Bagatelle (Toulouse)
Bagatelle est un quartier populaire de Toulouse, situé à l'ouest de la ville dans le secteur 2 de Toulouse. Il est intégré au sein du quartier prioritaire « Grand Mirail ».
| Bagatelle (oc) Bagatèla | |
La rue du Lot en 2012. | |
| Administration | |
|---|---|
| Pays | |
| Région | Occitanie |
| Département | Haute-Garonne |
| Métropole | Toulouse Métropole |
| Commune | Toulouse |
| Secteur | 2 - Rive gauche |
| Code postal | 31100 |
| Démographie | |
| Population | 5 582 hab. (2018) |
| Densité | 11 629 hab./km2 |
| Revenu moyen | 8 668 € (2018) |
| Géographie | |
| Coordonnées | 43° 34′ 57″ nord, 1° 24′ 40″ est |
| Superficie | 48 ha = 0,48 km2 |
| Transport | |
| Métro | Bagatelle Mermoz |
| Bus | |
| Localisation | |
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Terre agricole jusqu’au milieu du XXe siècle, le site voit s’élever en 1952 une cité auto-construite par des salariés de l’aéronautique, puis, à partir de 1961 et dans le cadre d’une zone à urbaniser en priorité, un grand ensemble. Le quartier conserve de cette période la Tour du Parc, plus haut immeuble de Toulouse. Il abrite depuis 1973 une maison de quartier entièrement gérée par des bénévoles habitant le quartier.
Histoire
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Bagatelle, au XIXe siècle, était le nom d'un domaine et d'un château[1].. Le château est aujourd'hui démoli, une partie du parc subsiste entre la maison de quartier et l'unité territoriale d'action médico-sociale, et l'allée bordée d’arbres menant au château est devenue l'impasse du Bachaga-Boualam.
Les voies du quartier portent la mémoire de son peuplement. Le bachaga Saïd Boualam (1906-1981), né à Souk Ahras, donne son nom à une rue et à une impasse ; Henri Desbals, conseiller municipal en 1935, résistant arrêté pendant la Seconde Guerre mondiale et mort en camp de concentration le 4 mars 1944, à l’artère principale et au centre culturel[2].
L’origine de la cité remonte à novembre 1951, lorsque quatre personnes travaillant à la Société nationale de constructions aéronautiques du Sud-Est décident de construire eux-mêmes leur logement. Ils se constituent en association d’auto-construction sous le nom de « Notre Logis », avec pour devise « Un pour tous, tous pour un ». Le site retenu se trouve au bout de la rue Vestrepain, au terminus de la ligne d’autobus n° 5, sur le chemin de Bagatelle. La cité, forte d’une centaine d’unités d’habitation, subsiste aujourd’hui à Bagatelle. Bagatelle est classée ZUP en 1961. Les tours et les barres de Bagatelle sont construites en urgence au début des années 1960 devenant un quartier d'habitat social avec plus de 2500 logements. Face à l'absence de services publics, des jeunes de Bagatelle obtiennent de la municipalité la création d’une maison des jeunes et de la culture. Selon l’un des fondateurs, Gilbert Lacombe, il s’agissait avant tout de loisirs, de culture et de vie associative, dans un contexte d’absence totale d’équipement où les enfants jouaient dans la rue[3].
En 1968, la MJC participe activement aux grèves avec des aides matérielles, pour l’essentiel des provisions apportées par des agriculteurs soutenant le mouvement, sont distribuées aux familles des salariés grévistes du quartier. L’équipement se convertit progressivement en lieu de débats puis de réflexion politique. En 1969, associations et habitants se mobilisent contre la fermeture annoncée par la municipalité. Ils décident de transformer la MJC en maison de quartier autonome, entièrement gérée par les habitants[3].
Au début des années 1980, les militants de la maison de quartier participent à de nombreux mouvements en faveur des migrants. L’équipe soutient la grève de la faim engagée par le prêtre lyonnais Christian Delorme contre la circulaire du préfet Bonnet, abrogée par la suite, puis s’implique en 1983 dans la Marche pour l’Égalité. En réaction aux attitudes racistes, elle organise de nombreux débats rassemblant partis politiques, syndicats, associations d’habitants et d’immigrés. En 1983, les habitants participent à la marche pour l'égalité et contre le racisme et Convergence 1984[4].
