Attariq Al Jadid
Attariq Al Jadid (arabe : الطريــــق الجـديـــد), signifiant La Voie nouvelle en français, est un hebdomadaire tunisien paraissant le samedi sous format tabloïd[2].
| Attariq Al Jadid | |
| الطريق الجديد | |
Une des numéros 214-215 (2011). | |
| Pays | |
|---|---|
| Langue | Arabe et français |
| Périodicité | Hebdomadaire |
| Prix au numéro | 0,800 dinars[1] |
| Fondateur | Mohamed Harmel |
| Date de fondation | |
| Éditeur | UGTT |
| Ville d’édition | Tunis |
| Directeur de la rédaction | Hichem Skik |
| Site web | http://attariq.org/ |
| modifier |
|
Fondé le [3] par Mohamed Harmel, alors premier secrétaire du Parti communiste tunisien, il est l'organe du parti, devenu le mouvement Ettajdid en 1993 puis la Voie démocratique et sociale en 2012.
Imprimé par l'imprimerie de l'Union générale tunisienne du travail[2], il sert selon ses fondateurs à « la lutte pour la démocratie, le progrès et le socialisme »[4]. Faisant entre douze et seize pages, il est surtout diffusé à Tunis, dans la région de Gafsa et en France, essentiellement à Paris, par voie de diffusion militante[2].
Historique
modifierPrésidence Bourguiba
modifierHarmel a été un temps le directeur responsable du journal[5]. Le , il se rend chez le président Habib Bourguiba à Skanès (Monastir) afin de le remercier d'avoir levé l'interdiction qui pesait depuis 18 ans sur les publications communistes[6]. Harmel fonde finalement le journal le 3 octobre 1981[3].
Le , Attariq Al Jadid est suspendu pendant six mois pour « diffusion de fausses nouvelles »[2]. Le , il est à nouveau suspendu pendant trois mois pour « diffamation contre le Roi d'Arabie saoudite »[7]. Le numéro 154 datant du de la même année est saisi pour avoir publié une longue interview d'Ahmed Ben Salah, devenu un adversaire politique du président Bourguiba[7]. Attariq Al Jadid est à nouveau suspendu pendant six mois à compter d' pour « diffamation à l'encontre des fonctionnaires de l'État »[7].
Présidence Ben Ali
modifierLa direction du journal décide en de suspendre la parution de l'hebdomadaire pour des raisons « matérielles » liées aux difficultés d'approvisionnement en papier[7]. Trois ans plus tard, le journal reparaît sous la forme d'une revue « de réflexion progressiste », mais de façon très irrégulière[7]. En , le journal devient mensuel et bilingue (arabe-français)[7]. Le journal devient plus tard hebdomadaire.
Le numéro 113 d'Attariq Al Jadid, en date du , est saisi pour infraction aux dispositions de l'article 63 du code de la presse[8] qui « interdit de publier des actes d'accusation et tous autres actes de procédure pénale avant qu'ils aient été lus en audience publique »[9]. Selon l'AFP, le numéro saisi a diffusé une transcription de l'interrogatoire de Bechir Laabidi, l'un des dirigeants du mouvement des grèves de Gafsa, dont le procès en appel débute le [8]. Seulement, la direction du journal apprend la saisie de ce numéro par le biais des journaux officiels et aucune notification des autorités judiciaires n'a lieu[10]. De plus, selon la direction du journal, qui conteste la légalité de la démarche, le procès-verbal en question « avait fait l'objet d'un débat public au cours de la première audience du Tribunal de première instance de Gafsa tenue le [...] et a servi de base pour le jugement prononcé lors de l'audience du du même tribunal »[10]. L'Observatoire pour la liberté de la presse, d'édition et de création en Tunisie, membre de l'International Freedom of Expression Exchange condamne la saisie du journal[10].
