Baba Taher

poète et mystique soufi persan du XIe siècle

Bābā Tāher (persan : بابا طاهر عریان), surnommé 'Oryān nu, dépouillé »), est un poète et mystique soufi persan du XIe siècle, né et mort à Hamadan, en Iran. Bābā Tāher est célèbre pour ses quatrains lyriques (do-beyti), forme poétique propre à la poésie persane.

Baba Taher
Biographie
Naissance
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Hawraman (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Décès
Sépulture
Baba Taher Mausoleum (en), Baba Taher Mausoleum (Khorramabad) (d) (?)Voir et modifier les données sur Wikidata
Activités

Biographie

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On ne sait quasiment rien de la vie de Bâbâ Tâher, sinon qu'il était un poète et derviche de la région de Hamadân. La période à laquelle il a vécu est l'objet de discussions, et les estimations vont du Xe au XIIIe siècle de l'ère commune. Son mausolée est à Hamadân[1].

En ce qui concerne sa vie, l'événement qui semble le plus plausible parmi ceux qui sont rapportés à son sujet est une rencontre avec le conquérant seldjoukide Toghrul, en compagnie de deux autres personnages saints. Si cette rencontre a réellement eu lieu, ce serait vers 1055-1058 ; et comme Bâbâ Taher est aussi qualifié de saint, cela suppose qu'il avait alors déjà atteint un âge assez avancé, ce qui rendrait plausible une naissance en 1000. En revanche, la date de 1019-1020 pour sa mort est peu vraisemblable[1].

Contrairement aux rubā'īyat, les do-beyti sont composés de deux vers rimés, souvent en dialecte, et porteurs d’une grande intensité émotionnelle. Ses poèmes explorent l’amour, la spiritualité, la nostalgie et l’humilité face à l’univers. Originellement chantés en un dialecte proche du pahlavi, ils ont évolué au fil du temps pour être transcrits en persan et lori.

Il aurait également écrit en arabe un ouvrage intitulé Eshārāt Les indications »), contenant des aphorismes philosophiques et mystiques.

Les poèmes de Bābā Tāher, d’une simplicité trompeuse, recèlent une profondeur spirituelle qui a marqué la littérature persane. Chantés à travers les siècles, ils continuent d’inspirer la poésie soufie contemporaine. Son mausolée à Hamadan reste un lieu de pèlerinage pour ses admirateurs.

Nouveau mausolée. Architecte Mohsen Foroughi, 1967-1970[2],[3].

Exemple de quatrain

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L'ancien mausolée de Baba Taher à Hamadan.
Texte original        Traduction

ز دست دیده و دل هر دو فریاد

که هرچه دیده بینه دل کنه یاد

بسازم خنجری نیشش ز پولاد

زنم بردیده تا دل گرده آزاد

Que de lamentations à cause des yeux et du coeur

Car tout ce que voient les yeux, le cœur s'en souvient

Je fabriquerai une dague à la pointe d'acier

Pour suriner mon œil et libérer mon cœur

Ce quatrain de Bābā Tāher exprime une souffrance intense née du lien entre la perception et l’émotion. Le poète se plaint que tout ce que voient les yeux marque le cœur, créant une douleur inévitable. Dans un geste désespéré, il envisage de se priver de la vue pour libérer son cœur, illustrant ainsi l’idée mystique que la délivrance passe par le détachement du monde sensible. Très célèbre en Iran, il a été adapté plusieurs fois en chanson, notamment par Kourosh Yaghmaei[4].

Notes et références

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  1. 1 2 Elwell-Sutton 2015
  2. (en) Mina Marefat, « FORŪGĪ, MOḤSEN i. Biography », sur iranicaonline.org, Encyclopaedia Iranica, (consulté le )
  3. (en) « Mausoleum of Baba Taher », sur itto.org sur web.archive.org
  4. (fa) Kourosh Yaghmaei, « Leila » [audio], sur Youtube, (consulté le )

Voir aussi

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Bibliographie

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Traductions

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  • 33 quatrains (trad. Parviz Abolgassemi, avec translitération en caractères latins du texte persan), Fuveau, RAC (Rencontres et animations culturelles), , 29 p. (BNF 35551564)
  • Quatre vingt dix neuf leçons d'amour de Baba Taher, le dépouillé (trad. Neïy Khan), Coursegoules, La Reyne de Coupe, , 119 p. (ISBN 978-2-911-86900-6)
  • (fr + fa) Clément Huart, « Les quatrains de Baba Tahir ‘Uryan en pehlevi musulman », Journal asiatique, vol. 8, no 6, , p. 502–45 (lire en ligne)
    Texte persan et traduction de 59 quatrains
  • Clément Huart, « Nouveaux quatrains de Baba Tahir ‘Uryan  », dans J. J. Modi (Ed.), Spiegel Memorial Volume. Papers on Iranian Subjects in Honour of the Late Dr. Frederic Spiegel, Bombay, British India Press, , 307 p., p. 290–302
  • (en + fa) Edward Heron-Allen (with the original dialectal text, [and] the Persian equivalent and notes), Lament of Bábá Ṭáhir. Being the Rubâyât of Bâbâ Tâhir Hamadânî ('Uryân), London, Bernard Quaritch, , XXII-86 p. (lire en ligne)

Études

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Liens externes

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