Bactérie multirésistante

bactéries sensibles à un nombre restreint d’antibiotiques

Les bactéries sont dites multirésistantes (BMR) aux antibiotiques lorsque du fait de l’accumulation de résistances acquises à plusieurs familles d’antibiotiques, elles ne sont plus sensibles qu’à un petit nombre d’antibiotiques utilisables en thérapeutique (résistance à plus de 3 familles différentes).

Ces bactéries font partie des organismes dotés de multirésistance aux médicaments (en), appelée aussi résistance polymédicamenteuse.

La multirésistance est ainsi une étape vers l’impasse thérapeutique. Les chercheurs et médecins ont d'ailleurs introduit le concept de « superbug » (super-germe), redoutant l'apparition, possible partout, à tout instant, d'un micro-organisme dévastateur résistant à tous les médicaments connus à ce jour, et la recrudescence d'épidémies[1].

Bactéries concernées modifier

Elle concerne les bactéries des infections communautaires (ex : pneumocoque, bacilles de la tuberculose) et les bactéries des Infections Nosocomiales (IN)[2].

Les BMR les plus souvent détectées en microbiologie sont par ordre de fréquence :

Une étude[3] publiée par le Journal of Antimicrobial Chemotherapy et menée par une équipe dirigée par des scientifiques de l'Université Murdoch de Perth a montré qu'environ 20 % des mouettes argentées australiennes seraient infectées par des bactéries ultrarésistantes comme le E-coli, qui peuvent provoquer des infections urinaires, des méningites ou des septicémies[4].

Prise en charge modifier

Le malade est généralement isolé. Un sigle distinctif est apposé sur le dossier médical, infirmier et sur la porte de la chambre. L'identification du germe, sa date d'apparition et le site sont apposés sur la porte de la chambre et sur la feuille de surveillance.

Le lavage des mains effectué à l'entrée et à la sortie de la chambre, avant et après chaque soin, est antiseptique. On pense généralement que ce lavage antiseptique des mains peut être réalisé par des solutés hydroalcooliques. En réalité, des gants doivent être portés pour tout contact avec le patient ou avec le matériel contaminé (drap, lit, etc.). La consigne est : « Un patient = une paire de gants ; un geste = une paire de gants ». Le port du tablier est obligatoire dès l'entrée dans la chambre et sera jeté avant la sortie.

Le nettoyage des surfaces et de l'environnement se fait au moins une fois par équipe à l'aide de lingettes et de spray désinfectants. Les chambres infectées sont les dernières à être nettoyées quotidiennement. Le matériel entré dans la chambre n'en sort qu'après une décontamination. Les soins nécessitant du matériel réutilisable comme le fibroscope doivent être programmés en dernier, et suivis d'une décontamination (glutaraldéhyde).

Traitement modifier

Ces bactéries exposent au risque d’impasse thérapeutique, imposent une antibiothérapie probabiliste à large spectre responsable de nouvelles sélections bactériennes.

Lorsque cela est possible, un traitement par bactériophagie dans le cadre réglementaire d'une ATUn ou d'une préparation magistrale peut être envisagé en France. Certains patients tentent de s'en procurer à l'étranger, mais les associations de malades ont pointé un risque élevé de désinformation[5].

Surveillance modifier

En France modifier

Dans ce pays existe un Comité technique national des infections nosocomiales qui suit également les accidents avec exposition au sang (AES), comme l'une de ses priorités depuis 1998[6].

Notes et références modifier

  1. Éric Postaire, Les épidémies du XXIe siècle, L'Age d'homme, (lire en ligne), p. 64.
  2. source : rapport RAISIN, janvier 2006
  3. (en) « Resistance to critically important antimicrobials in Australian silver gulls (Chroicocephalus novaehollandiae) and evidence of anthropogenic origins », Journal of Antimicrobial Chemotherapy, (consulté le )
  4. « Les mouettes australiennes sont porteuses de "superbactéries" humaines », sur www.lefigaro.fr, (consulté le ).
  5. « Évènement - Comité Phagothérapie - Retour d'expérience et perspectives - ANSM », sur ansm.sante.fr, (consulté le )
  6. Rapport commun GERES, InVS, RAISIN, Surveillance des accidents avec exposition au sang dans les établissements de santé français en 2008, Résultats.

Voir aussi modifier

Articles connexes modifier

Liens externes modifier

Bibliographie modifier