Arthur Gallet
Charles-Arthur Gallet, dit Arthur Gallet, né en août 1855 à Meslin-l'Évêque et mort le à Bruxelles, est un chirurgien belge. Agrégé de la faculté de médecine de l'Université libre de Bruxelles (ULB) en 1889, il est chargé de la clinique chirurgicale à l'hôpital Saint-Jean de Bruxelles à partir de 1894. Il est l'un des initiateurs de la Société internationale de chirurgie, fondée à Bruxelles en 1902[1]. Il est aussi l'auteur de travaux sur la chirurgie rénale, l'appendicite et la chirurgie gastrique, et dirige à Bruxelles une clinique privée[2][3].
| Naissance | |
|---|---|
| Décès |
(à 48 ans) Bruxelles |
| Nationalité | |
| Formation | |
| Conjoint |
Jeanne Herbos |
Biographie
modifierOrigines et formation
modifierArthur Gallet naît en août 1855 à Meslin-l'Évêque, village du Hainaut proche de Lessines d'où ses parents sont originaires, ceux-ci résidant à Bruxelles[2]. Il fait ses études secondaires à l'Athénée de Bruxelles, puis entreprend des études de médecine à l'ULB, qu'il commence vers l'âge de 21 ans[2].
Nommé externe des hôpitaux de Bruxelles le , il devient interne le [2]. Après avoir quitté les hôpitaux en avril 1884, il séjourne trois mois à Paris, puis à Berlin jusqu'en décembre[2].
Débuts à Bruxelles
modifierInstallé à Bruxelles, il est médecin des pauvres du au [2]. Il se rend aussi à Washington à l'occasion d'un congrès international de médecine[2] [réf. nécessaire].
Élève de Thiriar en chirurgie antiseptique, il pratique d'abord des curetages utérins, des résections de la hanche et des résections costales[2]. Il soutient en avril 1889 sa thèse, La pleurotomie antiseptique et l'opération d'Estlander, et est nommé agrégé de la faculté de médecine[2].
Enseignement
modifierIl débute dans l'enseignement à l'hôpital Saint-Pierre, dans le service de chirurgie dirigé par Victor Dubois[2]. Il collabore à la revue La Clinique, dont il prend la direction après la mort de Du Pré[2].
À la mort de Léon Warnots, la chaire de clinique chirurgicale devient vacante : Gallet est désigné pour l'occuper et en prend possession le [2]. Il est ensuite désigné comme chef de clinique chirurgicale à l'hôpital Saint-Jean[4]. En 1901, il publie dans le Journal de chirurgie un travail sur la réforme de l'enseignement clinique[2]. Membre depuis 1891 de la Société royale des sciences médicales et naturelles de Bruxelles, il y présente de nombreuses communications ; il est aussi chef de service dans les hôpitaux et membre de plusieurs sociétés savantes[5]. Les hommages publiés après sa mort soulignent son habileté opératoire et son talent d'exposition[5].
Clinique privée
modifierGallet est propriétaire d'une clinique privée située rue Van Orley, à l'angle de la place des Barricades, à Bruxelles ; il y fait aménager en 1899 un couvent et une chapelle[3]. À sa mort, Edmond Rouffart en reprend la direction et y fait venir les Religieuses Trinitaires de Valence (accord de janvier 1904)[3].
Société internationale de chirurgie
modifierGallet compte parmi les chirurgiens bruxellois à l'origine de la création de la Société internationale de chirurgie (SIC), considérée comme la première société chirurgicale internationale. Selon Liebermann-Meffert et White, l'impulsion est très probablement venue de Gallet, de Charles Willems, d'Antoine Depage, de Jules Lorthioir et de Jean Verhoogen ; une légende de leur ouvrage le présente comme celui qui a proposé l'idée de la fonder en Belgique[1]. Dans son discours inaugural du premier congrès de la SIC (1905), Theodor Kocher cite Gallet comme le promoteur de la société[1].
La société est fondée le lors d'une séance extraordinaire tenue à la fin du congrès annuel de la Société belge de chirurgie, sur proposition de Charles Willems ; Gallet participe à la discussion, avec notamment Jules Thiriar, Édouard Kufferath et Jean Verhoogen[1]. Il rend compte de cette fondation dans le Journal de chirurgie en 1902[6]. Il meurt en 1903, avant la tenue du premier congrès de la société, organisé à Bruxelles en septembre 1905[1].
Vie privée
modifierMaladie et mort
modifierSelon la leçon d'ouverture de son successeur à la chaire de clinique chirurgicale de Saint-Jean, les premiers symptômes de sa maladie apparaissent quelques mois avant sa mort ; d'abord jugés légers, ils révèlent rapidement un mal sans espoir de guérison, dont Gallet comprend la gravité. Il subit quatre opérations, la dernière à sa propre demande[9]. Les sources consultées ne nomment pas la maladie.
Il meurt à Bruxelles le , à l'âge de 48 ans. Ses funérailles civiles ont lieu le 4 octobre, en présence d'une foule nombreuse[10]. Il avait exprimé le souhait formel qu'il n'y ait ni discours ni manifestation exceptionnelle[10] ; Verneuil, un ami proche de la famille, précise qu'il refusait aussi la présence d'un prêtre et les fleurs[2]. Quelques jours plus tard, la Société royale des sciences médicales et naturelles de Bruxelles, dont il était un membre en vue, lui rend hommage par un éloge funèbre prononcé par son président[5]. La société adresse ses condoléances à sa veuve, « Madame Gallet »[5].
