Azzon Visconti
Azzon Visconti (en italien Azzone Visconti) (né le à Ferrare et mort le à Milan) est un noble italien qui est seigneur général de Milan de 1327 à 1339.
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Richarde Visconti (d) |
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Catherine de Savoie (en) |
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Luchino Visconti (oncle) |
Biographie
modifierAzzon Visconti est le fils de Galéas Ier et de Béatrice d'Este[1] (1268-1334).
Au mois de mai 1322, son père lui confie le gouvernement, avec l'aide de sa mère Béatrice, de la cité de Plaisance dont il a été nommé vicaire impérial en 1313 ; en octobre, Azzon et sa mère doivent s'enfuir de la cité en rébellion et se réfugier à Crémone.
Le , il participe à la bataille d'Altopascio où son père Galéas Ier défait les troupes florentines guelfes du général aragonais Raymond Ier de Cardone. Azzon est alors considéré comme un valeureux guerrier et devient le héros de la cause gibeline.
Son père est démis de ses fonctions à la tête de Milan le . Azzon fait alors son possible pour reconquérir la cité.

Le , il est présent au couronnement de l'empereur Louis de Bavière et l'année suivante, le , celui-ci le nomme vicaire impérial de Milan en échange d'une forte somme (selon les sources, il s'agirait de 60 000 ou 125 000 florins) qu'il ne règle qu'en partie.
Lorsque l’empereur vient à Milan pour réclamer son dû, Azzon s'allie alors avec le pape.
Le , Louis met le siège devant Milan. Azzon lui envoie alors des mets raffinés pendant que les milanais, du haut des murs de la ville, raillent l'empereur en le traitant d'ivrogne (ubriacone). Après un mois de cette farce, Louis lève le siège en se contentant de la somme de 12 000 florins et d'une indemnité journalière pour ses soldats. Azzon obtient confirmation de son vicariat de la part de l'empereur, ainsi que l'approbation du pape pour sa résistance à l'empereur.
En 1332, il associe ses oncles Jean et Luchino à son gouvernement, ce qui lui permet de mener une guerre victorieuse contre le roi Jean de Bohême, que le pape Jean XXII et son légat en Lombardie, le cardinal Bertrand du Pouget, escomptent placer à la tête d'un vaste royaume d'Italie du Nord inféodé au Saint Siège — sur le modèle du royaume angevin de Naples en somme.
À son retour en Lombardie, il découvre que des intrigues ont été tramées en son absence. Le , il fait arrêter et enfermer dans les prisons de Monza (dites les Fours), les principaux auteurs de ces conjurations ; seul échappe à cette purge son oncle par alliance, Lodrisio Visconti, le principal organisateur.
Il épouse, le , Catherine de Savoie-Vaud († 1388), fille de Louis II de Savoie, baron de Vaud, mais ils n'ont pas de descendance.
Cependant, Lodrisio commence à nouer une série d'alliances, pour détrôner son neveu.
Le , a lieu la bataille de Parabiago[2] : Azzon, malade de la goutte, reste à Milan avec son oncle Jean et envoie Luchino, à la tête de l'armée milanaise, contre la Compagnie de San Georgio de Lodrisio, composée de mercenaires helvétiques. On raconte que Lucien vainquit grâce à une miraculeuse apparition de saint Ambroise à cheval qui effraya l'armée ennemie. Azzon fait enfermer Lodrisio dans les prisons de San Colombano du Lambro et peut se consacrer au gouvernement de Milan, à la tête du triumvirat formé avec ses deux oncles.
Il réussit à rallier à Milan toutes les cités de la région.
Selon une légende, on lui doit les armes des Visconti, le serpent avalant un homme. On raconte qu'il réussit à chasser sans peur une vipère qui s'était introduite dans son heaume. Le fait qu'il ne fut pas mordu fut considéré comme un prodige. Il exploita l'évènement en le rappelant dans ses armes.
Au sommet de sa puissance, Azzon meurt, le , sans héritier mâle.
Le mécène
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Azzon initie le renouveau artistique de Milan. Il restructure le palais du Broletto Vecchio, qui de siège communal devient le palais des Visconti[3], tandis que le siège de la Commune est déplacé dans le palais de la Raison (Palazzo della Ragione). Il prend un soin particulier à la réalisation de l'église de San Gottardo, annexe au palais Visconti, dont il ne reste aujourd'hui que le campanile isolé de forme octogonale. Cette église est réalisée de 1330 à 1336, par l'architecte crémonais Francesco Pecorari (it) qui a probablement comme référence le projet initial de Giotto pour le clocher de Santa Maria del Fiore à Florence.

Azzone fait venir de Florence Giotto qui exécute diverses fresques pour le palais viscontien, aujourd'hui perdues et qui devaient représenter des exploits de protagonistes héroïques de l'histoire, depuis ceux mythiques de l'antiquité (d'Énée par exemple), jusqu'à ceux des Visconti. De ces fresques giottesques, ne reste aujourd'hui que celle de la Crucifixion exécutée par un de ses élèves, initialement apposée sur le côté extérieur de l'église de San Gottardo qui est, dans les années 1950, déplacée à l'intérieur de l'église en raison de son mauvais état.
Dans l'église, se trouve le monument sépulcral d'Azzon qui est réalisé par le sculpteur pisan Giovanni di Balduccio qu'il avait invité à sa cour depuis 1330.
Notes et références
modifier- ↑ Béatrice d'Este, épouse de Galéas Ier Visconti et fille d'Hercule Ier d'Este, seigneur de Ferrare et de Modène, ne doit pas être confondue avec la célèbre Béatrice d'Este (1475-1497), fille d'Hercule Ier d'Este, qui est, plus de 200 plus tard, l'épouse d'un autre souverain milanais, le duc Ludovic Sforza.
- ↑ Bataille de Parabiago : voir Bataille de Parabiago sur la Wikipédia italophone.
- ↑ Le Broletto Vecchio fut finalement transformé en palais Royal (Palazzo Reale) par Giuseppe Piermarini au XVIIIe siècle.
- ↑ Le tombeau d'Azzon est détruit à l'époque néoclassique et l'aspect actuel est une reconstitution moderne pour laquelle il n'a malheureusement pas été possible de récupérer tous les fragments d'origine - Source : Giovanni Dall'Orto (it), « Tomba di Azzone Visconti », (consulté le ).
Voir aussi
modifierArticles connexes
modifierLiens externes
modifier- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
- Storiadimilano : biographie d'Azzon (Azzone I).
- Euweb.cz : Azzon (Azzone I) dans la généalogie des Visconti.