Banque africaine de développement
La Banque africaine de développement (désignée par l'acronyme BAD), est une institution financière multinationale de développement, établie dans le but de contribuer au développement et au progrès social des États africains.
| Fondation |
|---|
| Type |
Organisation internationale |
|---|---|
| Domaine d'activité | |
| Siège | |
| Pays | |
| Langue |
| Membres | |
|---|---|
| Effectif |
2 000 |
| Président |
Sidi Ould Tah (depuis ) |
| Site web |
La BAD, dont le siège est à Abidjan (Côte d'Ivoire), a été fondée en 1964. Le groupe comprend trois entités : la Banque africaine de développement, le Fonds africain de développement, créé en 1972, et le Fonds spécial du Nigéria (Nigeria Trust Fund), créé en 1976.
La mission de la Banque est de combattre la pauvreté et d'améliorer les conditions de vie sur le continent, via la promotion des investissements à capitaux publics et privés dans des projets et des programmes aptes à contribuer au développement économique et social dans la région. La BAD est un fournisseur financier pour bon nombre de pays africains et d'entreprises privés investissant au sein des pays membres de la région.
Histoire
modifierMise en place
modifierL'idée de la Banque est conçue en 1963 par l'Organisation de l'unité africaine. L'accord fondateur est élaboré par le secrétariat de la Commission économique pour l'Afrique des Nations unies conjointement avec un comité d'experts composé de neuf membres issus des États membres. Bien que les Nations unies aient participé à son élaboration, la banque n'y est pas formellement associée[3].
La BAD commence ses opérations en 1966 et établit son siège social à Abidjan, en Côte d'Ivoire. Son objectif initial était de promouvoir l'autonomie africaine par l'octroi de prêts non concessionnels. À l'origine, les opérations de la banque sont restreintes par la faible capacité des membres africains à honorer leurs souscriptions financières. Pour y remédier, le statut de membre a été ouvert aux pays non africains en 1983. Cette ouverture a permis d'augmenter la capacité d'emprunt de la BAD de 200 %, malgré les craintes d'aligner l'institution sur l'idéologie de développement du libre-marché appliquée par la Banque mondiale ou le FMI[3].
Entre 1985 et 1992, la part du groupe de la BAD dans le total des déboursements vers l'Afrique (principalement sous forme de prêts non concessionnels) augmente de manière substantielle, passant de 2,7 % à 8,1 %. Cependant, avec l'enracinement de la crise de la dette africaine, les arriérés augmentent, la demande de prêts non concessionnels chute, les fonds diminuent et les revenus s'effondrent. En 1997, le capital autorisé de la banque s'élève à environ 23,3 milliards de dollars[3].
Programme de réforme interne
modifierAu début du mois de mai 1994, un rapport de consultation rédigé par David Knox dresse une critique sévère de la gestion de la banque. Il met en évidence plusieurs dysfonctionnements : un manque de responsabilité, des querelles au sein du conseil d'administration, des accusations de fraude et de corruption, une bureaucratie trop lourde. Cette bureaucratie s'est traduite par une concentration des financements : environ la moitié des 28 milliards de dollars de prêts accordés l'a été au profit de seulement sept pays (Égypte, Nigeria, Maroc, Zaïre/Congo, Tunisie, Algérie et Côte d'Ivoire), alors que la banque compte 46 autres membres emprunteurs. De plus, la banque a prêté à des taux commerciaux à des pays ravagés par des conflits ou trop pauvres pour rembourser. Ce rapport estime que 40 % des projets de la banque se sont soldés par un échec[3].
En août 1995, l'agence de notation Standard & Poor's dégrade la note de la dette à long terme de la BAD. Cette décision renchérit le coût des emprunts de la banque sur les marchés internationaux, fragilisant une situation financière déjà précaire et menaçant la survie même de l'institution. À partir de 1995, sous la présidence d'Omar Kabbaj, la BAD engage un programme complet de réformes institutionnelles visant à garantir l'efficacité de ses opérations, restaurer la confiance des actionnaires et maintenir le soutien des partenaires au développement[3].
