 1883
- ↑ Almanach royal de 1784. Sur le plan diplomatique, les consuls de Toscane représentent, en 1784, l’Autriche, et les Autrichiens la Toscane.
- ↑ Hof und Staats schematismus der Röm. Kaiserl. Auch Kaiserl. Königl. Und erzherzoglichen Haupt und Residenzstadt Wien, J. Gerold, 1802, p. 520.
- ↑ France, France et Bonin 1993.
- ↑ Honoré-Gabriel Riqueti de Mirabeau, De la Banque d'Espagne, dite de Saint-Charles, 1785
- ↑ Historia de la vida y reinado de Fernando VII de España, con documentos justificativos, Repullés, Madrid, p. 371.
- ↑ Augustin Cochin, Les Sociétés de pensée et la révolution en Bretagne (1788-1789), Plon 1925, v.1-2, p.43 et 112 ; Henri Stofft et Jean Ségalen, dans leur biographie : Bouëstard de la Touche ; Médecin, philosophe, franc-maçon et jacobin le citent en deuxième, page 91, après Bouëstard de la Touche.
- ↑ Un orateur est chargé de surveiller la régularité des travaux conformément aux règlements de l'obédience, de donner des conclusions sur ceux-ci ou de parler au nom de la loge.
- ↑ Moulins à papier de Bretagne du XVIe au XIXe siècle : les papetiers et leurs filigranes en pays de Fougères, Jacques Duval, L'Harmattan, 2005, p.31.
- ↑ Innovations techniques dans la Marine, 1641-1817: mémoires et projets reçus par le département de la Marine (Marine G 86 à 119) : inventaire analytique, Philippe Henrat, Marion Delhaye, Pierre Schmit, Archives nationales, 1990, p.366.
- ↑ Michel Zylberberg, Capitalisme et catholicisme dans la France moderne: la dynastie Le Couteulx, Publications de la Sorbonne, 2001, p. 221
- ↑ R. Pellen, La manufacture impériale des tabacs de Morlaix, s.L, 1979, p. 11
- ↑ Les Corsaires français sous la République et l'Empire. Paris, Ledoyen édit, p 388.
- ↑ Hirrien Jean-Pierre,Corsaires! : guerre de course en Léon, 1689-1815, Éditions Skol Vreizh, 2004, p.287.
- ↑ Jacques-Xavier Carré de Busserolle, Dictionnaire géographique, historique et biographique d'Indre-et-Loire et de l'ancienne province de Touraine, Volume 1, Rouillé-Ladevèze, 1878, p. 349
- ↑ « Expo Livret », sur Ex-libris (consulté le ), p. 9
- 1 2 Louis Élégoët, Les Juloded. Grandeur et décadence d’une caste paysanne en Basse-Bretagne, Presses universitaires de Rennes, .
- ↑ Henri DUBERNAD (1810 - 1867), sur École navale traditions
Voir aussi
modifierArticles connexes
modifierBibliographie
modifier- Jean Marzin, Les armateurs morlaisiens et la guerre de course, 1484-1815, Morlaix, (lire en ligne)
- Jean Lemoine et Henri Bourde de La Rogerie, Inventaire sommaire des archives départementales antérieures à 1790, Finistère Archives civiles. Série B., t. Tome III : Articles B 4160-4670 et Appendice. Inventaire des fonds des amirautés de Morlaix et de Quimper, du consulat et du tribunal de commerce de Morlaix, impr. de A. Jaouen, coll. « Collection des inventaires sommaires des archives départementales antérieures à 1790 », (lire en ligne)
- Michel Frankreich, Une si douce domination: les milieux d'affaires français et l'Espagne vers 1780 - 1808, Comité pour l'Histoire Économique et Financière de la France, coll. « Histoire économique et financière de la France Etudes générales », (ISBN 978-2-11-087644-7 et 978-2-11-087645-4)
- Jacques France, Nathalie France et Hubert Bonin, Souvenirs d'une longue carrière: de la rue de Rivoli à la Compagnie de Suez; 1920 - 1971, Comité pour l'histoire économique et financière de la France, coll. « Histoire économique et financière de la France Mémoire », (ISBN 978-2-11-087645-4)
