Arunachal Pradesh

État de l'Inde

L'Arunachal Pradesh (en hindi : अरुणाचल प्रदेश, Aruṇācal Pradeś, litt. « province des montagnes de l'aurore ») est un État du Nord-Est de l'Inde, créé d'abord comme territoire de l'Union le avant d'accéder au rang d'État proprement dit le . Cédé par le Tibet en 1913, alors indépendant de facto, sa partie septentrionale est revendiquée par la république populaire de Chine comme faisant partie de la région autonome du Tibet. Il a une frontière internationale de 160 km avec le Bhoutan à l'ouest, de 1 080 km au nord avec la Chine et de 440 km à l'est avec la Birmanie. Il s'étend des pics enneigés de l'Himalaya au nord jusqu'à la vallée du Brahmapoutre au sud. C'est le plus vaste État du Nord-Est, plus étendu que l'Assam qui est cependant plus peuplé.

Arunachal Pradesh
अरुणाचल प्रदेश (hi)
Blason de Arunachal Pradesh
Emblème
Arunachal Pradesh
Localisation de l'État en Inde.
Administration
Pays Drapeau de l'Inde Inde
Capitale Itanagar
Création
Langue officielle Anglais
Gouverneur Kaiwalya Trivikram Parnaik (en)
Ministre en chef Pema Khandu (en) (BJP)
Démographie
Population 1 383 727 hab. (2011[1])
Densité 17 hab./km2
Rang 19e
Géographie
Superficie 83 743 km2
Rang 14e

Histoire

modifier

Les habitants actuels de l'Arunachal Pradesh ont pour ancêtres des populations venues du Tibet au cours de la période préhistorique, ainsi que des populations de langues tai et tibéto-birmanes. La connaissance de l'histoire de l'Arunachal Pradesh reste, à l'exception des zones situées au nord-ouest de l'État, très limitée.

Les régions du nord-ouest, après avoir appartenu au royaume monba de Monyul pendant la période allant de -600 à 500 environ, sont passées sous le pouvoir du Tibet et du Bhoutan. Le 6e dalaï-lama, Tsangyang Gyatso, est originaire de la région de Tawang où il est né en 1682.

Les autres régions, en particulier celles bordant l'actuelle Birmanie, sont quant à elles passées sous la dépendance des Âhom et des Assamais, jusqu'à leur annexion à l'Inde britannique par les Britanniques en 1858.

En 1913-1914, l'administrateur britannique sir Henry McMahon dessina, dans le cadre de la Convention de Simla, une nouvelle ligne frontière de 890 km entre l'Inde britannique et le Tibet, alors indépendant de facto, connue sous le nom de ligne McMahon, qui faisait passer sous contrôle britannique divers territoires contrôlés par le Tibet, notamment la région de Tawang. Les représentants britannique, tibétain et chinois paraphèrent la convention, mais le gouvernement de Pékin s'opposa aussitôt à l'accord et renia le paraphe de son délégué[2],[3]. Depuis lors, les gouvernements chinois successifs, d'abord de la République de Chine, puis de la République populaire de Chine, ont toujours revendiqué la souveraineté chinoise sur cette région qu'ils considèrent comme faisant partie du Tibet. En 1960, le gouvernement de l'Inde qui hérita du territoire cédé à l'Inde Britannique, remarque que la capacité du Tibet à négocier la Convention de Simla fut reconnue par les Britanniques et les Chinois[4].

Concrètement, la région demeura sous administration tibétaine jusqu'en 1950, au moment de la mainmise sur le Tibet par la nouvelle République populaire de Chine. À cette occasion, l'Inde déclara unilatéralement la ligne McMahon comme sa frontière avec la Chine, et força l'administration locale tibétaine à quitter la région de Tawang où elle était restée présente[5]. La ligne McMahon est reconnue par le 14e dalaï-lama, comme elle le fut par le 13e dalaï-lama, et présentée sur les cartes publiées par l'actuelle administration centrale tibétaine en exil à Dharamsala, comme frontière sud du Tibet[6].

La NEFA (North East Frontier Agency) fut créée en 1954. Après une période de relations cordiales entre la Chine et l'Inde, la question de la frontière se raviva brutalement lors de la guerre sino-indienne de 1962, au cours de laquelle la Chine s'empara de la plus grande partie de la NEFA. Cependant, la Chine, bien qu'elle ait déclaré sa victoire, se retira volontairement[7] derrière la ligne McMahon et libéra ses prisonniers indiens en 1963. La guerre entraîna la fin des échanges commerciaux avec le Tibet, bien qu'en 2007 des signes de reprise des échanges se soient manifestés[8].

L'État de l'Arunachal Pradesh a officiellement remplacé la NEFA le .

Géographie

modifier
Une carte des « Sept États sœurs ».

Topographie

modifier
L'Arunachal Pradesh est un territoire majoritairement montagneux.

