Augustine Bulteau
Augustine Bulteau, dite aussi Madame Bulteau, née le à Neuilly-sur-Seine et morte le à Paris, est une journaliste, romancière et salonnière française.
| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Sépulture | |
| Nom de naissance |
Augustine Mathilde Victoire Bulteau |
| Surnom |
Toche |
| Autres noms |
Madame Bulteau |
| Nationalité | |
| Activités | |
| Père |
Auguste Bulteau (d) |
| Conjoint |
Jules Ricard (de à ) |
| Distinction |
|---|
Elle a utilisé comme noms de plume Fœmina, Cleg et Jacque Vontade.
Biographie
modifierNée le à Neuilly-sur-Seine[3], Augustine Mathilde Victoire Bulteau est éduquée dans une famille appartenant à la grande bourgeoisie industrielle textile originaire de Roubaix. Son père, Auguste Alexandre Bulteau, installé à Paris rue du Sentier, est nommé chevalier de la Légion d'honneur en 1863[4].
Le , elle épouse à Neuilly l'avocat et futur écrivain Jules Ricard[5]. Le divorce est prononcé le , mais la séparation date de bien plus tôt[3].
Dans l'intervalle, et à partir de la fin des années 1880, Augustine Bulteau, surnommée « Toche », rassemble un cercle d'artistes et d'écrivains qu'elle réunit dans son domaine de Léry en Bourgogne. Elle pratique la peinture, le dessin, la photographie, organise des spectacles vivants, et laisse un important témoignage iconographique, conservé en partie par la Bibliothèque nationale de France, dans lequel on croise par exemple l'artiste Maxime Dethomas qui fut l'un de ses plus fidèles amis[6],[7].
Augustine Bulteau est aussi très liée à Isabelle Crombez de La Baume-Pluvinel (1858-1911), qui publie sous le nom de Laurent Évrard. Les deux femmes occupent le palais Dario à Venise et y reçoivent de nombreuses personnalités du monde des arts et de la culture[8].

En 1898, Augustine Bulteau écrit, sous le pseudonyme de Cleg, des chroniques régulières dans l'hebdomadaire La Vie parisienne, où elle publie également en feuilleton son roman Les Histoires amoureuses d’Odile.
En parallèle, en 1899, elle inaugure dans le quotidien mondain Le Gaulois, une chronique signée « Foemina » qu'elle tient jusqu'en 1901, puis qu'elle poursuit l'année suivante dans Le Figaro jusqu'en 1914. Elle y soutiendra notamment la candidature de Marie Curie à l'Académie des sciences[9].
En 1900, sous un autre pseudonyme, Jacque Vontade, elle se lance dans une carrière de romancière avec la publication des Histoires amoureuses d'Odile chez Ollendorff.
Le , elle est nommée chevalier de la Légion d'honneur par le ministère de l'Instruction publique[3].
Augustine Bulteau meurt à Paris le à son domicile du 149, avenue de Wagram[10], lieu où elle avait l'habitude de recevoir ses amis. Elle est incinérée et ses cendres déposées au columbarium du cimetière du Père-Lachaise, puis transférées au cimetière des Batignolles (division 10) l'année suivante[11].
Ses mémoires paraissent entre 1922 et 1929. Redécouverte, son importante correspondance est éditée, révélant ses liens avec Louis Duchesne (de 1902 à 1922), Jean de Tinan, Paul-Jean Toulet, entre autres.
Œuvre littéraire
modifier- Histoires amoureuses d'Odile, roman, P. Ollendorff, 1900.
- Les Histoires amoureuses d’Odile, Paris, Feuilleton de la Vie parisienne, 1898-1899
(Wikisource)
- Les Histoires amoureuses d’Odile, Paris, Feuilleton de la Vie parisienne, 1898-1899
- Un voyage. Belgique, Hollande, Allemagne, Italie, récit, Bernard Grasset, 1904.
- La Lueur sur la cime, roman, Paris, Calmann-Lévy,
(Wikisource) - L'Âme des Anglais, essai, Bernard Grasset, 1910.
- La Conquête de la joie, souvenirs, présentation par Raymond Schwab, Bernard Grasset, 1922.
- Dans la paix du soir, souvenirs, présentation par Raymond Schwab, Au sans pareil, 1929.
- Avec Jean de Tinan et Paul-Jean Toulet, Le Mariage de Don Quichotte, présenté par Henri Martineau, Le Divan, 1958.
Décoration
modifierBibliographie
modifier- Jean-Louis Vaudoyer, P. J. Toulet et Madame Bulteau [suivi de] Lettres de P. J. Toulet à Madame Bulteau, Éditions de la Revue de Paris, 1924 ; nouvelle édition par Claude Sicard, chez Honoré Champion, 2019.
- Bruno Neveu, « Mgr Duchesne et Madame Bulteau : une amitié (1902-1922) », in: Publications de l'École française de Rome, no 23, Rome, École française de Rome, 1975, pp. 271-303 – lire en ligne.
- Louis Duchesne. Correspondance avec Madame Bulteau, 1902-1922, édition établie et annotée par Florence Callu, Rome, École française de Rome, 2009.
Notes et références
modifier- ↑ Portrait of Madame Jules Ricard, née Augustine Bulteau, crayon et fusain — Catalogue en ligne du Cleveland Museum of Art.
- ↑ Acte de décès à Paris 17e, vue 15/31.
- 1 2 3 « Cote 19800035/278/37319 », base Léonore, ministère français de la Culture.
- ↑ « Cote LH/391/34 », base Léonore, ministère français de la Culture
- ↑ Acte de mariage no 160, , Neuilly-Sur-Seine (avec mention marginale de divorce), Archives départementales des Hauts-de-Seine
- ↑ « Maxime Dethomas - Augustine Bulteau. Livre d'or du château de Léry, 1883-1902 », vente du 13 décembre 2012 — sur Artcurial.
- ↑ « Recueil. Album de photographies d'Augustine Bulteau, femme de lettres », sur Gallica.
- ↑ « Laurent Évrard (1858-1911) », sur data.bnf.fr.
- ↑ Parmi les hommes, le Figaro du 24 novembre 1910
- ↑ Acte de décès no 2330, , Paris 17e, Archives de Paris
- ↑ Registres journaliers d'inhumation, , cimetière du Père-Lachaise ; , cimetière des Batignolles, Archives de Paris
Liens externes
modifier- Ressource relative à la vie publique :
- Ressource relative aux beaux-arts :