Travaux
modifierLes travaux de Gallet portent notamment sur[2] :
- la fixation du rein (néphrorraphie), pour laquelle il décrit un procédé personnel ;
- la suture des uretères ;
- l'appendicite ;
- le mécanisme de la mort pendant l'anesthésie au chloroforme et le massage du cœur ;
- la chirurgie de la plèvre et du poumon ;
- le cancer du rectum et l'amputation interilio-abdominale (trois cas rapportés) ;
- la chirurgie gastrique : pylorectomie, gastro-entérostomie avec bouton de Murphy, gastro-entéro-jéjuno-jéjunostomie. Verneuil le présente comme l'initiateur de la chirurgie gastrique en Belgique[2].
En 1901, il présente à la Société belge de chirurgie un rapport sur les opérations préliminaires et temporaires dans la chirurgie de la face et du cou[2]. Au congrès belge de chirurgie tenu à Bruxelles du 8 au 10 septembre 1902, il rédige avec Eduard Sonnenburg et Auguste Broca un rapport sur le traitement de l'appendicite[11].
Publications
modifier- La pleurotomie antiseptique et l'opération d'Estlander, thèse, Bruxelles, 1889 .
- « Variétés : Fondation d'une Société internationale de chirurgie », Journal de chirurgie et Annales de la Société belge de chirurgie, vol. 2, 1902, p. 143-144[6].
- Eduard Sonnenburg, Auguste Broca et Arthur Gallet, Traitement de l'appendicite, Bruxelles, Henri Lamertin, 1903 (extrait des actes du congrès belge de chirurgie, 8-10 septembre 1902)[11].
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 5 Dorothea Liebermann-Meffert et Harvey White, A Century of International Progress and Tradition in Surgery. An Illustrated History of the International Society of Surgery, Heidelberg, Kaden Verlag, 2001, p. 7-12.
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 H. Verneuil, Gallet, Bruxelles, Imprimerie Hayez, 1903, p. 3.
- 1 2 3 Pierre Lannoy, « Bruxelles, novembre 1918 : une visite inattendue à l'Institut du docteur Rouffart, rue Van Orley », Revue médicale de Bruxelles, vol. 44, no 1, , p. 64-72, p. 66.
- ↑ Erreur de référence : Balise
<ref>incorrecte : aucun texte n’a été fourni pour les références nommées "vandervelde" - 1 2 3 4 « Société royale des sciences médicales et naturelles de Bruxelles : éloge de Arthur Gallet », Journal médical de Bruxelles, n° 40, 1903, p. 640.
- 1 2 Arthur Gallet, « Variétés : Fondation d'une Société internationale de chirurgie », Journal de chirurgie et Annales de la Société belge de chirurgie, vol. 2, 1902, p. 143-144 (référence d'après Liebermann-Meffert et White, p. 19).
- ↑ Faire-part de décès de Charles-Arthur Gallet, Bruxelles, 2 octobre 1903, imprimeur Vve Victor Herbots, Ixelles ; mentionne « Herbos, Jeanne, épouse ». .
- ↑ [réf. nécessaire] .
- ↑ « Leçon d'ouverture de la clinique chirurgicale de l'hôpital Saint-Jean », Journal médical de Bruxelles, no 1, , p. 9 .
- 1 2 « Nécrologie », Journal médical de Bruxelles, n° 40, 1903, p. 639 (consulté sur belgicaperiodicals.be).
- 1 2 Notice « Eduard Sonnenburg », Wikipédia en français (rubrique « Bibliographie »).
Bibliographie
modifier- H. Verneuil, Gallet, Bruxelles, Imprimerie Hayez, 1903, 16 p. .
- [1]
- Pierre Lannoy, « Bruxelles, novembre 1918 : une visite inattendue à l'Institut du docteur Rouffart, rue Van Orley », Revue médicale de Bruxelles, vol. 44, no 1, , p. 64-72.
- Dorothea Liebermann-Meffert et Harvey White, A Century of International Progress and Tradition in Surgery, Heidelberg, Kaden Verlag, 2001 (ISBN 3-922777-42-2).
- « Nécrologie » et éloge funèbre d'Arthur Gallet, Journal médical de Bruxelles, n° 40, 1903, p. 639-640 (numérisé sur belgicaperiodicals.be).
- Charles Willems, « Exposé et discussion d'un projet de création d'une Société internationale de chirurgie. Séance extraordinaire », Journal de chirurgie, vol. 6, 1902, p. 106-108.
- Theodor Kocher, « Discours de M. le Prof. Kocher, président du Congrès », 1er Congrès de la Société internationale de chirurgie, vol. 1, 1905, p. 55-62.
- Jean van Geertruyden, « Création de la Société internationale de chirurgie », dans R. van Hee et P. Mendes da Costa (dir.), Société royale belge de chirurgie 1893-1993, Wetteren, Universa Press, 1993, p. 175-177.
Liens externes
modifier- Dossier « Gallet, Charles-Arthur » (1 farde, Personalia), cote BE AULB FD-H12, Archives de l'Université libre de Bruxelles
- ↑ P. Vandervelde, « Notice sur la vie et les travaux d'Arthur Gallet, agrégé à la Faculté de médecine, chef de clinique chirurgicale à l'hôpital Saint-Jean », dans Université libre de Bruxelles, Rapport sur l'année académique 1903-1904, 70e année académique, p. ?