Artin Bey Tcherakian

Artin Bey Tcherakian est un homme politique égyptien ottoman, né à Constantinople le , décédé au Caire en février 1859.

Artin Bey Tcherakian
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Biographie

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Il est le fils de Sukias Tcherakian, frère de Khosrew Bey Tcherakian, époux de sa cousine Catherine Tchérékian, père de Yacoub Artin pacha et de Youssof Artin Bey.

Son père gérait les biens de Tusun Pacha, fils de Méhémet Ali. Tusun Pacha commande l'armée égyptienne qui commence une campagne en Arabie contre les wahabites et les Saoud de l'émirat de Dariya à partir de 1811 jusqu'à sa mort, en 1816. Méhémet Ali demande à Sukias Tcherakian de s'installer en Égypte vers 1812.

En 1814, il vient au Caire rejoindre son père avec son frère. Artin parle l'arménien, le turc et l'italien. Il peut aider son père pour ses opérations de banque ou de commerce pour le compte de la famille de Tusun Pacha. Il rencontre Méhémet Ali qui s'occupe de la gestion des biens de son petit-fils Abbas. Pour former son petit-fils Abbas, Méhémet Ali ouvre une école à la citadelle du Caire. Artin bey et son frère sont choisis pour accompagner le prince Abbas dans cette école. Au cours d'une des visites de l'école, Méhémet Ali nomme Artin bey Ruthéi Khamessa (capitaine). Après le départ du prince Abbas de l'école, Artin bey et ses condisciples sont versés dans l'école préparatoire militaire de Kasr Al-Ainy, en 1825.

En 1826, son frère et lui-même sont envoyés à Paris pour leurs études avec trente huit autres Égyptiens[1]. Artin bey a étudié l'administration, les finances, le droit administratif, commercial et international avec Jomard et le professeur Maccarel. Son frère et lui ont été confiés aux soins de Prosper Goubaux, fondateur du collège Chaptal.

Le , Artin est de retour au Caire à la suite de la mort de son père. Méhémet Ali le plaça au Ministère de la guerre avec le grade de Sagh-kol-Aghassi (adjudant). Il prend son frère Khosrew Tcherakian auprès de lui. Il s'est alors occupé de traduire en langue turque les ouvrages des ouvrages d'art et d'administration militaire. Le turc est alors la langue officielle du gouvernement, et en particulier dans le corps des officiers.

En 1835, il dirige alors l'École d'administration et de traduction créée par Méhémet Ali Pacha à la Citadelle du Caire. La même année il doit réorganiser l'école d'ingénieurs qui est transférée à Boulaq, dans le palais du prince Ismaïl Bey, et qui a pris le nom d'École Polytechnique. Six mois plus tard la direction de l'école est confiée à Joseph Hékékyan. Artin Bey retourne alors au Ministère de la guerre et reprend la direction de l'école de la citadelle du Caire avec le grade de bimbachi (commandant). Il est nommé membre du grand Conseil (Conseil d'État). Pour aider à la réforme de l'administration de l'Égypte, il a traduit en turc des ouvrages complets traitant des sujets d'administration traités par le grand Conseil et qu'il lisait à Méhémet Ali. En 1836, il a proposé à Méhémet Ali de créer auprès du Conseil un comité chargé de l'organisation des écoles et des collèges à créer. Après la fin des travaux de ce comité, il a été attaché au Ministère de l'Instruction publique.

Garabed (Carlo) bey Nubar, premier secrétaire-interprète de Méhémet Ali, meurt « à la tâche, épuisé de fatigue » en 1839. Il est le fils de Meguerditch Nubarian (1775-1842), le frère de Nubar Pacha (1825-1899) et Arakel (1826-1858) et neveu de Boghos. Méhémet Ali nomme Artin Bey Tcherakian à sa place, premier secrétaire-interprète et chef de son Cabinet avec le grade de Miralaï (colonel). Son frère Khosrew bey est nommé deuxième secrétaire auprès de Méhémet Ali. En 1841, Artin Bey est envoyé en mission diplomatique à Paris et à Londres.

En l'année 1844, il est nommé ministre des Affaires étrangères et du commerce avec le grade de férik (général de division), en remplacement de Boghos Bey mort en janvier. Malade, Méhémet Ali effectue un voyage en Europe en 1848, accompagné d'Artin Bey.

Deux ans plus tard, Artin Bey est exilé d'Égypte, comme ayant servi Méhémet Ali. En 1852 il retourne à Paris où ses deux fils, Yacoub Artin et Youssouf Artin bey, effectuaient leurs études. Il reste en exil pendant tout le règne d'Abbas Pacha.

À l'avènement de Saïd Pacha, en 1854, il retourne en Égypte sur ordre du nouveau vice-roi. Dès son retour, le vice-roi lui propose de reprendre son ancien ministère, mais il décline l'offre jugeant que dans la situation où se trouvait l'Égypte, il n'aurait pas toute sa liberté d'action. Il est nommé ministre sans portefeuille et conseiller du vice-roi. Il a conservé ce poste jusqu'à sa mort. Jusqu'en 1857, il s'est opposé au projet de Ferdinand de Lesseps d'obtenir la concession de la construction du canal de Suez. Il est soutenu dans cette opposition par le prince Mustafa Fazıl Pacha, neveu du vice-roi qui approuve les objections d'Artin Bey. Cependant Ferdinand de Lesseps a gagné à sa cause le vice-roi grâce à l'appui de Napoléon III. Le vice-roi ordonne alors au prince Fazil Pacha et Artin Bey de quitter l'Égypte. Le premier s'installe à Constantinople et le second à Paris. Quelques mois plus tard ils sont rappelés au Caire.

Il est inhumé au cimetière de l'église catholique arménienne du Vieux-Caire.

Collectionneur

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Lors de ses séjours parisiens, Artin Bey[2] fut en contact avec le peintre français Antoine Chazal. Au Salon de 1853, une œuvre de Chazal appartenant à Artin Bey fut exposée sous le no 247, Groupe de fleurs près d’une source.

Décorations

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Notes et références

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  1. Edme François Jomard, « École égyptienne de Paris », Nouveau journal asiatique, t. II, , p. 96-116 (lire en ligne)
  2. Il ne faut pas confondre Artin Bey avec Khalil-Bey.
  3. Aux Archives nationales (France) le maigre dossier Tchiraryan (coté LH/2573/47) indique la date de naissance : 27 avril 1800, et concerne la promotion d'Artin Bey comme officier et non comme commandeur, malgré les écrits de son fils, cf. bibliographie.

Voir aussi

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Bibliographie

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  • (en) Rouben Adalian, « The Armenian Colony of Egypt during the Reign of Muhammad Ali (1805-1848) », dans Armenian Review 33, no 2 (1980), p. 115-144.
  • Yacoub Artin Pacha, « Artin Bey », dans Revue d'Égypte, Le Caire, 1896, p. 1-10 (lire en ligne).
  • Anne Le Gall-Kazazian, « Deux familles arméniennes dans l’Égypte du XIXe siècle : les Tcherakian et les Nubarian », Cahiers de la Méditerranée, no 82 « Penser en exil - Les grandes familles en Méditerranée orientale », , p. 341-358 (lire en ligne)

Liens externes

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