Assori Itoua Ngaporo
Assori Itoua Ngaporo, né le à Ello (Ollombo), est un universitaire congolais.
| Naissance | |
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| Nationalité |
Congolaise |
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Professeur des universités Praticien hospitalier Professeur émérite |
Professeur émérite de l'université Marien-Ngouabi de Brazzaville, il est spécialiste en hépatologie-gastro-entérologie et dans la prise en charge de l'infection VIH/SIDA. Il a été doyen de la faculté de médecine de Brazzaville. Il est également président de l'Académie nationale des sciences et technologies du Congo et, depuis le , délégué général à la Recherche scientifique.
Biographie
modifierAssori Itoua Ngaporo naît le à Ello, village situé dans le district d'Ollombo, en république du Congo[1]. Il se marie le à Lille (France) avec Adèle Philomène Ossenguet et est père de cinq enfants.
Formation
modifierAprès un cycle primaire à Ngagna (département des Plateaux) et à Tsambitso (Cuvette), il entre au collège Chaminade de Brazzaville, où il obtient le BEPEC en 1960 puis le BAC en 1963 (série sciences expérimentales, série D actuelle). En , après l'obtention du certificat préparatoire des études médicales (CPEM) à l'école des sciences du Centre d'enseignement supérieur de Brazzaville (CESB), il s'envole pour la France où il s'inscrit à la Faculté de médecine de Lille. Il y accomplit des études médicales de 1964 à 1970. En 1969, il revient au Congo pour effectuer un stage d'internat à l'Hôpital Général de Brazzaville. C'est là qu'il découvre la richesse et la variété de la pathologie tropicale face au manque criard des personnels soignants et à la pénurie des équipements techniques. Il s'initie également à la gouvernance hospitalière et se spécialise en hépato-gastroentérologie.
Revenu à Lille, il soutient sa thèse de doctorat en médecine le sur le thème : « Contribution à l'étude des léiomyomes du duodénum ». Par la suite il prépare et obtient les grades et compétences dans les différentes spécialités médicales suivantes : certificat d'études spéciales (CES) d'hygiène et d'action sanitaire et sociale (1972) ; CES de biologie et de médecine du sport (1974) ; CES des maladies de l'appareil digestif et de la nutrition (1975) ; CES de médecine tropicale (1976) ; la maîtrise es-sciences médicales (1977) ; Agrégation de médecine, option hépato-gastro-entérologie des CHU de France en 1978. Il est le troisième agrégé du Congo, après les professeurs Bernard Galiba (1971) et Christophe Bouramoué (1973) ; il est le second agrégé d’hépato-gastro-entérologie en Afrique noire francophone après le professeur Alain Attia de côté d’Ivoire.
Carrière universitaire
modifierAu cours de sa carrière universitaire en France, Assori Itoua-Ngaporo a été assistant d'histologie (1970-1973), assistant d'hygiène et d'action sanitaire et sociale (1972-1975) et assistant dans le laboratoire d'hépato-gastro-entérologie (1975-1976).
En ce qui concerne ses fonctions hospitalières en France, il a été un faisant fonction d'interne des hôpitaux à la clinique des maladies de l'appareil digestif et de la nutrition du CHU de Lille (1970-1971) et a été médecin-attaché au Centre des examens de santé (Pr M. Gervois) de 1971 à 1973, puis à la clinique des maladies de l'appareil digestif et de la nutrition de 1972 à 1975 et enfin assistant dans la même clinique dirigée par le professeur Jean Paris de 1975 à 1978.
Assori Itoua-Ngaporo a par ailleurs assuré de nombreux enseignements dirigés et magistraux en deuxième et troisième cycles, en hygiène, en histologie et en hépato-gastro-entérologie.
De retour définitif au Congo en , il fonde le service de gastro-entérologie et de médecine interne ; il contribue à la création d'autres services médicaux spécialisés et crée le CES/DES d’hépato-gastro-entérologie. Il forme les premiers agrégés de cette spécialité d'Afrique centrale (Congo, Gabon, RCA, RDC). Les maladies digestives mises à part, il est un des pionniers de la lutte contre le VIH/Sida au Congo.
