Athanase Ier de Constantinople
Athanase Ier de Constantinople, né vers 1230 et mort vers 1310, est un ecclésiaste byzantin, higoumène et réformateur. Il est à deux reprises patriarche de Constantinople du au puis du à . Marqué par un ascétisme intransigeant et un zèle réformateur radical, son épiscopat s'est déroulé dans une période de transition difficile pour l'Empire byzantin, entre la reconquête de Constantinople face aux Latins et l'expansion des premiers Turcs ottomans en Anatolie.
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Biographie
modifierOrigine
modifierPeu de détails subsistent sur les premières années d'Athanase avant son entrée dans les ordres. Il embrasse très tôt la vie monastique, acquérant une réputation de grande piété et de rigueur doctrinale. Son parcours spirituel le conduit à fréquenter plusieurs grands centres monastiques de l'Empire byzantin, où il se forge une vision absolutiste de la morale chrétienne et du rôle de l'Église face au pouvoir séculier[1].
Premier patriarcat (1289-1293)
modifierEn 1289, l'empereur Andronic II Paléologue, soucieux de rompre avec la politique pro-catholique de son père Michel VIII et de pacifier l'Église minée par le schisme des arsénites, choisit de nommer Athanase à la tête du patriarcat de Constantinople[1]. Il remplace Grégoire II.
Dès son accession au trône œcuménique, Athanase entreprend de nettoyer l'institution ecclésiastique de la corruption. Il impose des critères de moralité extrêmement stricts au clergé et aux moines, n'hésitant pas à blâmer publiquement les élites de la capitale et l'empereur lui-même pour leurs manquements. Face à la levée de boucliers et aux résistances qu'il rencontre au sein de la hiérarchie ecclésiastique et de la cour, le patriarche choisit la rupture : il démissionne en 1293, rédige une lettre virulente condamnant ses opposants et l'empereur, qu'il dissimule secrètement dans la basilique Sainte-Sophie, avant de se retirer dans la vie solitaire[1].
Second patriarcat (1303-1309)
modifierSon successeur, le patriarche Jean XII Kosmas, poursuit la politique de redressement moral initiée par Athanase. La situation bascule en 1303 lorsque la fameuse lettre cachée est découverte par hasard. Pris de panique à l'idée d'encourir une réprobation divine, et impressionné par divers signes perçus comme surnaturels, notamment un violent tremblement de terre ayant frappé Constantinople en 1304, que l'empereur interprète comme une validation de la sainteté d'Athanase, Andronic II supplie ce dernier de revenir sur le siège patriarcal afin de lever sa condamnation. Athanase accepte à la condition stricte que l'Église soit totalement affranchie de toute ingérence civile et impériale[1].
Son second mandat est marqué par une grave crise géopolitique et humanitaire. À l'est, les ottomans, menés par Osman Ier, progressent rapidement en Anatolie occidentale, provoquant un afflux massif de réfugiés vers Constantinople. La capitale, déjà affaiblie par des hivers glaciaires et des famines récurrentes, peine à subvenir aux besoins de cette population précaire[1].
Persuadé que les malheurs de l'Empire sont les châtiments de Dieu infligés en raison des péchés collectifs des orthodoxes, Athanase fait de la lutte contre la débauche sa priorité absolue. Ses exigences tatillonnes et son refus total de transiger provoquent la fuite de nombreux clercs vers la colonie génoise de Pera et coalisent contre lui les influences aristocratiques et les vestiges de l'opposition arsénite[1]. Il pratique exactement la même politique que lors de son premier patriarcat et retire aux patriarches de Jérusalem, d'Alexandrie et d'Antioche leurs propriétés.
Abdication
modifierÉpuisé par l'hostilité générale qu'il suscite et par l'impasse des réformes face aux urgences militaires, Athanase abdique en 1309. Son départ a paradoxalement pour effet de désamorcer les tensions de longue date, permettant enfin la résolution définitive du schisme arsénite. Il s'éteint peu de temps après, vers 1310[2],[1].
Bien que son action politique concrète n'ait pas enrayé le déclin structurel de l'Empire, son intransigeance morale et la pureté reconnue de sa vie ascétique lui valent d'être formellement canonisé par l'Église orthodoxe, qui célèbre sa mémoire comme celle d'un saint défenseur de la foi[1].
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 8 (en) James Francis LePree et Ljudmila Djukic, The Byzantine Empire: A Historical Encyclopedia [2 Volumes], Bloomsbury Academic, (ISBN 978-1-4408-5146-9, lire en ligne), p. 5-7
- ↑ Grumel 1958, p. 437.
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Venance Grumel, Traité d'études byzantines, vol. I : La chronologie, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Bibliothèque byzantine », .
- Vitalien Laurent, « La chronologie des patriarches de Constantinople de la première moitié du XIVe siècle (1294-1350) », Revue des études byzantines, vol. 7, , p. 145-155.
Liens externes
modifier- Ionut Tudorie, Le patriarche Athanase Ier et les arsénites : une lettre patriarcale contre les schismatiques, Paris, Centre d’études byzantines, néo-helléniques et sud-est européennes, École des Hautes Études en Sciences Sociales, coll. « Dossiers byzantins », (lire en ligne).
- Ressource relative aux beaux-arts :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :