Association nationale coréenne
L' Association nationale coréenne ( Korean ; Hanja : 大韓人國民會), également connue sous le nom d'Association nationale pan-coréenne de toute la Corée, est une organisation politique créée le 1er février 1909 pour lutter contre les politiques coloniales et l'occupation de la Corée par le Japon. Elle est créée à San Francisco par Ahn Changho, un intellectuel, érudit et militant pour l'indépendance coréenne, et représente les intérêts des Coréens aux États-Unis, en Extrême-Orient russe et en Mandchourie pendant le mouvement d'indépendance coréen[1],[2].
| Association nationale coréenne | |
| Situation | |
|---|---|
| Type | Political organization |
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| Association nationale coréenne | |
| Hangeul | 대한인국민회 |
|---|---|
| Hanja | 大韓人國民會 |
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Toile de fond
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Après la signature du traité nippo-coréen de 1905, de nombreuses organisations coréennes locales et nationales ont vu le jour à Hawaï, en Californie et dans d'autres régions des États-Unis, condamnant la politique coloniale du Japon. Cependant, le 23 mars 1908, après l'assassinat du diplomate américain pro-japonais Durham White Stevens par deux immigrants coréens, les organisations coréennes à Hawaï et sur le continent américain s'unissent pour protéger les droits des deux agresseurs présumés. Cet événement et le besoin croissant de consolider les efforts patriotiques ont conduit deux grandes organisations civiques coréennes, la Société d'Entraide Mutuelle (MAS) de San Francisco et l'Association pour l'unité des Coréens d'Hawaï, à organiser une réunion en présentiel le 30 octobre 1908 pour discuter de l'unification des deux groupes. Sept représentants d'Hawaï et six représentants des États-Unis continentaux ont donné leur accord, et les deux organisations fusionnent officiellement pour former l'Association Nationale Coréenne (ANC) le 1er février 1909[3].
Années antérieures
modifierAprès sa création, l'ANC établit deux sièges régionaux l'un à Hawaï et l'autre à San Francisco, et étend ses activités en envoyant des délégués dans d'autres régions pour établir des sections complémentaires. En 1911, l'ANC s'étend à quatre régions clés : l'Amérique du Nord, Hawaï, la Sibérie et la Mandchourie[4].
Pour refléter son expansion géographique, l'Association nationale coréenne change de nom et devient l'Association nationale pan-coréenne de toute la Corée. Chaque siège régional administre des sections locales, et à l'apogée de l'organisation, il y en a près de 130, dont 38 sections rien qu'à Hawaï et 73 sections en Amérique du Nord.
Le 8 novembre 1912, des représentants de tous les quartiers généraux régionaux se réunissent à San Francisco pour une conférence pan-coréenne afin d'établir un quartier général central pour une Armée nationale coréenne. Il doit servir de bureau administratif central et assurer l'uniformisation des règles dans tous les chapitres locaux afin de coordonner les activités du mouvement d'indépendance coréen. Ahn Changho et Park Yong-man sont élus respectivement président et vice-président du mouvement[1]. En tant que dirigeant de l'organisme central, Ahn poursuit son travail d'organisation des branches régionales de l'ANC, son renforcement et l'unification du mouvement. Malgré une centralisation croissante, des intérêts conflictuels subsistent entre les principaux responsables d'Hawaï et d'Amérique du Nord. Par exemple, Syngman Rhee privilégie la libération par l'éducation et la diplomatie, tandis que Park Yong-man préfère l'option militaire. Alors, Ahn Changho se rend à Hawaï pour tenter une médiation entre les deux dirigeants, mais sans grand succès[1].
En tant qu'un organisme se déclarant tel un gouvernement légitime œuvrant pour l'intérêt et le bien-être de tous les Coréens, son fonctionnement de forme étatique est mis à l'épreuve le 13 juin 1914, lors de l'attaque d'un groupe de Coréens nationalisés Américains qui travaillaient dans un verger d'abricotiers à Hemet, en Californie, par des citoyens locaux qui ne voulaient pas que des Asiatiques travaillent dans cette région. Dans un premier temps, c'est le consulat japonais qui intervient auprès du gouvernement en faveur des immigrants coréens, ce qui a provoqué l'indignation au sein de la disapora coréenne-américaine. David Lee, président de la branche nord-américaine de l'Association nationale coréenne (ANC), envoya un télégramme au secrétaire d'État américain William Jennings Bryan, lui demandant de demander au gouvernement japonais de cesser de représenter les Coréens. Malgré les pressions exercées par les diplomates japonais à Washington, Bryan prend une décision en faveur de l'Association nationale coréenne. A partir de cette décision, toutes les questions relatives aux immigrants ou étudiants coréens seront gérées par l'ANC.