Il est nommé en , directeur de l'institut supérieur des sciences de la santé[2]. Cette même année, il initie et dirige le Comité national de diagnostic et de lutte contre le Sida. Cette structure de lutte, qui voit le jour deux ans avant celle de l'OMS, place le Congo parmi les premiers pays africains engagés dans la lutte contre cette pandémie. . En 1987, ce comité devient le « Programme national de lutte contre le Sida » dirigée par son collaborateur, le docteur Pierre Mpélé.
En , de retour d'une Conférence internationale sur le Sida à Stockholm (Suède), il participe à Paris, à l'initiative du professeur Marc Gentilini et de Danielle Mitterrand, présidente de la Fondation France Liberté à la création de l'Organisation panafricaine de lutte contre le sida (OPALS). Il est le président de l'OPALS-Congo dont le docteur Pierre Mpélé, est secrétaire général. En 1994, l'OPALS et la Croix-Rouge française ont construit, au sein du CHU de Brazzaville, le premier centre de traitement ambulatoire (CTA) destiné à délivrer des trithérapies antirétrovirales en Afrique subsaharienne.
Concomitamment à ses activités hospitalières, Assori Itoua-Ngaporo exerce des fonctions administratives universitaires : chef de département de médecine et des sciences infirmières de 1978 à 1995 ; vice-doyen de 1982 à 1985 ; doyen en 1984, succédant au doyen fondateur Christophe Bouramoué, nommé ministre de la Santé et des Affaires sociales. Durant son mandat de doyen, il prend plusieurs initiatives visant à renforcer les compétences de l’université et de la faculté de médecine : plaidoyer pour obtenir l’adhésion des universitaires au Conseil africain et malgache pour l'enseignement supérieur (CAMES) ; contribution à l’organisation à Brazzaville en 1984 du deuxième concours d’agrégation de médecine ; mise sur pied de la commission chargée de la préparation des candidats au concours d’agrégation ; plaidoyer pour transformer l’hôpital général en CHU, véritable Centre de recherche biomédicale et d'apprentissage du métier de médecin ; institution des CES, rebaptisés DES ; création de la Revue Médicale du Congo ; création de la Société médicale du Congo et de ses filiales ; élaboration du projet d’institution de l’internat du CHU de Brazzaville ; enfin instauration de l'éméritat à l’université Marien-Ngouabi.
Nommé délégué général de la Recherche scientifique et technologique par décret no 98-475 du [3], Assori Itoua-Ngaporo prend les mesures suivantes pour restructurer le système national de recherche et pour améliorer la qualité et le statut des chercheurs :
- obligation d'inscription des chercheurs congolais sur les listes d'aptitude du CAMES ;
- création de groupes de recherche sur les champs scientifiques laissés jusque-là à la marge : groupe de recherche biomédicale (GRBM) qui deviendra l'IRSSA ; groupe de recherche en sciences exactes et naturelles (GRSEN) qui intégrera l'IRSEN ; centre Régional de recherche agronomique et forestière d'Oyo (CRRAFO) qui intégrera l'IRA et l'IRF ;
- initiation du projet de convention de coopération DGRST-UMNG ;
- création du comité d'éthique de la recherche en sciences de la santé (CERSSA), premier et unique comité d'éthique au Congo ;
- initiation d'un projet de décret portant modification du décret no 82/842 du , portant statut particulier du personnel de la recherche ;
- initiation d'un projet de décret portant recrutement des chercheurs ;
- décision portant amélioration des conditions des chercheurs inscrits sur la liste d'aptitude du CAMES ;
- initiation du projet de création de la Société de recherche et de technologie pharmaceutique (SORETEP) ;
- organisation du colloque national sur la science et la technologie (28-) qui propose le regroupement des 15 centres et 8 unités de recherche en sept instituts nationaux de recherche mieux profilés : IRA, IRF, IRSSA, IRSEN, INRSIIT, INRSSH et IGN ;
- initiation du projet de création de l'Académie nationale des sciences et technologies du Congo (ANSTC).