Ahmed Brahim, secrétaire général du parti, dénonce lors d'une conférence tenue à Tunis le la « saisie déguisée » d'Attariq Al Jadid, retardé de quatre jours après sa parution normale, ce que dément une source gouvernementale qui assure que « le journal existe dans les kiosques et est distribué de manière normale »[11]. Le de la même année, soit deux jours avant le lancement officiel de la campagne électorale pour l'élection présidentielle de 2009, le ministère de l'Intérieur saisit le numéro 149 de l'hebdomadaire[12] car il « contenait des manifestes électoraux, publiés sans respecter les procédures légales relatives au dépôt de ce genre de documents »[13]. Ceci s'est fait selon l'agence Tunis Afrique Presse « en vertu des dispositions de l'article 29 du code électoral »[14] et des articles 2 et 12 du code de la presse[15],[13].
Le , une déclaration publiée par Ettajdid rapporte que le gouvernement a empêché la distribution du numéro datant du [16] en confisquant des copies[17]. Les autorités n'ont d'abord pas voulu commenté l'affaire ; lors d'une conférence de presse tenue le , le ministre tunisien de la Justice et des Droits de l'homme Béchir Tekkari indique que les journalistes « qui commettent des crimes sont encore sanctionnables par la loi, et ne peuvent utiliser leur profession comme excuse pour justifier ce qu'ils ont fait »[17].
Le , un communiqué du mouvement Ettajdid rapporte que le directeur de la rédaction Hichem Skik a été empêché « par la force » de pénétrer dans les locaux du parti par « un certain nombre de policiers en civil », vers 10 h[18].
Post-révolution
modifierLe , le rédacteur en chef Mahmoud Laaroussi meurt, le Syndicat national des journalistes tunisiens (en) saluant le parcours riche et engagé du défunt[19].
Références
modifier- ↑ En 2004, son prix est de 0,250 dinars selon Michel Camau et Vincent Geisser, Habib Bourguiba : la trace et l'héritage, Paris, Éditions Karthala, , 663 p. (ISBN 978-2845865068), p. 353.
- 1 2 3 4 Camau et Geisser 2004, p. 353.
- 1 2 « Une du premier numéro d'Attariq Al Jadid » [image], sur ImageShack (consulté le ).
- ↑ Camau et Geisser 2004, p. 346.
- ↑ Néjib Sassi, « Le coup de colère de Mohamed Harmel ! », Le Temps, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Camau et Geisser 2004, p. 344.
- 1 2 3 4 5 6 Camau et Geisser 2004, p. 354.
- 1 2 « Ettarik Al-Jadid saisi pour violation du code de la presse », sur tunisieinfos.com, (consulté le ).
- ↑ « Code de la presse », sur jurisitetunisie.com (consulté le ).
- 1 2 3 Naziha Réjiba, « Quatre journalistes y compris une travaillant pour Radio Kalima détenus et interrogés par la police, l'édition de l'hebdomadaire Ettarik Al-Jadid saisie et la sentence de six ans d'emprisonnement contre le journaliste Fahem Boukadous maintenue », sur International Freedom of Expression Exchange, (consulté le ).
- ↑ « Tunisie : un dirigeant de l'opposition dénonce des obstacles à sa candidature à la présidentielle », sur tempsreel.nouvelobs.com, (consulté le ).
- ↑ Éric Gobe et Larbi Chouikha, « Tunisie : des élections pour quoi faire ? Signification et portée des scrutins présidentiel et législatif de 2009 », sur Institut d'études politiques de Paris, (consulté le ).
- 1 2 « Précisions au sujet de la saisie du journal Attariq Al Jadid », sur infotunisie.com, (consulté le ).
- ↑ « Code électoral », sur jurisitetunisie.com (consulté le ).
- ↑ « Code de la presse », sur jurisitetunisie.com (consulté le ).
- ↑ « En Tunisie, le harcèlement des journalistes par le gouvernement se poursuit », sur Comité pour la protection des journalistes, (consulté le ).
- 1 2 Jamel Arfaoui, « Les journalistes tunisiens craignent une baisse de la liberté de la presse et de l'éthique professionnelle », sur magharebia.com, (consulté le ).
- ↑ Ahmed Brahim, « Hichem Skik, directeur de la rédaction d'Attariq Aljadid empêché par la police de pénétrer dans le local du mouvement », sur Mouvement Ettajdid, (consulté le ).
- ↑ Rym Maalaoui, « Mahmoud Laaroussi, rédacteur en chef d'Attariq Al-Jadid, est décédé », sur directinfo.webmanagercenter.com, (consulté le ).