Mouvement du 1er mars 1919
modifierLe Mouvement du 1er mars 1919 ravive l'esprit patriotique des Américains d'origine coréenne. Lorsque la nouvelle des manifestations parvient aux États-Unis à la mi-mars, un rassemblement de masse est organisé par l'ANC à San Francisco. L'ANC tente d'abord d'envoyer une délégation de trois hommes, dont Syngman Rhee, à la Conférence de paix de Paris, mais n'obtient pas les documents nécessaires pour le voyage. Un groupe de Coréens établis en Chine, le Parti de la nouvelle jeunesse coréenne, parvint toutefois à faire intégrer Kim Kyu-sik à la délégation chinoise[5]. Cette délégation de Coréens de Chine et d'Hawaï s'y rendra. Elle comprendra un représentant du gouvernement provisoire coréen à Shanghai, Kim Kyu-sik[6] rejoint par le missionnaire et traducteur américain Homer Hulbert (en), Lee Gwan-yong (ko), Kim Bok, le secrétaire général de la branche française du gouvernement provisoire coréen Hwang Ki-hwan[7], Cho Yong Eun, et Wun Hong Yeo (ko) (1891-1973) membre de la deuxième assemblée nationale de Corée[8].
Suite à ce déboire, l'ANC décide de créer un Bureau d'information coréen dirigé par Philip Jaisohn, puis de l'envoyer, ainsi que Syngman Rhee, à Philadelphie pour conduire la tenue d'un « Congrès coréen » qui se déroulera le mois suivant, du 14 au 16 avril, afin d'initier l'élaboration de plans pour la future République de Corée. Ainsi, 150 Coréens représentant 27 organisations installées aux États-Unis et au Mexique s'y retrouvent[1]. Toutes les organisations s'accordent sur la création d'une République coréenne fondée sur des principes démocratiques et promettent leur soutien au nouveau gouvernement provisoire coréen (KPG) déjà établi à Shanghai. Ahn Changho, qui se trouve à Shanghai à cette époque, joue un rôle déterminant dans la mise en place de ce gouvernement le 13 avril et dans ses premières opérations. Après sa formation, Syngman Rhee estime que l'ANC ayant atteint ses objectifs devrait laisser le gouvernement en exil à Shanghai (Chang-Haï) mener l'action. Il propose donc de rebaptiser l'ANC Association des résidents coréens, mais les membres de l'ANC refusent catégoriquement cette proposition. Ce qui provoque la scission définitive avec la Société des Camarades à Hawaï animée par Syngman Rhee et ses partisans, de même que son financement. Malgré ces conflits internes, la montée en puissance de l'activité militantes au sein de l'ANC se poursuit jusqu'au milieu des années 1920. Puis, ayant perdu de son ardeur dans le mouvement de libération, elle ne retrouvera de l'espoir qu'en 1937 lors de la guerre sino-japonaise. Malgré tout, l'ANC continue à recueillir des fonds pour l'indépendance, ainsi, pendant les décennies suivantes, elle collecte de l'argent auprès des immigrants coréens pour soutenir financièrement le gouvernement provisoire en exil et les activités anti-japonaises.

Seconde Guerre mondiale
modifierEn 1936, l'Association nationale coréenne transfère son siège principal à Los Angeles, où elle poursuit ses activités pour l'indépendance et sa communication avec le gouvernement américain au nom des Coréens. À cette époque, l'ANC est devenue la plus grande organisation politique composée d'immigrants coréens et une composante essentielle pour la résistance et l'émancipation politique. C'est ainsi qu'elle n'unit pas seulement les efforts des immigrants coréens mais fait aussi pression sur les gouvernements alliés. Cependant, les branches hawaïenne et nord-américaine de l'ANC sont de plus en plus divisées en raison de conflits internes. Ce n'est qu'après des réformes internes profondes menées par le nouveau président de l'Association nationale coréenne, Charles Kim, puis le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale que les branches de l'Association nationale coréenne s'unissents enfin à d'autres organisations telles que la Société des Camarades pour former le Comité coréen unifié. Cette alliance continue à apporter son soutien au KPG à Shanghai [1] et vise à obtenir sa reconnaissance officielle comme gouvernement officiel en exil pour la Corée.