Relocalisation temporaire du siège de la BAD en Tunisie de 2003 à 2014
modifierRetour du siège de la BAD en Côte d'Ivoire en septembre 2014
modifierÀ la suite de l'élection présidentielle de 2010 en Côte d'Ivoire, malheureusement et malgré la crise post-électorale qui s'est ensuivie, la BAD et la Côte d'Ivoire ont consenti que des travaux soient effectués à Abidjan pour le retour du siège de la Banque en 2014. Ces travaux ont consisté, entre autres, à la restauration et au rééquipement des bureaux, à la construction ou la mise à disposition de logements et d'établissements scolaires pour les familles des fonctionnaires internationaux. Le personnel de la banque est estimé à 2 000 personnes en [6].
Ressources
modifierEn , son capital était de plus de 200 milliards de $[7].
Depuis sa fondation, elle a financé 2 885 opérations, pour un total de 47.5 milliards de $[7].
Elle a obtenu la note AAA par l'agence de notation S&P Global en [8].
Bureaux régionaux
modifierPersonnalités
modifierListe des présidents
modifierListe des présidents successifs[9] :
| Début | Fin | Identité | Pays |
|---|---|---|---|
| septembre 2025 | - | Sidi Ould Tah[10] | |
| septembre 2015 | août 2025 | Akinwumi Adesina[11] | |
| septembre 2005 | août 2015 | Donald Kaberuka [12] | |
| août 1995 | août 2005 | Omar Kabbaj | |
| mai 1985 | août 1995 | Babacar Ndiaye | |
| juin 1980 | mai 1985 | Wila Mung'omba (de) | |
| mai 1976 | juillet 1979 | Kwame Donkoh Fordwor (de) | |
| août 1970 | 1976 | Abdelwahab Labidi (de) | |
| novembre 1967 | août 1970 | Mamoun Beheiry (en) |
Autres personnalités
modifier- Peace Ayisi Otchere, première femme directrice.
- Elizabeth Mary Okelo
Liste des pays membres
modifierListe des 20 plus grands pays par pouvoir de vote
modifierLe tableau suivant présente les montants pour les 20 plus grands pays par vote à la Banque africaine de développement en [14].
| Rang | Pays | Pouvoir de vote (%) |
|---|---|---|
| 1 | 9,333 | |
| 2 | 6,330 | |
| 3 | 6,092 | |
| 4 | 5,443 | |
| 5 | 5,331 | |
| 6 | 5,056 | |
| 7 | 4,761 | |
| 8 | 4,138 | |
| 9 | 3,853 | |
| 10 | 3,824 | |
| 11 | 3,713 | |
| 12 | 2,401 | |
| 13 | 2,124 | |
| 14 | 2,111 | |
| 15 | 1,868 | |
| 16 | 1,717 | |
| 17 | 1,556 | |
| 18 | 1,524 | |
| 19 | 1,509 | |
| 20 | 1,457 |
Notes et références
modifier- ↑ Pays
- ↑ Pays membres non-régionaux
- 1 2 3 4 5 Kevin Shillington, Encyclopedia of African history, Fitzroy Dearborn, (ISBN 978-1-57958-245-6, 978-1-57958-453-5 et 978-1-57958-454-2), p. 15-17
- ↑ « La BAD prend ses quartiers », sur jeuneafrique.com, (consulté le )
- ↑ « Lundi 1 septembre 2003 : Délocalisation de la BAD d'Abidjan à Tunis - Abidjan.net Chronologie », sur news.abidjan.net (consulté le )
- ↑ « La BAD en bref : les effectifs », sur AFDB (consulté le ), p. 23
- 1 2 (en) « African Development Bank announces record capital increase to $208 billion », Daily Monitor, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ BANQUE AFRICAINE DE DEVELOPPEMENT, « S&P Global confirme la note AAA de la Banque africaine de développement avec une perspective stable », sur Agence Ecofin (consulté le )
- ↑ « Anciens présidents », sur AFDB (consulté le )
- ↑ « Le Mauritanien Sidi Ould Tah élu président de la Banque africaine de développement », Le Monde (consulté le )
- ↑ « Élection du président de la BAD », Jeune Afrique économie (consulté le )
- ↑ Alain Aka, « BAD - Tunisie : Donald Kaberuka fait ses adieux, fier de son bilan », sur Le Point, (consulté le )
- ↑ « À propos de la BAD », sur afdb.org (consulté le )
- ↑ https://www.afdb.org/en/documents/afdb-statement-voting-powers-30-april-2025 AfDB - Statement of Voting Powers as at 30 April 2025
- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « African Development Bank » (voir la liste des auteurs).
Voir aussi
modifierArticles connexes
modifierLiens externes
modifier- (en + fr + pt) Site officiel
- Ressource relative à la recherche :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :