Barrage d'El Kansera

barrage au maroc

Le barrage El Kansera, aussi orthographié El Kansara, est un barrage marocain construit sur l'oued Beht, un affluent du Sebou. Situé dans la province de Sidi Slimane, il est mis en service en 1935, puis surélevé en 1968.

Barrage El Kansera
Vue du barrage El Kansera.
Géographie
Pays
Région
Province
Coordonnées
Objectifs et impacts
Vocation
Irrigation, alimentation en eau potable et industrielle, hydroélectricité et contrôle des crues
Barrage
Type
Barrage en béton de conception mixte, poids et contreforts
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Plus ancien barrage d'accumulation du Maroc, il est destiné à l'irrigation, à l'alimentation en eau potable et industrielle, à la production d'énergie hydroélectrique et à la protection contre les crues.

Situation

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Le barrage est situé à environ 20 km au sud de Sidi Slimane, en amont de Dar Bel Amri. Il retient les eaux de l'oued Beht, dernier affluent important du Sebou avant l'embouchure de celui-ci dans l'océan Atlantique[1].

Le bassin versant contrôlé par l'ouvrage couvre environ 4 500 km2. Il est soumis à un climat océanique tempéré et reçoit en moyenne 620 mm de précipitations par an[1].

Le barrage occupe une gorge étroite creusée par l'oued Beht dans des formations calcaires et marno-calcaires. Avant la construction de l'ouvrage, les crues hivernales contribuaient à la formation de vastes zones marécageuses dans la plaine du Gharb[2].

Histoire

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Conception et contexte colonial

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Les premiers projets d'aménagement du Beht rencontrent l'opposition d'une partie des administrations coloniales chargées de l'agriculture et des travaux publics. Ils sont toutefois soutenus par plusieurs représentants des colons européens, parmi lesquels Gaston Lebault[3].

La nomination de Théodore Steeg comme résident général de France au Maroc en 1925 accélère la réalisation du programme hydraulique. Son intérêt pour les aménagements hydrauliques lui vaut alors le surnom de « gouverneur des eaux »[3].

En 1928, l'administration coloniale crée un périmètre agricole entre Petitjean, devenue Sidi Kacem, et Sidi Slimane. Des terres appartenant aux Cherardas sont intégrées à cette zone de colonisation, tandis qu'une partie de la population est déplacée vers des terres moins productives. L'aménagement est conçu pour recevoir les eaux d'irrigation provenant du futur barrage[2].

Construction

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Les travaux commencent en 1927 et s'achèvent en 1935. Les principales opérations de génie civil sont réalisées entre 1931 et 1934[1],[4].

Le chantier est confié à la Société générale d'entreprises, devenue par la suite le groupe Vinci. François de Pierrefeu participe à la maîtrise d'œuvre du projet[4],[5].

En 1927, des travaux d'injection destinés à étanchéifier les fondations sont réalisés au moyen de forages au diamant, technique alors innovante pour la construction des barrages[6].

La structure est fondée sur des terrains marno-calcaires, dont la nature complique fortement les travaux de fondation et d'étanchéité[1].

Centrale hydroélectrique

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Une centrale hydroélectrique est aménagée au pied du barrage. Le bâtiment, achevé en 1934, est conçu par l'architecte Henri Prost[7].

L'aménagement doit initialement permettre l'irrigation d'environ 25 000 ha dans la région de Sidi Slimane, le contrôle des crues du Beht et la production d'électricité[1]. D'autres sources contemporaines indiquent une superficie potentiellement irrigable proche de 30 000 ha et une production électrique annuelle estimée à environ 13 millions de kWh[4].

Caractéristiques

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Dans sa configuration actuelle, El Kansera est un ouvrage en béton de conception mixte composé de sections fonctionnant comme un barrage-poids et de parties à contreforts. Il atteint une hauteur de 68 m sur fondation et une longueur de crête de 170 m. Son volume est d'environ 192 000 m3[1].

La retenue normale se situe à la cote 122,5 m et sa capacité maximale après surélévation atteint environ 297 millions de m3[1].

L'ouvrage comprend un déversoir, une prise d'eau, une vidange de fond, une galerie d'amenée vers la centrale hydroélectrique et des galeries permettant l'accès aux organes internes du barrage[1].

Irrigation et mise en valeur agricole

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La mise en service du barrage n'est pas immédiatement accompagnée de l'achèvement du réseau de distribution des eaux d'irrigation. La Seconde Guerre mondiale ralentit encore la réalisation des infrastructures agricoles situées en aval[2].

En 1953, environ 10 000 ha sont effectivement irrigués, alors que le réseau de distribution demeure incomplet. L'envasement de la retenue réduit par ailleurs progressivement sa capacité de stockage[8].

Les terres irriguées sont alors en grande partie exploitées par les colons européens. En 1969, la superficie bénéficiant de l'irrigation atteint environ 28 000 ha[3].

Surélévation de 1968

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Le barrage est surélevé de 6 m en 1968 afin de compenser la perte de capacité provoquée par l'envasement. Cette modification fait passer la capacité de la retenue de 227 millions de m3 à 297 millions de m3[9].

Les travaux permettent d'améliorer le laminage des crues, d'accroître la superficie irrigable d'environ 3 700 ha et de porter la production hydroélectrique annuelle à environ 33 millions de kWh[1].

La proximité des fondations et les difficultés de liaison entre le béton ancien et le nouveau empêchent un simple élargissement de l'ouvrage. La solution retenue consiste à précontraindre l'ensemble du barrage à l'aide de 77 tirants formés de câbles d'acier, chacun soumis à une tension d'environ 240 tonnes[9].

En , peu après l'achèvement des travaux, le barrage résiste simultanément à une crue importante et à un séisme[1].

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 « Barrage El Kansera » [PDF], sur Agence du bassin hydraulique du Sebou (consulté le )
  2. 1 2 3 (en) John Davis, Libyan Politics: Tribe and Revolution, Londres, I.B. Tauris, (ISBN 978-1-85043-043-8, lire en ligne), p. 52, 81-83 et 131
  3. 1 2 3 Jean-Jacques Pérennès, L'Eau et les hommes au Maghreb : contribution à une politique de l'eau en Méditerranée, Paris, Karthala, (ISBN 978-2-86537-357-4, lire en ligne), p. 145 et 297
  4. 1 2 3 Agnès D'Angio, Schneider & Cie et les travaux publics : 1895-1949, Paris, Librairie Droz, (ISBN 978-2-900791-13-4, lire en ligne), p. 232 et 293
  5. ↑ Marie-France James, Ésotérisme et christianisme autour de René Guénon : explorations bio-bibliographiques, Fernand Lanore, (ISBN 978-2-85157-376-6, lire en ligne), p. 210
  6. ↑ « Soletanche Bachy et les barrages, une histoire commune de près de cent ans », sur Soletanche Bachy, (consulté le )
  7. ↑ « Usine hydroélectrique, El Kansera (Maroc) » [archive du ], sur ArchiWebture, Cité de l'architecture et du patrimoine (consulté le )
  8. ↑ (en) René Dumont, Types of Rural Economy: Studies in World Agriculture, Taylor & Francis, (lire en ligne), p. 200
  9. 1 2 « El Kansera » [archive du ], sur Département de l'Eau du Maroc (consulté le )

Voir aussi

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Articles connexes

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Liens externes

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