Avvenire

quotidien italien

Avvenire est un quotidien national italien d'inspiration catholique, publié à Milan.

Avvenire
Description de l'image Logo Avvenire esteso.jpg.
Pays Drapeau de l'Italie Italie
Langue Italien
Périodicité Quotidien
Genre Généraliste, d'inspiration catholique
Diffusion 98 000 ex.(2023)
Date de fondation
Ville d’édition Milan
Propriétaire Conférence épiscopale italienne
Site web avvenire.it

Il paraît pour la première fois le , né de la fusion de deux titres catholiques préexistants : L'Italia de Milan et L'Avvenire d'Italia de Bologne, dont il reprend le nom. Le projet est porté personnellement par le pape Paul VI, qui l'impose à un épiscopat en grande partie réticent.

Propriété de la Conférence épiscopale italienne, le journal se définit comme un quotidien d'inspiration catholique s'adressant aussi aux non-croyants, et revendique une autonomie éditoriale à l'égard de la hiérarchie. Sa diffusion repose très largement sur les abonnements et sur les réseaux ecclésiaux, structure qui le distingue des autres quotidiens nationaux.

En 2009, son directeur Dino Boffo démissionne à la suite d'une campagne de presse menée contre lui par Il Giornale, épisode qui prend une dimension internationale et met en cause les rapports entre l'Église italienne et le gouvernement de Silvio Berlusconi.

Histoire

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Origines

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L'Avvenire d'Italia, quotidien catholique fondé à Bologne en 1896, passe en 1926 sous le contrôle de la Compagnia di San Paolo, puis en 1930 à une société éditrice associant le Saint-Siège et la curie bolonaise. Pendant la période fasciste, il adopte une ligne de dépolitisation, définie en 1927 par le directeur Raimondo Manzini[1].

Dans les années 1960, la presse catholique italienne compte six quotidiens, dont deux à diffusion interrégionale : L'Avvenire d'Italia, qui tire alors soixante-dix mille exemplaires mais accumule un passif d'un milliard de lires en 1967, et L'Italia de Milan[2].

Fondation

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L'idée d'une fusion avait été examinée dès 1949-1950, lors d'une réunion de la Secrétairerie d'État présidée par Giovanni Battista Montini, alors substitut. Devenu archevêque de Milan, celui-ci suit personnellement les affaires de L'Italia[2].

Élu pape sous le nom de Paul VI, Montini impose le projet aux évêques italiens, en grande partie hostiles[2]. La fusion des deux sociétés éditrices, l'ITL de Milan et l'I.Ce.Fi. de Bologne, intervient en 1967 et donne naissance à la Nuova Editoriale Italiana, dont le siège est établi à Milan[1].

Le premier numéro paraît le mercredi . La date n'est pas fortuite : cinq ans plus tôt, jour pour jour, le concile Vatican II promulguait ses deux premiers documents, dont le décret Inter mirifica consacré aux moyens de communication sociale[2]. Une commission de garants réunit Giuseppe Lazzati, Luigi Pedrazzi et Vittorino Veronese[2].

L'Avvenire d'Italia cesse de paraître le , deux jours avant la sortie du nouveau titre[1].

Développement

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Le titre s'affirme au fil des décennies comme l'organe de référence du catholicisme italien, dans un contexte marqué par la pluralité des sensibilités issues du concile[3].

Le cinquantenaire est marqué en 2018 par une audience accordée par le pape François[4] et donne lieu à des commentaires sur le rôle tenu par le quotidien dans l'espace public italien[3].

Direction de Marco Tarquinio

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Marco Tarquinio prend la direction du journal à l'automne 2009 et l'exerce pendant quatorze ans, ce qui en fait le doyen des directeurs des grands quotidiens italiens[5].

Cette période est marquée par une progression de la diffusion à contre-courant de la tendance générale de la presse quotidienne italienne[6]. La ligne suivie suscite néanmoins des réserves : selon des comptes rendus de presse, elle aurait provoqué l'opposition de plusieurs évêques italiens et une baisse des abonnements souscrits par des sièges épiscopaux[5].

Direction de Marco Girardo

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Marco Girardo succède à Tarquinio le [5],[7]. Membre de la rédaction depuis 2000 et responsable des pages économiques depuis 2011, il reçoit pour mandat d'accompagner le journal dans sa transition numérique[8],[5].

Tarquinio demeure éditorialiste du quotidien[5],[9].

Ligne éditoriale

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Le journal se définit comme un quotidien d'inspiration catholique : fait par des chrétiens, mais destiné à intéresser également les non-croyants[6]. Cette orientation, revendiquée par les directions successives depuis 1994, vise une audience plus large que le seul catholicisme national et un dialogue avec des interlocuteurs sociaux, politiques, économiques et religieux[6].

Le titre agit dans le respect de la doctrine catholique tout en revendiquant une autonomie à l'égard de la hiérarchie ecclésiastique[n 1].

Une enquête du Reuters Institute for the Study of Journalism de l'université d'Oxford, consacrée au renouvellement de la presse catholique dans une Europe sécularisée, examine le cas d'Avvenire aux côtés du quotidien français La Croix, avec un entretien du directeur de la publication Marco Ferrando[10].

Le journal occupe par ailleurs une place particulière dans l'écosystème de la presse accréditée auprès du Saint-Siège[11].

