Ateliers Moës frères
Les ateliers Moës-Frères, devenus Moteurs Moës S.A., étaient une entreprise d'ingénierie basée à Waremme, en Belgique, spécialisée initialement dans la construction de moteurs diesel puis progressivement de locomotives industrielles. Elle demeura indépendante jusqu'en , date à laquelle elle fut rachetée par VMF Stork-Werkspoor Diesel d'Amsterdam (aujourd'hui intégrée à Wärtsilä).
| Moteurs Moës | |
| Création | |
|---|---|
| Disparition | |
| Forme juridique | S.A. |
| Siège social | Waremme |
| Effectif | 110 |
| Site web | moteurs-moes.net |
| modifier - modifier le code - voir Wikidata | |
Historique
modifierCréation
modifierGuillaume Moës naquit en au hameau de Bléret, entre Remicourt et Waremme. Jeune homme, il s'installa à Waremme où il fonda un moulin à vapeur. Son fils aîné, Édouard, naquit en et, au tournant du siècle, il mit au point un moteur à combustion interne pour remplacer la machine à vapeur qui animait le moulin familial. Le second fils de Guillaume, Auguste (né en ), se révéla un vendeur talentueux des moteurs conçus par son père et parvint à les placer dans plusieurs usines locales.
Le moulin fut rapidement reconverti en atelier de fabrication de moteurs et, en , la société Ateliers Moës-Frères fut créée pour supporter le développement de ce métier.
Développement avant-guerre
modifierL'entreprise connut un succès rapide, écoulant plusieurs centaines de moteurs chaque année à partir de . La rentabilité du moteur à combustion par rapport au moteur à vapeur assurait un retour sur investissement rapide aux clients.
En , une nouvelle usine plus spacieuse fut construite à Waremme[1]. L'entreprise interrompit sa production au déclenchement de la guerre, après avoir fabriqué plus de 2 500 moteurs en 10 ans.
Entre-deux-guerres
modifierEn , l'entreprise reprit sa production, avec l'arrivée de Paul (né en ), le plus jeune fils de Guillaume, au sein de la société familiale.
Elle diversifia alors sa production de moteurs, avec la fourniture de moteurs diesel, à boule chaude et de moteurs électriques.
Au début des années 1920, elle commença la production de locomotives industrielles à voie étroite, construites autour de ses moteurs diesel. Une première série présentait une carrosserie dotée de capots cylindriques rappelant les chaudières des locomotives à vapeur. Guillaume décéda en et l'entreprise fut reprise par ses trois fils.
Dans les années 1930, la société change de nom et devient SA Moteurs Moës. La production de locomotives s'étend aux locomotives minières, spécialisées pour les travaux souterrains, avec le moteur de type D, doté d'un nettoyage des gaz et d'un dispositif anti-flamme, ainsi qu'aux petites locomotives de manœuvre industrielles à voie normale. La société acquiert une renommée internationale et exporte son matériel vers la France, l'Italie, les Pays-Bas, le Congo belge[1] et l'Asie.
Reprise de l'activité après la Seconde Guerre mondiale
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Durant la Seconde Guerre mondiale, les Moteurs Moës réduisirent leur production, sans la cesser. La diversification toucha également les engins agricoles. Cela permit à la société de protéger ses employés du travail obligatoire imposé par l'occupant nazi.
Après la guerre, l'activité reprit pour répondre aux besoins de reconstruction, notamment dans le domaine des moteurs de marine. Cependant, le marché était saturé par les surplus militaires. Les moteurs de très grande série d'origine allemande ou américaine et leurs pièces détachées largement disponibles étaient impossibles à concurrencer. L'entreprise se recentra sur le marché des locomotives à voie étroite, notamment pour les mines de charbon.
Dans les années 1960, ce choix fut remis en question par le déclin du secteur minier européen et la décolonisation. Moës se remit à fabriquer des moteurs en propre, pour des usages spécifiques.
Cession
modifierPaul Moës décéda en . Deux ans plus tard, en , la société fut vendue au groupe néerlandais VMF Stork-Werkspoor Diesel, mais conserva une certaine indépendance ainsi que la marque Moës Diesel. Cette division développa de nouvelles locomotives hydrostatiques à voie étroite, des locomotives minières améliorées et un nouveau type de locomotive de manœuvre à voie normale.
En , la division Moës Diesel fut vendue au groupe belge BIA, spécialisé dans la vente de groupes électrogènes et de pompes. En , elle fut rebaptisée Moës Energy.
En , toute production sur le site de Waremme cessa.
Notes et références
modifier- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Ateliers Moës-Freres » (voir la liste des auteurs).
- 1 2 Danielle Sarlet et Jacques Stiennon, Wallonie - Province de Liège : Arrondissement de Waremme, vol. 18/2, Editions Mardaga, coll. « Le patrimoine monumental de la Belgique », (ISBN 2870095821, EAN 9782870095829)
- Thierry Delgaudinne, Le Jour Huy Waremme
- Paul Delforge, Famille Moës, dans Grands hommes de Hesbaye, Musée de la Hesbaye, , 65–70 p.
- Philippe Destinez, Jacques Lanneau et Claude Lombart, Hesbaye, qui sont tes grands hommes ?
Liens externes
modifier- A. Bongaards, « Site web consacré aux locomotives et aux moteurs à combustion interne produits par Moes », sur moteurs-moes.net (consulté le )