Depuis la libération en 1945
modifierAprès la libération de la Corée du joug japonais, l'ANC poursuit ses efforts de soutien à la République de Corée par le biais d'actions humanitaires, tout en promouvant des activités culturelles, éducatives et religieuses au sein du Comité coréen unifié. L'association continue à servir la diaspora coréenne aux États-Unis. Sa dissolution sera effective en 1988. Après des travaux de restauration ultérieurs, l'ancien siège social de l'ANC à Los Angeles est transformé en un mémorial de l'indépendance coréenne afin d'informer le public sur l'histoire des Américains d'origine coréenne et sur le travail de l'organisation. En reconnaissance pour son rôle dans la construction de l'histoire des Américains d'origine coréenne, la ville de Los Angeles donne le statut de monument historique à ce bâtiment, en 1991.
Logistique médiatique
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Le 10 février 1910, l'ANV publie l'hebdomadaire Sinhan Minbo (신한민보), ou La Nouvelle Corée . Chaque mercredi, elle publie des articles pour promouvoir le mouvement d'indépendance et défendre les intérêts du peuple coréen. Après la Seconde Guerre mondiale, elle continue sa parution hebdomadaire jusqu'à son rachat par Kim Un Ha en septembre 1974 où elle devient mensuelle[9].
Voir aussi
modifierRéférences
modifier- 1 2 3 4 5 « The Korean Independence Movement in the United States »
- ↑ (en) ANC, « The Korean Independence Movement in the United States »
- ↑ (en) Korean National Association, vol. Asian American History and Culture: An Encyclopedia, p. 488
- ↑ « Encyclopedia of Korean Culture (in Korean) »
- ↑ (en) Daeyeol Ku, Korea 1905–1945: From Japanese Colonialism to Liberation and Independence, Renaissance Books, 2021 p. (ISBN 978-1-9129-6121-4)
- ↑ (en) Martin Hart-Landsberg, Korea: Division, Reunification, & U.S. Foreign Policy, Monthly Review Press, , 288 p. (ISBN 9780853459279, présentation en ligne), p. 30
- ↑ Jean-Jacques Hong Fuan, « La vie méconnue d'un combattant de l'indépendance coréen contre le Japon dévoilée en France », sur lp@yna.co.kr, interview à l'agence de presse Yonhap, Saint-Brieuc, Bretagne, France, (consulté le ) : « Vers 1919, Hong, avec 34 autres Coréens, arriva en France via Edimbourg, en Ecosse, après de nombreux rebondissements. L'arrivée des Coréens dans le pays européen a été organisée par Hwang Ki-hwan, secrétaire général de la branche française du gouvernement provisoire coréen. »
- ↑ namuwiki, « Wun Hong Yeo », (consulté le )
- ↑ « Encyclopedia of Korean Culture (in Korean) »
Bibliographie
modifier- Han K. Kim, Le mouvement d'indépendance coréen aux États-Unis. 2002. Revue internationale d'études coréennes, 6(1),1-27. Extrait de http://icks.org/data/ijks/1482456493_add_file_1.pdf
- H. Ling & AH. Austin, Association nationale coréenne. Histoire et culture américaines asiatiques : encyclopédie. New York et Oxford, 2015, Routledge, 488. Imprimer
- S. Wu, Yu-Wen et M. J. Song, Études américaines asiatiques : recueil. 2004, New Jersey, Rutgers, 54. Imprimer
- P. Kyu, 신한민보. Dans l'Encyclopédie de la culture coréenne, 1996, Récupéré à l'adresse coréenne http://encykorea.aks.ac.kr/Contents/Index?contents_id=E0033529
- MJ. Cha, Les Coréens en Californie centrale (1903-1957) : étude sur l'établissement et la politique transnationale. 2010, Lanham, Maryland. Presses universitaires d'Amérique. Imprimé
- JH. Shin, 국민회. Dans l'Encyclopédie de la culture coréenne. 1995, Extrait en coréen de http://encykorea.aks.ac.kr/Contents/Item/E0006326
- Les Américains d'origine coréenne à Los Angeles, 1905-1980.