Diffusion

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La structure de diffusion du titre se distingue de celle des autres quotidiens nationaux. Selon les données d'Accertamenti Diffusione Stampa reprises par la presse spécialisée, le journal déclarait en 2023 une diffusion de quatre-vingt-dix-huit mille exemplaires, dont plus de quatre-vingt mille correspondaient à des exemplaires gratuits, à des copies promotionnelles ou numériques associées aux abonnements papier, ou à des achats effectués par le réseau des organisations ecclésiastiques[5].

Le lectorat est composé pour l'essentiel d'abonnés[6].

Affaire Boffo

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En , Il Giornale, alors dirigé par Vittorio Feltri et appartenant à la famille Berlusconi, publie une série d'articles mettant en cause Dino Boffo, directeur d'Avvenire depuis 1994. La campagne fait suite à des prises de position du quotidien catholique sur les affaires privées du président du Conseil[12],[13].

Boffo démissionne le , déclarant que sa famille avait été atteinte[14],[15].

Réactions

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Le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d'État du Saint-Siège, apporte son soutien au directeur démissionnaire[16]. Le Vatican intervient publiquement sur les versions divergentes données de cette démission[17],[18].

L'épisode donne lieu à un débat sur les rapports entre l'Église italienne et le pouvoir politique[19],[20], et connaît un large écho dans la presse catholique internationale[21],[22].

Bertone évoque par la suite l'éventualité d'une action judiciaire concernant les accusations selon lesquelles il aurait contribué à la campagne[23].

En 2013, Boffo figure parmi les personnalités catholiques sollicitées dans un ensemble d'entretiens consacrés à l'avenir de l'Église[24].

Directeurs

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Directions depuis 1994
PériodeDirecteur
1994-2009Dino Boffo[6],[12]
2009-2023Marco Tarquinio[5]
depuis 2023Marco Girardo[5],[7]

Les directeurs ayant exercé entre 1968 et 1994 ne sont pas documentés par des sources secondaires indépendantes accessibles.

Notes et références

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  1. ↑ L'autonomie éditoriale revendiquée à l'égard de la hiérarchie est une formulation du journal lui-même, reprise par les commentateurs.

Références

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  1. 1 2 3 (it) « L'Avvenire d'Italia », sur Biblioteca Arcivescovile « A. De Leo » (consulté le ).
  2. 1 2 3 4 5 (it) « « Avvenire », da cinquant'anni a servizio dei cattolici », sur La Voce e il Tempo, (consulté le ).
  3. 1 2 (it) « Un grande Avvenire con 50 anni dietro le spalle », sur AGI, (consulté le ).
  4. ↑ (en) « Pope Francis to mark 50 years of the newspaper Avvenire in Italy », sur Vatican News, (consulté le ).
  5. 1 2 3 4 5 6 7 8 (it) « Marco Girardo sarà il nuovo direttore di Avvenire », sur Policy Maker, (consulté le ).
  6. 1 2 3 4 5 (it) Aldo Maria Valli, « A proposito di « Avvenire » », sur aldomariavalli.it, (consulté le ).
  7. 1 2 (it) « « Avvenire », Marco Girardo è il nuovo direttore », sur Chiesa di Milano, (consulté le ).
  8. ↑ (it) « Al neo direttore Marco Girardo il mandato di accompagnare Avvenire nella transizione digitale », sur Engage, (consulté le ).
  9. ↑ (it) « Tarquinio lascia Avvenire, anni vissuti « al servizio e non al comando » », sur Vatican News, (consulté le ).
  10. ↑ Priscille Biehlmann, « Comment la presse catholique se réinvente dans une Europe laïque », sur Reuters Institute for the Study of Journalism, université d'Oxford, (consulté le ).
  11. ↑ « Le Vatican, c'est le royaume du off », sur La revue des médias, Institut national de l'audiovisuel (consulté le ).
  12. 1 2 (en) « Church v Berlusconi (II) : Catholic editor steps down », sur America Magazine (consulté le ).
  13. ↑ (en) « Paper : Latest Berlusconi Scandal « Devastating » », sur CBS News (consulté le ).
  14. ↑ (it) « Boffo si dimette : violentata la mia famiglia », sur BergamoNews, (consulté le ).
  15. ↑ (it) « Dopo gli attacchi di Feltri, Avvenire : Dino Boffo si è dimesso », sur Osservatorio giornalisti, (consulté le ).
  16. ↑ « Soutien du cardinal Bertone au directeur de « Avvenire » », sur ZENIT, (consulté le ).
  17. ↑ (en) « Vatican responds to widely divergent reports on Boffo resignation », sur Catholic News Agency (consulté le ).
  18. ↑ (en) « Vatican intrigue hits new level with leak denial », sur NBC News, Associated Press (consulté le ).
  19. ↑ (it) « Boffo, dimissioni e veleni », sur Vita, (consulté le ).
  20. ↑ (it) « Il patto non scritto che sovrasta « Avvenire » », sur Confronti, (consulté le ).
  21. ↑ (en) « War of words : Berlusconi, Boffo, beauties and bishops », sur Catholic Review (consulté le ).
  22. ↑ (en) « Letter no 29, from America, Buckle up, 2009 », sur Inside the Vatican (consulté le ).
  23. ↑ (en) « Cardinal Bertone hints at lawsuit over accusations he helped smear a Catholic editor », sur Catholic Culture (consulté le ).
  24. ↑ (en) « What next for the Vatican ? Church opinion leaders speak out », sur Euronews, (consulté le ).

Voir aussi

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