Il est également président de l'Académie nationale des sciences et technologies du Congo[4].
Engagement associatif
modifierAssori Itoua-Ngaporo est membre de 14 sociétés savantes. Il a été président fondateur de la Société médicale du Congo et de la Société congolaise de gastro-entérologie. Il a été rédacteur en chef de la Revue médicale du Congo. Il est ancien membre de la Conférence internationale des doyens des facultés de médecine d’expression française (CIDMEF) et de la Conférence africaine des doyens des facultés de médecine d’expression française (CADMEF). Enfin il a été membre du Conseil de l’Organisation Internationale des Palmes Académiques (OIPA) du CAMES[5].
Publications
modifierAssori Itoua-Ngaporo est signataire de plus de plusieurs articles scientifiques et de livres :
- Contribution à l’étude des léiomyomes du duodénum, Thèse médecine, Lille, , 174 p.
- État actuel de la trypanosomiase humaine africaine et moyen de lutte dans la République Populaire du Congo, Mémoire, CES d'hygiène et d'action sanitaire et sociale, Lille , 32 p.
- L'angiomatose hépatique, à propos de deux observations, Mémoire, CES des maladies de l'appareil digestif et de la nutrition, Lille, , 158 p.
- Infection à VIH, aspects en zone tropicale, Édition Ellipse, Paris, 1989.
- Les Résistances du bassin de l'Alima-Nkéni au Congo, 1907-1915, L'Harmattan, Paris, 2019, 199 p.[6],[7]
Distinctions
modifierLe professeur Assori Itoua-Ngaporo a été honoré par de nombreuses distinctions de la France, du CAMES, de son pays et d’autres pays africains :
- Chevalier des Palmes Académiques françaises en 1985 ;
- Commandeur de l'ordre national du Mérite (France) en 1995 ;
- Officier de la Légion d’honneur de France en 2008
- Commandeur de l'organisation internationale des Palmes Académiques (OIPA) du CAMES en 2020[5]
- Grand officier de l'ordre du Mérite congolais en 2025[8]
- Commandeur de l'ordre du mérite universitaire de l'université Marien-Ngouabi en 2017
- Chevalier de l'ordre du mérite du Gabon (1987)
- Chevalier de l'ordre du mérite de la Centrafrique (1987)
- Chevalier de l'ordre du mérite du Lion du Sénégal (1988)
- Chevalier de l'ordre du mérite de Côte d’Ivoire (1989)
Notes et références
modifier- ↑ « Assori Itoua-Ngaporo : Livres, Biographie, Livres Audio, Bibliographie... - La Boutique Africavivre », sur Africa Vivre (consulté le )
- ↑ « Décret n°86/366 du 26 mars 1985 portant nomination du professeur Itoua-Ngaporo Assori, en qualité de directeur de l'institut supérieur des sciences de la santé », Journal Officiel de la République du Congo, (lire en ligne [PDF])
- ↑ « sgg-congo : Secrétariat Général du Congo - Textes de droit congolais », sur www.sgg.cg (consulté le )
- ↑ « Recherche : l’Académie nationale des sciences et technologies tient sa première session », sur www.adiac-congo.com (consulté le )
- 1 2 « Décoration dans l’Ordre International des Palmes Académiques du CAMES », sur CAMES, (consulté le )
- ↑ « Lire ou relire : « Les résistants du bassin de l’Alima-Nkeni au Congo » d’Assori Itoua-Ngaporo », sur www.adiac-congo.com (consulté le )
- ↑ « «Les Résistants De L’Alima-Nkéni (1907-1915)» Par Assori Itoua-Ngaporo », (consulté le )
- ↑ Florine Mouano, « 65ᵉ anniversaire de l’indépendance : les Congolais renouent avec le défilé civil et militaire », sur Journal de Brazza, (consulté le )
Annexes
modifierBibliographie
modifier- J. Mbanza, « Le Pr Christophe Bouramoué, Itoua-Ngaporo et Georges Moyen distingués par la France », La Semaine africaine, no 2745, , p. 4 (lire en ligne)

