Bakhyt Kenjeïev

poète russe

Bakhyt Kenjeïev (en russe : Бахыт Шукуруллаевич Кенжеев), né le à Chymkent (URSS, aujourd’hui Kazakhstan), décédé le à New York, est un poète et écrivain de langue russe, considéré comme l’une des voix majeures de la poésie russe post‑soviétique et de la diaspora russophone[1],[2].

Bakhyt Kenjeïev
En .
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 73 ans)
New YorkVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nationalités
Formation
Faculté de chimie de l'université d'État de Moscou (en)
Луч (литературная студия) (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Activité
Autres informations
Membre de
"Moscow time" (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Maître
Igorʹ Leonidovič Volgin (en)Voir et modifier les données sur Wikidata

Biographie

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Né dans une famille kazakho-russe, Bakhyt Kenjeïev déménage à Moscou avec sa famille vers l'âge de trois ans. C'est dans cette ville qu'il passe son enfance et sa jeunesse[3]. Il y étudie la chimie à l'Université d'État de Moscou avant de se consacrer entièrement à la poésie. Il participe activement au milieu poétique moscovite dès les années 1970[1]. Au début de cette décennie, Kenjeïev est l'un des poètes associés au groupe poétique informel Temps de Moscou (Moskovskoïe vremia, Московское время). Ce collectif d'auteurs était réuni par un attachement à la clarté formelle et à une langue poétique précise, souvent en rupture avec le lyrisme officiel de l'époque[3].

En 1982, confronté à la censure et aux difficultés de publication en URSS, Kenjeïev quitte l'Union soviétique pour s'installer au Canada. Son premier recueil majeur publié sous forme de livre paraît chez Ardis Publishing en 1984[4]. Après cette période d'émigration, il partage sa vie entre Montréal, New York et Moscou. Il participe à des festivals internationaux de poésie et publie régulièrement de nouveaux recueils, tant en Russie qu'à l'étranger[2].

Kenzheev poursuit son activité littéraire jusque dans les années 2010 et 2020. Il est décédé à New York le , à l'âge de 73 ans. La cause de son décès n'a pas été précisée publiquement[2].

  • Избранная лирика. 1970—1981 (Lyrica choisie. 1970–1981) — Ardis, Ann Arbor, 1984 — ISBN 0‑88233‑920‑6
  • Осень в Америке (Automne en Amérique) — recueil, années 1980 (édition Ardis)
  • Плато (Plateau) — roman, 1992
  • Золото гоблинов (L'or des gobelins) — roman, 2000 — ISBN 5‑86712‑101‑1
  • Крепостной остывающих мест (Le serf des lieux qui refroidissent) — recueil, 2009 — ISBN 978‑5‑9691‑0671‑0 (édition «Время», série «Русская премия»)
  • Собрание сочинений. Стихотворения (Œuvres complètes — Poèmes) — Kiev (Sammit‑Knyha), 2018 — ISBN 978‑617‑7672‑26‑4
  • Amo ergo sum. Стихотворения 1972—2018 (Amo ergo sum. Poèmes 1972—2018) — édition «А и В», Moscou, 2019 — ISBN 978‑5990626‑31‑7

Traductions et publications en langues étrangères

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Plusieurs poèmes de Kenjeïev ont été traduits en français, anglais, kazakh, allemand, suédois et autres langues; il figurait également dans des anthologies de poésie russe contemporaine et a participé à des festivals internationaux où ses textes furent repris en traduction[1].

Des poèmes de Kenjeïev ont été traduits et publiés en français dans des revues et des anthologies consacrées à la poésie russe contemporaine; on trouve également son nom dans des catalogues universitaires et des sommaires de revues littéraires francophones[5],[6].

Style littéraire et thèmes

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Kenjeïev travaille volontiers la forme classique (mètre, rime) tout en renouvelant la langue par des images intenses et parfois décalées : la mémoire, l’exil, la double appartenance, la parenté avec les paysages urbains et steppiques sont des constantes de son œuvre[3].

Le collectif « Temps de Moscou », dont Kenjeïev était l’un des acteurs, a valorisé la précision métrique et une diction sobre, se situant à contre‑courant des excès lyriques officiels des décennies précédentes et occupant une place reconnue dans la poésie russe dite « post‑acméiste » ou néo‑acméiste.

Réception et distinctions

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Kenzheev a reçu plusieurs prix et distinctions littéraires au cours de sa carrière :

  • Prix du magazine « Oktyabr » (1992)
  • Prix de l'Union de la jeunesse du Kazakhstan (1996)
  • Prix « Antibuker » (2000) pour le recueil de poèmes « Snyashchayasya pod utro » (Le Rêve au petit matin)
  • « Moscou-Transit » (Grand Prix) (2003)
  • « Prix russe » (Russkaya Premia) (2008) pour le recueil de poèmes « Krepostnoy ostyvayushchikh mest » (Serf des lieux qui se refroidissent) [12][13]
  • Prix du magazine « Novy Mir »
  • Prix « Anthologie » (2006)

La critique littéraire souligne son rôle de passeur entre la tradition métrique russe et les préoccupations contemporaines de la diaspora, ainsi que l’importance de sa voix dans les réseaux de revues russes et de la littérature d’émigration[3].

Notes et références

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  1. 1 2 3 « Bakhyt Kenzjeev — Poetry International », sur PoetryInternational.com
  2. 1 2 3 « Prominent Kazakh‑Russian Poet Bakhyt Kenzheev Dies In New York — RFE/RL », sur RFERL.org
  3. 1 2 3 4 « Умер поэт Бахыт Кенжеев », sur Meduza.io
  4. « Избранная лирика 1970—1981 — Ardis (PDF) », sur Vtoraya‑Literatura.com
  5. « Sommaires de revues — Sokolo (exemples de traductions en français) », Sokolo (consulté le )
  6. « Anthologie — catalogue Sorbonne », Sorbonne Université (consulté le )

Liens externes

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