Assalamu alaykum

formule de salutation en arabe

Assalamu alaykum (en arabe : ٱلسَّلَامُ عَلَيْكُمْ, ʾas-salāmu ʿalaykum) est une salutation orale arabe qui signifie « que la paix soit sur vous ». La phrase complète est ʾas-salāmu ʿalaykum wa-raḥmatul-lāhi wa-barakātuh (ٱلسَّلَامُ عَلَيْكُمْ وَرَحْمَةُ ٱللَّٰهِ وَبَرَكَاتُهُ), « Que la paix, la miséricorde et la bénédiction d'Allah soient sur vous »[1].

Assalamu alaykum en thuluth, un style de calligraphie arabe.
Prononciation de Assalamu alaykum.

Dans un contexte moins formel, la forme abrégée Salam (سَّلَام, salām) est utilisée, équivalent de « Salut ».

Utilisations

modifier
  • Dans le monde, en général, les musulmans et ceux qui les fréquentent se saluent avec cette expression. Sa forme correspond non à un pluriel de politesse, inusité en arabe[2], mais à un pluriel réel, qui inclut à la fois l’interlocuteur et les anges qui l’accompagnent[3] ou, plus largement, l’ensemble des entités réunies dans la personne et autour d’elle[4],[5].
  • En Arabie, l'expression est généralement utilisée simultanément avec une poignée de main droite et, optionnellement, deux, trois voire quatre (selon les régions) légers baisers sur les deux joues (seulement entre les personnes du même sexe).
  • En Iran, en Afghanistan, en Azerbaïdjan et au Tadjikistan, on emploie généralement Salam, seul, pour se saluer et occasionnellement Salam-o aleykom.
  • À Malte et dans la langue maltaise, l'expression siculo-arabe Insellmilkom tire son origine de cette salutation sémitique et est souvent employée dans un contexte de prière religieuse.
  • En Malaisie, Salam est utilisé quotidiennement pour saluer à la place de Selamat pagi Bonjour ») et Selamat siang Bon après-midi ») en malais. À noter que Assalamu alaykum est aussi utilisé tous les jours. Exemple : Tolong sampaikan salamku kepadan mereka signifie « Dis-leur bien le bonjour (de ma part) s'il te plaît ».
  • Aux Philippines, Salamat est utilisé couramment pour dire « merci » dans de nombreuses langues philippines locales telles que le tagalog, le cebuano (binisaya) et le hiligaïnon (ilonggo) pour citer les principales. Ici aussi le mot vient de l'arabe salāmat (سلامت), pluriel féminin de salāmah (سلامة).
  • À Madagascar Salama est utilisé pour saluer.

Réponse

modifier
Prononciation de Wa alaykum assalam.

Il est usuel de répondre par la phrase Wa alaykum assalam (وَعَلَيْكُمُ ٱلسَّلَامُ) (« Et sur vous soit la paix ») ou l'une de ses variations.

Dérivé

modifier

Cette expression est à l'origine du mot français salamalec[6],[7],[8].

Voir aussi

modifier

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références

modifier
  1. « Qui a peur de l'islam à la télévision ? » (avec la collab. de Siham Chater), Migrations Société, no 151 « Écrans et immigration maghrébine en France depuis les années  », , p. 59–72 (DOI 10.3917/migra.151.0059, lire en ligne).
  2. Mahfoud Boudaakkar, « Vouvoiements et tutoiements en arabe », sur Apprendre l'arabe avec Dilap, (consulté le ).
  3. Nasif Balci, Le Traité de la salutation, Argenteuil, Al Bayyinah, , 135 p. (ISBN 978-2-38555-214-5, lire en ligne), p. 59.
  4. Olivier Ralet, « Enfants en exil, traumatisme et ethnopsy », Les Politiques Sociales, nos 3-4, , p. 41-52 (44) (ISSN 1374-1942, DOI 10.3917/lps.113.0041) :
    « les musulmans […] saluent une personne isolée à la deuxième personne du pluriel — il n’y a pas de vouvoiement de politesse en arabe —, « Salam alaykum », paix sur vous, c’est-à-dire sur toi et toute ta bande — tes anges, tes démons, tes djinns, tes ancêtres, ta tribu, ton clan, et aussi la parcelle de Dieu en toi, dont Salam, la Paix, est un des noms… »
  5. Jean Servier, Tradition et Civilisation berbères : Les Portes de l’année, Monaco, Éditions du Rocher, coll. « Civilisations et Traditions », , 510 p. (ISBN 9782268003696, présentation en ligne), p. 10 :
    « Le grave salut des paysans : « essalam’aleikum » — la paix soit sur vous — n’emploie pas un pluriel de politesse, étranger au langage courant, mais un pluriel réel qui s’adresse aux entités réunies dans la personne humaine et à l’ange qui les accompagne. »
  6. Définition de salamalec sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales, d'après le dictionnaire de l'Académie française.
  7. Esther Baiwir, « Les arabismes dans le TLF : tentative de classement historique », Revue de linguistique romane, vol. 78, nos 311–312, , p. 367-401 [391] (lire en ligne).
  8. Boumédiene Benmoussat, « Les formules de politesse en français et en arabe : Situations et contextes. Analyse des succès d’approche contrastive », Synergies Algérie, no 8, , p. 169-177 [175] (lire en ligne).