Bagatelle est un quartier de la politique de la ville. En 1989, l’évaluation de cette action souligne que l’intervention sur le bâti et les équipements n’a pas véritablement amélioré la vie quotidienne des résidents : le diagnostic met au jour des déséquilibres dans le peuplement des appartements et une concentration de familles d’origine maghrébine et un taux de chômage bien supérieur à la moyenne nationale[5].
En 1990, la ville de Toulouse inscrit Bagatelle dans le dispositif « Convention de quartier » avec pour objectif de soutenir les capacités d’initiative, de mobilisation, de partenariat et de solidarité présentes chez les habitants, l’écoute de ceux-ci étant posée comme axe prioritaire. Site pilote, le quartier est concerné par le Développement social de quartier et le Développement social urbain », dont l'équipe s’installe rue du Lot.

En 1993, le quartier est connecté au centre-ville en moins de dix minutes par sa station de métro Bagatelle. En 1996, les offices locaux de HLM mettent en un vaste plan de rénovation de la cité. Les premières démolitions ont lieu en 1995, puis le rythme s’accélère au début des années 2000, notamment rue du Lot, rue Gard-Vestrepain, rue de la Martinique et rue du Cher. Plus de 750 logements ont été démolis dans le cadre des opérations de rénovation urbaine.
Le 21 septembre 2001, le quartier de Bagatelle est durement touché par l'explosion de l'usine AZF. La maison de quartier constitue un pôle important dans l’organisation du secours aux sinistrés. Elle prête ses locaux à l’association des sinistrés du 21 septembre, à l’association « plus jamais ça ni ici, ni ailleurs », à des travailleurs médico-sociaux des secteurs sinistrés, à l’association des « Psys dans le quartier » et à la Croix-Rouge française. En 2003, elle accueille encore l’assemblée générale de l’association des Sinistrés du 21 et organise, le 8 octobre, la projection du documentaire AZF, témoignages de lycéens suivie d’un débat.
En 2004, le centre culturel Henri-Desbals est inauguré (actuel no 128) : au pied des quartiers de La Faourette et de Bagatelle, il abrite une salle de spectacles, une galerie d’exposition, une ludothèque mais aussi la mairie de quartier. En 2025,le quartier Bagatelle un nouvel équipement avec une ludothèque, un accueil de loisirs et une salle polyvalente.
Vie culturelle et associative
modifierLa Maison de quartier de Bagatelle est gérée bénévolement par des habitants du quartier depuis 1973. Revendiquant une indépendance politique et financière, la Maison de quartier organise des débats et activités militantes, sociales et culturelles, en lien avec les associations et les habitants qui en sont membres[6],[7].
Bagatelle a par ailleurs été chroniqué à trois reprises entre 1992 et 1996 par le journaliste Lakhdar Belaïd, futur auteur de romans policiers publiés à la Série noire[4].
Voies de communications et transports
modifierTransports en commun
modifierAxes routiers
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Le quartier est traversé par une artère principale, la rue Henri-Desbals.
Il est accessible par :
- L'autoroute A620 (rocade ouest) : Accès no 26 (La Faourette) et no 27 (La Cépière)
Notes et références
modifier- ↑ Ernest Nègre, Toponymie générale de la France, Genève, Librairie Droz, , p. 1735.
- ↑ « L’histoire du quartier Bagatelle (Toulouse) - ICI », sur ici.fr (consulté le )
- 1 2 Ingrid Voléry, « La Maison de quartier de Bagatelle à Toulouse: un espace d'expérimentation pour l'action publique toulousaine », Horizons Maghrébins - Le droit à la mémoire, vol. 50, no 1, , p. 183–192 (DOI 10.3406/horma.2004.2216, lire en ligne, consulté le )
- 1 2 Lakhdar Belaïd, « Bagatelle, une cité toulousaine au quotidien », Hommes & Migrations, vol. 1195, no 1, , p. 6–14 (DOI 10.3406/homig.1996.2606, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Agence d’urbanisme et d’aménagement Toulouse aire métropolitaine, « , Habitat et vie sociale », Bagatelle,
- ↑ Présentation de la Maison de quartier de Bagatelle
- ↑ Dominique Dath, « Bagatelle. Une histoire semée d'embûches : La maison de quartier a bientôt 35 ans. », La Dépêche du Midi, (lire en ligne)
- ↑ Sandrine Mörch, Dominique Tripier et E. Ducau, « Le VAL à Toulouse », France 2 - 20 Heures, (lire en ligne)