L'Arunachal Pradesh s'étend à l'est du Bhoutan, sur les régions montagneuses comprises entre d'une part la frontière orientale de l'Inde avec la République populaire de Chine et la Birmanie et d'autre part la limite des plaines de la vallée du Brahmapoutre dans sa traversée de l'État indien de l'Assam. Dans sa partie nord, cette région montagneuse correspond à l'extrémité orientale de la chaîne de l'Himalaya.

Administration

modifier
Les districts de l'Arunachal Pradesh.

L'Arunachal Pradesh est divisé en seize districts :

Les districts sont divisés en cent-cinquante circles.

Le climat varie avec l'altitude, depuis un climat subtropical humide en bordure de la vallée du Brahmapoutre, jusqu'au climat montagnard ou de toundra dans les régions élevées de l'Himalaya, en passant par un climat tempéré dans les régions d'altitude intermédiaire.

Population et religions

modifier
Le bouddhisme est pratiqué par 12 % de la population. Statue de Bouddha à Tawang, Arunachal Pradesh.
Proportion de chrétiens par sous-district selon le recensement indien de 2011.
Proportion d'hindous par sous-district selon le recensement indien de 2011.

La population comportait 337 000 habitants en 1961 et selon le recensement de 2011, 1 383 727 habitants[9]. Ils se répartissent en trois groupes ethniques principaux : Apatani, Monba, Adi et Nishi.

Toujours selon le recensement indien de 2011, les chrétiens sont le premier groupe religieux de l'État avec 30 % de la population (418 732 adeptes) suivi de près par les hindouistes (29 % - 401 876 habitants). Le bouddhisme rassemble 12 % de la population (162 815 personnes) et les musulmans seulement 2 %. Enfin, les autres religions (principalement Donyi-Polo, animisme et chamanisme) et les non-croyants regroupent 27 % des habitants (373 259 personnes.).

Politique

modifier

La Chine s'oppose aux visites de dirigeants ou hauts fonctionnaires indiens dans cette région[10].

Le 28 août 2023, le ministère chinois des Ressources naturelles a publié sa nouvelle « carte standard » sur laquelle figure l'Arunachal Pradesh. Celui-ci et l'Aksai Chin ont été représentés comme faisant partie de la RPC. D'autres territoires et eaux internationalement contestés ont également été représentés comme faisant partie du territoire de la RPC sur leur nouvelle carte[11].

Culture

modifier

Langues

modifier

L'Arunachal Pradesh est un des centres les plus importants de diversité des langues tibéto-birmanes, dont la plupart ne sont connues que par des listes de mots limitées malgré leur importance capitale. Les langues véhiculaires sont à la fois l'anglais et l'hindi, cette seconde langue ayant été adoptée par la majorité de la population[12]. Dans le cadre du recensement de l'Inde de 2011, près de 63 % de la population enquêtée de l'Arunachal Pradesh était locutrice bilingue ou trilingue de cette langue[13].

Notes et références

modifier
  1. (en) « Andhra Pradesh Population Census data 2011 », Gouvernement de l'Inde (consulté le ).
  2. « Convention Between Great Britain, China, and Tibet, Simla (1914) » (version du sur archive.org).
  3. A History of Modern Tibet, 1913-1951 - The Demise of the Lamaist State, Melvyn C. Goldstein, University of California Press, 1989, p. 75 (voir en ligne).
  4. (en) Michael van Walt van Praag et Miek Boltjes, Tibet Brief 20/20, Outskirts Press, (ISBN 1977232817 et 978-1977232816), p. 117.
  5. (en) The battle for the border.
  6. « Tawang not China's »(Archive.orgWikiwixGoogleQue faire ?) (consulté le ).
  7. (en) « Tawang », sur famous-india.com via Wikiwix (consulté le ).
  8. PM to visit Arunachal in mid-Feb.
  9. (en) « Census Population » [archive du ], sur Census of India, Ministry of Finance India (consulté le ).
  10. « La Chine appelle l'Inde à cesser ses actions compliquant la question frontalière », sur french.xinhuanet.com, (consulté le ).
  11. Himalayan Times, "China Provokes India, includes Arunachal Pradesh, Aksai Chin in new 'standard map' ", p.3, 30 August 2023. Asian News International, Beijing, 29 August 2023.
  12. (en) Abhimanyu Chandra, « How Hindi became the language of choice in Arunachal Pradesh », Scroll.in, (lire en ligne Accès libre)
  13. (en) Office of the Registrar General & Census Commissioner, India, « C-17: Population by bilingualism and trilingualism, Arunachal Pradesh - 2011 » Accès libre, sur censusindia.gov.in (Site officiel du Office of the Registrar General & Census Commissioner, India), (consulté le )

Voir aussi

modifier

Articles connexes

modifier

Liens externes

modifier